Critique de film

Downrange

"Downrange"
affiche du film
  • Genre : Thriller
  • Année de production : 2017
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Pays d'origine : USA
  • Durée : 1h30
  • Musique : Aldo Shllaku
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  • Bande annonce
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  • Récompenses :

Six étudiants font du covoiturage, jusqu'à ce que leur véhicule se retrouve avec un pneu crevé dans un coin reculé et désertique des Etats-Unis. Sauf que ce pneu crevé n'est pas un accident, quelqu'un leur a tiré dessus et va les assassiner un par un.

Les critiques à propos de ce film

Critique de Downrange - Chasse à l’homme
Par : Damien Taymans


Retour aux fondamentaux pour Ryûhei Kitamura avec cette œuvre simpliste destinée à l’étalage de gore après le prenant The Midnight Meat Train (passons sous silence l’oubliable No One Lives). L’intrigue tient sur un bout de nappe en papier : six personnes partagent un van en co-voiturage lorsque l’un des pneus est crevé ; ce qu’ils ignorent, c’est que la crevaison n’a rien d’accidentelle et qu’ils sont tous la cible d’un sniper planqué dans un arbre. Cette mise en place est expédiée en quelques petites minutes, suffisantes pour mettre en exergue la futilité du gibier hyper-connecté (smartphone greffé à la main, ils sont incapables de réfléchir sitôt qu’il n’y a plus de réseau). C’est que l’intérêt de Kitamura se situe ailleurs : dans le dézingage de ces proies de premier choix avec des baquets de raisiné et des effets gore parfois très contestables (on oscille constamment entre le numérique et le prosthétique, ce qui amène un mélange pas très harmonieux).

Optant pour un traitement en temps quasi réel, Kitamura installe une tension permanente grâce à l’appui de son sniper embusqué qui déleste ponctuellement quelques rafales de balles pour rappeler le danger guettant chacun des mouvements des personnages. En phase avec l’actualité de l’Amérique moderne, le récit ne capitalise que sur cette chasse à ciel ouvert, à l’image d’El Rey de la Montaña de Gonzalo Lopez-Gallego (Apollo 18). En optant pour un ennemi invisible capable de frapper à tout moment, Kitamura transforme cette immense étendue en un paradoxal huis-clos, ce que retranscrit parfaitement la caméra du Japonais en multipliant les panoramiques en alternance avec des plans plus resserrés sur le gibier.

Pourtant, en optant pour une épuration totale, Kitamura néglige ce qui fait le sel de ce genre d’entreprise : les émotions. Retranscrites de manière pataude par des personnages ultra-stéréotypés à la limite du supportable, elles sont purement et simplement mises au ban au profit d’un festival d’effets gore outranciers. C’est que Downrange n’est finalement que ça, un festin de viandard particulièrement bien achalandé avec ses boîtes crâniennes explosées, ses membres arrachés, ses corps écrabouillés. Et pour clôturer ce banquet, en guise de viscère sur le gâteau, une dernière scène savoureuse qui pousserait presque à imaginer que Kitamura a choisi dès le départ la carte du deuxième degré.


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