Critique de film

Ghost Master

"Gôsuto masutâ"
affiche du film
  • Genre : Horreur, Comédie
  • Année de production : 2019
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Pays d'origine : Japon
  • Durée : 1h31
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  • Bande annonce
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  • Récompenses :

Un producteur promet à l'assistant Kurosawa qu'il pourra réaliser son propre scénario, « Ghost Master », un film d’horreur bourré d’hommages à Tobe Hooper. Se nourrissant de la rage du réalisateur qui a découvert qu'on s'est moqué de lui, le scénario mute et se met à transformer les acteurs...

Les critiques à propos de ce film

Critique de Ghost Master - Mutant Girls Squad
Par : Damien Taymans


Présenté en avant-première mondiale, Ghost Master est une inénarrable péloche japonaise dans la pure lignée des compositions de Yoshihiro Nishimura (Tokyo Gore Police) et de ses acolytes anonymes de chez Sushi Typhoon. L’œillade vers le trublion nippon des effets prosthétiques n’est pas inutile : la véritable star de Ghost Master est incontestablement le concepteur des effets spéciaux Tomo Hyakutake à la filmo dantesque (Big Man Japan de Matsumoto, les Ju-On ou encore Casshern). Riche en épanchements gore, le film pousse son spécialiste sur le devant de la scène en lui offrant une dizaine d’effets sanglants à créer à partir de prothèses et de maquillages déstructurant et déformant les corps dans un feu d’artifice de membres arrachés et de têtes explosées.

Mais il ne s’agit pas là du seul intérêt présenté par le long métrage de Paul Young : Ghost Master est un cri d’amour à l’égard du genre horrifique qui, à l’instar du succulent One Cut of the Dead présenté plus tôt durant le festival, prend comme point de départ un tournage de film pour déclarer sa flamme à l’épouvante. À nouveau, le récit s’invite dans l’enfer du décor : le producteur uniquement intéressé par le pognon engrangé, le réalisateur sur-investi qui a fait du cinéma un sacerdoce, l’assistant qui poste tout sur les réseaux sociaux, l’actrice de seconde zone dont le père est une ex-légende et, last but not least, l’assistant réa qui fantasme en sourdine de réaliser un jour son propre film pour montrer son savoir-faire au monde entier. Celui-ci, nommé Kurosawa (tiens, tiens !), rêve de faire de son script un tribut à Tobe Hooper, dieu de l’horreur dont il idolâtre Lifeforce et ses vampires aspirant l’énergie vitale des humains.

S’ensuit un joyeux bordel tantôt hilarant (le réalisateur dont les signes cabalistiques sont tirées d’un menu de resto) tantôt poussif (le côté cartoonesque finit par lasser) où l’on rencontre des effets empruntés aux créations de Cronenberg et des allusions à Ash et son Necronomicon, le tout assaisonné de hurlements et de grosses blagues de potaches typiquement nippones. S’il vaut assurément le coup d’œil, Ghost Master est un dessert de fin de soirée qui pourra sur la durée sembler indigeste mais qui a le mérite de se montrer généreux en effets horrifiques un brin désuets mais rafraîchissants.


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