Critique de film

Hugo Cabret

"Hugo"
affiche du film
  • Genre : Aventures, Drame
  • Année de production : 2011
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Martin Scorsese
  • Pays d'origine : USA
  • Durée : 2h08
  • Budget : 170 millions de dollars
  • Scénariste : John Logan, Brian Selznick
  • Musique : Howard Shore
  • [
  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Jude Law, Ray Winstone, Christopher Lee, Sacha Baron Cohen, Chloe Moretz, Ben Kingsley, Helen McCrory, Asa Butterfield
  • Récompenses : --

Dans le Paris des années 30, le jeune Hugo est un orphelin de douze ans qui vit dans une gare. Son passé est un mystère et son destin une énigme. De son père, il ne lui reste qu’un étrange automate dont il cherche la clé - en forme de cœur - qui pourrait le faire fonctionner. En rencontrant Isabelle, il a peut-être trouvé la clé, mais ce n’est que le début de l’aventure…

Les critiques à propos de ce film

Critique de Hugo Cabret - Si Georges m’était conté...
Par : Damien Taymans

Est-il dans le tout Hollywood réalisateur plus passionné par le septième art que Martin Scorsese ? L’enfant de Little Italy n’aura cessé, toute sa carrière durant, de rendre hommage à ces toiles mouvantes qui hantaient jadis ses rêves et n’ont cessé d’alimenter sa folie créatrice. Le géniteur de chefs-d’oeuvre aussi incontestables que Raging Bull, Les Affranchis, La Dernière tentation du Christ ou Shutter island n’aura eu de cesse de témoigner sa gratitude à tous ses pères spirituels. De son musée du cinéma américain exposé dans A Personal Journey with Martin Scorsese Through American Movies à la restauration des vestiges du septième art à laquelle il contribue par l’entremise de sa World Cinema Foundation, Scorsese manifeste son amour immodéré pour les pionniers du cinématographe. Aussi, Hugo Cabret constitue une nouvelle illustration de ce cri d’amour poussé par l’un des cinéastes à posséder le plus de coffre.

"On m’a donné le livre voilà environ quatre ans, et ce fut un choc, une vraie révélation. Je me suis assis et je l’ai lu d’une traite. Je me suis tout de suite reconnu dans l’histoire de ce garçon, sa solitude, son lien avec le cinéma, les rouages de la créativité." Scorsese, ému par cet alter ego romancé par le brillant Brian Selznick, accepte d’emblée de porter à l’écran les aventures rocambolesques de cet orphelin résidant clandestinement dans une gare parisienne et travaillant dans l’ombre à la restauration d’un mystérieux automate censé lui faire parvenir un message de son défunt père. Le prodige d’Hugo Cabret est de proposer plusieurs niveaux de lecture s’adaptant aux aspirations de chacun. Ni totalement exhibition toute cinéphilique ni complètement conte pour enfants, l’œuvre entretient l’osmose de ces deux univers a priori difficilement conciliables. Quant à la 3D, gimmick séduisant les chères têtes blondes, il participe à la magie du récit et renvoie, par extension aux prodiges réalisés en son temps par Georges Méliès, prestidigitateur-cinéaste ou cinéaste-magicien mis sur la touche par le désastre de la Grande Guerre qui bouleverse les mentalités et remplace les divertissements féériques par les actualités dans les salles obscures. Deux univers qu’Hugo Cabret confronte sans cesse, l’auteur abandonnant le naturalisme pour le merveilleux, travestissant ce drame déroutant en un envoûtant conte de Noël.

Hugo Cabret est en cela un parfait héritier du cinéma de Méliès. Scorsese opère avec le même brio que le géniteur du cinéma fantastico-fantasmagorique et propulse dans des odyssées vertigineuses une assistance qui croirait à nouveau atterrir sur le sol lunaire pour de vrai.


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