Critique de film

In Fabric

"In Fabric"
affiche du film
  • Genre : Thriller, Horreur
  • Année de production : 2018
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Pays d'origine : Angleterre
  • Durée : 1h58
  • Musique : Cavern Of Anti-Matter
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  • Bande annonce
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  • Récompenses :

La boutique de prêt-à-porter Dentley & Soper's, son petit personnel versé dans les cérémonies occultes, ses commerciaux aux sourires carnassiers. Sa robe rouge, superbe, et aussi maudite qu'une maison bâtie sur un cimetière indien. De corps en corps, le morceau de tissu torture ses différent(e)s propriétaires avec un certain raffinement dans la cruauté.

Les critiques à propos de ce film

Critique de In Fabric - Les soldes, ça tue !
Par : Seb Brunclair


Depuis le début de sa carrière, avec Katalin Varga en 2009, Peter Strickland fait figure de valeur sûre des festivals, enchaînant les sélections et les prix divers et variés. Après les acclamés Berberian Sound Studio et The Duke of Burgundy, voilà le Britannique de retour. Quatre films, quatre réussites ? Oh que oui !

Le scénario d’In Fabric ne tient qu’à un fil : Sheila (Marianne Jean-Baptiste), mère célibataire esseulée, cède à la pression des soldes et s’offre, suite à l’insistance d’une vendeuse étrange et envahissante, une magnifique robe rouge. Un bien joli vêtement qui porte la poisse à toutes celles qui la portent et possédée par des instincts meurtriers...

Pas de doute, on est bien chez Strickland : ça transpire l’amour du giallo, la photographie est impeccable, chaque plan est savamment étudié et la bande son (signée ici par le groupe Cavern of Anti-Matter) est au diapason, transformant l’expérience en trip hypnotique. Pari réussi : happé par une publicité retro vantant les soldes immanquables d’une boutique de vêtements, mené par ses vendeuses excentriques et son vieux patron visiblement dérangé, on entre de plein pied dans cette critique sensorielle et visuellement léchée du consumérisme à outrance.

Mais qu’on ne s’y méprenne pas : ayant déjà prouvé par le passé sa capacité à injecter de l’humour là où on ne l’attendait pas forcément, Strickland signe ici son film le plus ouvertement drôle. Point d’orgue de cette tendance, les personnages des excellents Julian Barratt (de la troupe comique The Mighty Boosh) et Steve Oram (vu dans le Sightseers de Ben Wheatley, qui fait ici office de producteur exécutif), au centre de séquences hilarantes torpillant joyeusement le monde de l’entreprise.

Jonglant habilement entre l’humour, l’érotisme étrange (à base de mannequins...touffus) et le surnaturel, Peter Strickland livre un cocktail étrangement homogène, preuve de la maîtrise totale qu’il démontre depuis maintenant quatre films. Fascinant, drôle, hypnotique : n’en jetez plus, In Fabric est une réussite incontestable, une de plus. Peter, c’est quand tu veux pour la cinquième.

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