CHRONIQUE DVD

CHRONIQUE DVD - Killer Joe

Texas Fried(kin) Chicken

Le film

Le jeune Chris (Emile Hirsch) est dans la panade. Forcé de rendre une grosse somme d’argent à un truand, le voilà contraint d’imaginer une combine foireuse pour éviter de finir six pieds sous terre. Son idée de génie ? Faire appel à Joe (Matthew McConaughey), un flic ripou et tueur à gage à ses heures perdues, afin de liquider sa mère et de toucher les 500 000 euros d’assurance vie. Dur en affaires, Joe ne fait pas crédit et réclame l’innocente Dottie (Juno Temple), la sœur cadette de Chris, comme caution…

5 ans après Bug, William Friedkin renouvelle sa collaboration avec l’auteur Tracy Letts, qui adapte une nouvelle fois une de ses propres pièces de théâtre. Plongeant au sein de l’Amérique profonde, avec ses beaufs coiffés de Stetson et ses trailer parks, Killer Joe affiche une ambiance poisseuse et des personnages crétins obsédés par l’argent.

Si l’atmosphère qui s’en dégage est par moments très délectable, le film n’en souffre pas moins de défauts assez prononcés. Trop bavard, il peine régulièrement à maintenir l’attention, la faute à un scénario pas follement original et manquant de surprises. Sans être foncièrement mauvaise, la réalisation manque également de génie dès qu’il s’agit d’injecter un peu de dynamisme, notamment lors d’une course-poursuite beaucoup trop molle.

Heureusement, pour rattraper le coup, Friedkin peut compter sur un casting magistral, d’où émergent principalement Matthew McConaughey parfaitement utilisé à contre-emploi, Thomas Haden Church excellent en papa mollasson dépassé par les événements et Juno Temple, dont le charme innocent fonctionne ici à plein régime, le réalisateur n’hésitant pas à l’exposer sous toutes les coutures.

C’est d’ailleurs ce que l’on pourra reprocher à Friedkin, qui semble trop se reposer sur le talent (et les « arguments ») de ses acteurs, peinant à maintenir un rythme réellement efficace de bout en bout, enchaînant maladroitement les moments de calme avec des scènes « choc », tombant parfois comme un cheveu sur la soupe (la fameuse scène du poulet et le final virant au grand guignol mal maîtrisé).

Malgré tout, on se laissera porter par des dialogues à l’humour noir faisant mouche, sans aucun doute la qualité la plus inattendue du film.

Au final, malgré des défauts réellement handicapants, Killer Joe s’impose comme une virée sympathique dans le merveilleux monde des beaufs, et prouve la vitalité de William Friedkin, désireux de ne pas céder à la facilité malgré son âge bien avancé (presque 80 balais, le gaillard). Et ça, c’est tout à son honneur.

Les bonus

Edition normale :

- Bandes-annonces
- Portrait d’une Amérique peu aimable (35 min) : Entretien avec William Friedkin entrecoupé d’images du tournage et d’interventions des acteurs

Edition spéciale FNAC :

- DVD bonus : Masterclass de William Friedkin enregistrée au festival de Deauville 2012 (1H30)

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