Critique de film

Méga Piranha

"Mega Piranha"
affiche du film
  • Genre : Thriller, Horreur
  • Année de production : 2010
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Eric Forsberg
  • Pays d'origine : USA
  • Durée : 1h32
  • Scénariste : Eric Forsberg
  • Musique : Chris Ridenhour
  • [
  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Paul Logan, Tiffany, Barry Williams, David Labiosa, Jesse Daly, Jude Gerard Prest, Cooper Harris, Clint Browning, Matt Lagan, Jonathan Nation, Jessel Orloff, Lola Forsberg, Jillian Easton
  • Récompenses : Aucune

Le secrétaire d’État des USA demande à Jason Fitch, qui fait partie de l’unité des Navy SEALS, d’enquêter sur la mort suspecte d’un ambassadeur américain. Il se rend au Venezuela pour coopérer avec le lieutenant Audante et le colonel Diaz de la Force armée nationale. Là, il va rencontrer Sarah Monroe, chercheuse spécialisée en génétique. Elle, et le biologiste Eli Gordon, ont découvert des preuves étranges, qui après une analyse dans leur laboratoire révèlent un terrifiante nouvelle. Des poissons carnassiers génétiquement modifiés sont à l’origine de bien des dégâts, et cette espèce profite d’une croissance exponentielle, qui lui permet de doubler de taille toutes les 36 heures !

Les critiques à propos de ce film

Critique de Mega piranha - Méga nanar
Par : Fred Pizzoferrato

La sortie annoncée de Piranha 3D, remake modernisé du petit classique bis de Joe Dante, ne pouvait laisser insensible les suiveurs de tous poils et, sans surprise, The Asylum délaisse un temps les crocodiles et autres requins géants pour s’intéresser aux petits poissons carnivores. Sauf que, depuis le « succès » du quasi culte Mega Shark vs Giant octopus la compagnie ne peut plus se contenter d’animaux de taille normale pour ses « creature features ». Les piranhas seront donc « méga » et ici, « méga », ça veut dire capable de bouffer un sous-marin nucléaire. Bref, bienvenue dans le monde du nanar délirant !

L’intrigue débute très classiquement par l’attaque d’un bateau, sur un fleuve du Venezuela, par une horde de piranhas. Parmi les victimes, outre une poignée de bimbos topless, se trouve l’ambassadeur américain, ce qui motive l’envoi d’un dur à cuir de l’Oncle Sam, l’agent spécial Jason Bourne…pardon Jason Fitch. Celui-ci enquête, soupçonne un acte terroriste et finit par rencontrer une scientifique charmante, Sarah Monroe, qui lui révèle sa propre théorie : l’agression a été commise par une horde de piranhas génétiquement modifiés à la croissance exponentielle. Quelques heures plus tard cette théorie se voit confirmée alors que des poissons gigantesques s’en prennent à tous les imprudents croisant leur route. Leur destination ? Les Etats-Unis ! Leur taille ? Proche de celle de Godzilla !

Avec un scénario aussi stupide Mega piranha ne peut évidemment guère se prendre au sérieux et le cinéaste ne tente même pas de rendre son métrage un tant soit peu crédible. A l’instar des monstres mutants de Piranhas 2, les tueurs volants, la poiscaille jaillit hors de l’eau et voltige vers ses proies pour les dévorer à grands renforts d’hémoglobine numérique. Car, téléfilm à petit budget oblige, les créatures sont entièrement réalisées en images de synthèse, lesquelles s’avèrent d’une qualité franchement désastreuse. Bien sûr, nous sommes à présent habitués à ces effets spéciaux hâtivement bricolés sur des programmes informatiques obsolètes mais Mega piranha se distingue une nouvelle fois par des séquences ridicules et risibles. Les trucages numériques, affreux, rivalisent d’ailleurs de médiocrité avec les rares plans impliquant des poissons caoutchouteux forts peu convaincants. Les intégrations des créatures dans l’image et leurs interactions avec les personnages sont tout aussi ratées et parfois aux limites du foutage de gueule pur et simple. Les effets gore, assez rares, ne sont pas franchement plus convaincants et se limitent généralement à de gros bouillonnements écarlates dans l’eau, suivis de la vision, brève, de quelques membres tranchés.

Le scénario, pour sa part, se contente d’enchainer les séquences attendues, les piranhas devenant de plus en plus énormes d’une scène à l’autre jusqu’à atteindre une taille colossale les amenant à détruire un sous-marin, des hélicoptères et, finalement, les immeubles bordant les plages de Floride. Dans cette séquence absurde mais réjouissante, les poissons jaillissent hors de l’eau pour s’écraser sur les gratte-ciels, qu’ils détruisent à grands coups de dents. Face à la menace, l’armée se doit d’intervenir et envoie des commandos surentrainés, des bâtiments de guerre et, carrément, des ogives nucléaires. Malheureusement, les poissons, ayant surement vus trop de kaiju eiga, restent invulnérables à tout, y compris au feu nucléaire, et il faudra que l’agent spécial susmentionné fasse travailler ses méninges pour découvrir leur point faible. Dans ce rôle nos retrouvons Paul Logan, acteur coutumier de ce style de séries Z que nous avons déjà découverts dans des perles de cinémathèques comme L’île des komodo géants, Komodo vs Cobra ou encore The terminators. A ses côtés, la chanteuse pop des eighties Tiffany tente une reconversion à pratiquement 40 ans mais ne fait guère de miracles dans un rôle de toute manière transparent et stéréotypé. Barry Williams (principal protagoniste de la série télévisée « La Famille Brady ») complète le casting.

Aussi débile qu’il soit, Mega piranha développe heureusement un rythme relativement nerveux et ne donne pas vraiment l’occasion de s’ennuyer au spectateur. Les explications scientifiques idiotes sont limitées, les dialogues réduits à l’essentiel et le métrage se contente d’enchainer les passages spectaculaires (dans les limites des modestes moyens disponibles) sans perdre son temps à tergiverser. Les nombreuses incohérences et absurdités du script passent donc relativement bien à condition de ne pas attendre du métrage autre chose qu’un pur divertissement popcorn.

Sans ambition, mais divertissant et frénétique, Mega piranha se révèle au final aussi nul qu’on l’attendait mais, dans le genre nanar rigolo, l’ensemble se laisse toutefois voir sans déplaisir à condition, bien sûr, de ne pas en attendre beaucoup.


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