Critique de film

Mom and Dad

"Mom and Dad"
affiche du film
  • Genre : Comédie, Horreur
  • Année de production : 2017
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Pays d'origine : USA
  • Durée : 1h26
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  • Bande annonce
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  • Récompenses :

Des enfants doivent survivre par eux-mêmes à une hystérie collective aux origines inconnues incitant les parents à se retourner violemment contre leur progéniture.

Les critiques à propos de ce film

Critique de Mom and Dad - Bad Parents
Par : Damien Taymans

Affranchi de son habituel binôme, Brian Taylor persévère avec Mom and Dad dans la thématique de la destruction. A l’instar des héros des précédents opus du réalisateur, mis en scène avec son compère Mark Neveldine (Crank, Ultimate Game), les parents de Mom and Dad, incarnés avec vigueur et folie par le savoureux tandem Selma Blair-Nicolas Cage perdent le contrôle de leur enveloppe charnelle pour céder à leurs pulsions premières. Dézinguer ses moutards devient l’exutoire de parents qui ont vu leur vie fantasmée s’éteindre couche après couche, biberon après biberon. "Nous étions Brent et Kendall. Nous sommes juste des parents" se confient les deux héros comme une prise de conscience de l’échec de toute une vie. Étouffés par un rôle qui réclame toujours plus de responsabilités et dont les emmerdes vont croissantes, crucifiés par les caprices de leurs têtes blondes, les parents dressent avec causticité le bilan de cette existence morne et sans relief avec pour seule perspective de libération le meurtre de leur progéniture.

Ce concept d’obsolescence programmée énoncée lors d’une leçon en début de métrage légitime finalement les exactions qui vont suivre durant une heure et demi : ces brassées de désœuvrés ne sont rien d’autre que des âmes perdues en quête de rédemption qui ont perdu le contrôle de leur corps à cause de mystérieuses ondes transmises par la télévision et la radio. Gangrénés sur le tard, Nicolas Cage et Selma Blair laissent in fine parler leurs instincts destructeurs et se livrent à une chasse aux mioches où tous les coups sont permis (les découper, les étouffer à l’aide de gaz, leur fracasser le crâne) jusqu’à un dernier acte particulièrement explosif où tous les personnages évoluent en roue libre. C’est une constante chez Brian Taylor, cette accélération permanente de l’action, cette projection de son véhicule cinématographique vers le mur du portnawak et de la décomplexion dans son dernier tiers.

Cette frénésie et cette générosité se trouvent hélas compensées par une certaine retenue de la part du cinéaste qui relègue la plupart de ces abominations hors-champ et transige sur le jusqu’au-boutisme assurément pour s’épargner une classification trop restrictive (la mère désirant tuer le bébé dont elle vient d’accoucher). Autre regret : cette quête de la stupidité chère à l’auteur vient parasiter la forme et le fond de cette œuvre qu’on aurait espérée plus radicale dans son traitement graphique et thématique. Or Mom and Dad oscille constamment entre le film d’horreur pur et la comédie foutraque et n’opère jamais de choix ferme et définitif, comme l’illustre l’utilisation du vétéran Lance Henriksen à l’apparition pour le moins expéditive.


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