Critique de film

Mon Mon Mon Monsters

"Mon Mon Mon Monsters"
affiche du film
  • Genre : Horreur
  • Année de production : 2017
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Pays d'origine : Taïwan
  • Durée : 1h53
  • Musique : Chris Hou
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  • Bande annonce
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  • Récompenses :

En séquestrant un monstre, des ados tyranniques ne se doutent pas de la sanglante réaction en chaîne qu’ils vont provoquer.

Les critiques à propos de ce film

Critique de Mon Mon Mon Monsters - Les bêtes féroces attaquent
Par : Damien Taymans




Au moment où les cellules de crise se mettent en place pour lutter contre le harcèlement scolaire, nouvelle cause des castes politiques qui semblent oublier que le phénomène a déjà quelques siècles d’existence, à l’autre bout de la planète, Lin Shu-wei pourrait en devenir la mascotte. Brimé par ses pairs, humilié plus qu’à son tour, le jeune lycéen ne trouve secours auprès de personne, si ce n’est une autre créature ostracisée qui ne pose même plus un orteil dans sa classe. Dans son bahut fou, fou, fou, Lin Shu-wei peut toujours se brosser pour attirer l’indulgence de la belle Mrs Li, bien trop impressionnée par les gangs qui parsèment son groupe-classe, qui ne peut se résoudre qu’à donner un conseil judicieux à la pauvre victime : tenter de s’intégrer à la meute de loubards et tenter de repartir du bon pied avec eux. S’il commence à s’intégrer dans ce gang de teigneux dominé par le terrifiant Ren-Hao, Lin Shu-wei partage bientôt un lourd secret avec ses nouveaux potes : ils torturent en secret une créature de la nuit aux aspirations cannibales non feintes qui réclame à tout-va un bon petit gueuleton...

Prétendre que le Taïwanais Giddens Ko s’est radicalisé, c’est aller un peu vite en besogne. Il est vrai que sa précédente réalisation, You are the Apple of my Eye, tapait plutôt dans le registre de la romance mais, depuis, l’homme a un tantinet cramé les guimauves en scénarisant notamment The Tenants Downstairs dans lequel un proprio sadique manipule la vie de ses locataires grâce à un réseau de caméras dont il a truffé le bâtiment. Cependant, avec Mon Mon Mon Monsters et son intitulé rigolard en forme de balbutiement de trouillard, le réal plonge ses mains profondément dans la tripaille et dans l’horreur. Passé une mise en place renvoyant aux bahuts japonais dans lesquels des rebuts mènent la vie dure à de pauvres hères limite consentants, le récit s’enfonce peu à peu dans les ténèbres et révèle la part la plus sombre de chacun des protagonistes qui rivalisent d’ingéniosité dans l’art d’humilier leurs pairs (voir une séquence de batailles de vieillards aussi tordante que dérangeante).

Même si le propos est loin d’être original (qui sont les véritables monstres entre les créatures qui ont l’apparence humaine et les humain qui ont l’apparence de monstres ?), Giddens Ko a le mérite de traiter son sujet avec passion et générosité, sans rechigner à offrir quelques séquences poétiquement gore ou d’autres plus froides et glauques au point que le spectateur s’égare et perd ses repères, perdu dans cette sombre gaudriole, tantôt lyrique tantôt caustique.


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