Critique de film

Muse

"Muse"
affiche du film
  • Genre : Horreur, Fantastique
  • Année de production : 2017
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Pays d'origine : Espagne, Belgique, Irlande, France
  • Durée : 1h47
  • Musique : Stephen Rennicks
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  • Bande annonce
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  • Récompenses :

Depuis un an, Samuel, professeur de littérature ancienne, fait chaque nuit le même cauchemar traumatisant où une femme est assassinée lors d’un rituel macabre. En apprenant dans la presse locale qu’un meurtre identique a eu lieu, il comprend que son rêve était prémonitoire. Alors qu’il cherche des réponses sur les lieux du crime, Samuel fait la rencontre de Rachel, une jeune femme qui affirme avoir eu les mêmes visions que lui. Ensemble, ils vont mener l’enquête pour percer le mystère… et entrer dans un monde contrôlé par des créatures terrifiantes : les Muses.

Les critiques à propos de ce film

Critique de Muse - Balaguero fait mu-muse
Par : Damien Taymans




Qu’est-il donc advenu de Jaume Balagueró ? De La Secte sans nom à Malveillance, l’Ibère était parvenu à redorer le blason du genre espagnol, le situant en position estimable sur la carte de l’Europe, grâce à une certaine maîtrise du huis clos (A louer, le segment des Peliculas para no dormir et REC en sont de brillants exemples) et des élans effrénés pour des scénars ingénieux et percutants (Darkness). Depuis, le maître de la terreur ibérique accuse le coup : après le navrant et impitoyablement médiocre quatrième épisode de sa franchise bankable, Balagueró bénéficie avec sa dernière production d’une sortie technique à peine polie (quelques salles éparses et un parachutage vers la plateforme VOD) qu’il convient d’estimer raisonnable. Avec Muse, le cinéaste possédait entre les mains un matériau des plus prometteurs et une thématique originale reposant sur le pouvoir des mots et l’envoûtement que provoque la poésie jusqu’à mener auteurs et auditeurs dans le néant. Le tout avec des personnages mythologiques rarement exploités au cinéma : les muses énoncées dans le titre.

Pourtant, Balagueró laisse au mieux ce terreau en friche. Délaissant son style à la griffe directement identifiable, le cinéaste semble puiser dans l’inspiration gothique, troquant même les paysages crépusculaires de l’Espagne pour la côte irlandaise. Mais, ce volte-face n’est que façade : la caméra glisse mollement d’un morceau de côte à un autre, traque la silhouette d’un personnage vaguement esquissé pour finalement s’attarder sur une autre figure sans profondeur, capte des séquences dépourvues d’émotions et d’enjeux dramatiques. En manque d’inspiration (celle-là même que les muses semblent lui refuser depuis quelques années), Balagueró compose une œuvre proprette, académique mais sans relief. L’ennui point rapidement dans le chef du spectateur qui possède constamment un coup d’avance sur le script et qui patiente jusqu’à ce que cette lancinante ode à la poésie prenne enfin vie à l’écran sans s’imposer d’interminables tunnels de dialogues et de constants faux-fuyants qui desservent l’intrigue au lieu de la nourrir (les rivalités entre la prostituée et le proxénète...).

De loin en loin, Muse vit de projets qui ne font qu’attendre, nous menant sur un train de sénateur vers un dénouement aussi dépourvu d’âme que l’ensemble de l’œuvre. Fatigué, Balagueró abandonne même le navire pour son dernier acte, visiblement à court d’arguments pour proposer quelque chose d’un tant soit peu ingénieux. On attend toujours le soubresaut d’un réalisateur qui semble depuis fort Fragile...

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