Critique de film

Outpost

"Outpost"
affiche du film
  • Genre : Horreur
  • Année de production : 2008
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Steve Barker
  • Pays d'origine : Angleterre
  • Durée : 1h30
  • Scénariste : Rae Brunton
  • Musique : James Seymour Brett
  • [
  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Ray Stevenson, Julian Wadham, Richard Brake, Paul Blair, Brett Fancy, Enoch Frost
  • Récompenses : Aucune

Sept mercenaires sont envoyés dans un ancien bunker au fin fond d'une forêt d'Europe de l'Est, non loin du Kosovo. Leur mission: escorter durant les prochaines 48 heures un homme d'affaire à un fortin de guerre abandonné. Une fois sur place, ils prennent conscience que le lieu n'était autre que le théâtre d'expériences scientifiques nazis. Alors qu'ils découvrent qu'ils ne sont pas seuls, ils vont rapidement découvrir ce qu'ils font là...

Les critiques à propos de ce film

Critique de Outpost - Chair à canon
Par : Chroniqueurs






Par Dante

L’Angleterre, accompagnée de l’Espagne, se pose depuis quelque temps comme l’un des viviers du cinéma fantastique européen voire mondial, desservant régulièrement des bandes biens énervées dotant de nouveaux atours le ciné de genre. Après les chocs Doomsday et Eden Lake, place à leur petit frère Outpost. Présenté comme un simple film bis qui n’a que pour seul objectif de divertir, Outpost avait de quoi titiller les papilles cinéphages d’amateurs en délire de bisseries zombiardes. Une bande de mercenaires bourrins se retrouvent bloqués dans un bunker et doivent croiser le fer avec une tripotée de fantômes/zombies nazis visiblement très mécontents d’avoir reçu sur leur gueule en 44. Rajoutez à cela le charismatique Ray Stevenson (qui restera pour tous le légendaire Titus Pullo) et vous obtenez un grand espoir de série B, un grand moment de dépeçage en règle.

Mais Steve Barker veut visiblement aller plus loin, quitte à décevoir les attentes les plus primitives de spectateurs camés à la gore attitude. Après une scène d’exposition bâclée, il envoie la joyeuse troupe dans ledit bunker et commence alors son scénario. Distillant une atmosphère claustrophobique (même en plein air), Barker mise sur une photo audacieuse (tout en teinte sépia ou dans le noir complet) qui se révèle magnifiquement en phase avec son sujet. Puisque le jeu des couleurs suit l’évolution des personnages et leur rapport avec le bunker, se transformant tantôt en refuge, tantôt en cul de sac. Le cinéaste s’enfonce de plus en plus dans les tranchées de son scénar’ pour révéler les fameuses expérimentations nazies qui décidément n’arrêteront pas d’inspirer les scénaristes d’horreur. Puis l’action vient enfin, violente, sèche, toujours démonstrative, une propulsion qui calme enfin nos appétits sanguinaires. Le film devient alors un vrai jeu de massacre, où l’originalité des meurtres et le fatalisme qui en découle viennent placer Outpost bien au dessus de la moyenne des survivals habituels. Comment ne pas rester pantois devant le design des nazis zombiesques ou ne pas s’arrêter sur les réflexions de la condition de soldat, qui sans atteindre des sommets, pose quand même des bases d’humanisme dans ce monde de brutes.

Malheureusement, si le réalisateur a apporté beaucoup de soin à son film, il l’a fait de façon assez inégale. Si le scénario donne l’illusion de la profondeur, c’est au mépris du développement des personnages, qui en sont réduits ici à des caractères types (le méchant, le blasé, l’idéaliste) quand d’autres ne sont carrément pas esquissés avant de se faire tuer sauvagement. Dur à avaler quand le film ne comporte même pas une dizaine d’acteurs. De plus, si le fond est bien fourni, la forme l’est beaucoup moins, les scènes d’actions, bien que prenantes, sont expédiées à la va-vite et n’aboutissent à rien, le cinéaste étant visiblement très à l’aise pour faire monter la sauce dans la première heure du film, mais perdant tous ses moyens lorsqu’il s’agit de faire couler le sang.

Mais ce serait quand même dommage de considérer ce film comme un coup d’épée dans l’eau. Car si toutes les promesses esquissées durant tout le métrage ne sont pas toujours tenues, il n’en reste pas moins un très bon film de genre, respectueux et bourré de testostérone. Et puis il y a Ray Stevenson (le futur Punisher) qui, espérons-le, deviendra une icône du genre.


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