Critique de film

Rampant

"Chang-gwol"
affiche du film
  • Genre : Horreur, Action
  • Année de production : 2018
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Pays d'origine : Corée du Sud
  • Durée : 2h09
  • Musique : Inyoung Park
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  • Bande annonce
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  • Récompenses :

Le Prince Ganglim, l’un des fils du roi au pouvoir réputé pour sa maîtrise des arts martiaux, revient au royaume coréen de Joseon après de nombreuses années passées en captivité dans les geôles des Mandchous de la dynastie Qing. Des luttes pour obtenir le pouvoir, entretenues par le ministre de la Guerre, apparaissent bientôt au sein du palais royal alors qu’une épidémie transforme les humains en morts-vivants errants à la nuit tombée...

Les critiques à propos de ce film

Critique de Rampant - Medievil
Par : Seb Lecocq


Les zombies, on les connaît sur le bout des doigts, depuis son revival au mitan des années 2000, le genre de faiblit pas et continue d’abreuver les salles, les linéaires et les offres vod par centaines voire milliers. Alors que propose Rampant pour se démarquer du tout venant ? Situer ses zombies au sein même d’un film d’intrigues historiques. Voilà pour la touche d’originalité, pour le reste, c’est du classique tendance zombies rapides et agressifs.

Comme toujours avec les productions sud-coréennes, la technique est irréprochable. Mise en scène, cadres, photographie, montage, musique, tout est propre, carré, efficace. Beaucoup de sûreté à ce niveau-là même si tout manque d’une vraie patte, d’un vrai regard. À n’en point douter, Rampant est l’œuvre d’un bon yesman, sans plus. Ce qui est à la fois une force, le film reste au centre du projet et une faiblesse, une absence de prise de risques flagrante. Les débuts sont prometteurs, une bonne scène d’introduction, enlevée, qui présente tous les aspects et intervenants du métrage mais conserve une bonne part de mystère. Tout est déjà là, dans ces dix premières minutes, le reste n’en sera qu’une longue extrapolation.

Le métrage paie tout à la fois son tribut au film de zombie américain (les morts-vivants sont nombreux, agressifs, impitoyables, affamés), au chambara japonais avec ses sabreurs habiles et poseurs et au wu xia pian chinois pour ses scènes de bagarres épiques et enlevées. Le tout mixé avec des intrigues de courts inutilement complexes venant sans cesse parasiter et alourdir le récit pour amener le compteur aux alentours des deux heures, ce qui est beaucoup trop pour cette histoire. On aurait tout à fait pu se passer d’un bon quart du film sans que cela ne s’en ressente. Au contraire, le rythme aurait été renforcé et l’ensemble plus tendu. En l’état, on ne va pas se cacher, il nous est arrivé de trouver le temps long et de soupirer face à un énième tunnel de dialogues ou une intrigue secondaire gâchée par le surjeu des acteurs secondaires.

Heureusement, les scènes de zombies sont nombreuses et pas chiches en violence, un vrai plus pour les amateurs de gore. Les zomblards, nombreux et très voraces, rappellent esthétiquement les vampires du folklore chinois. En moins sautillants tout de même. Le final tourne vite au carnage au sein duquel notre héros un brin falot va ventiler et dispersé du monstres pourrissants avec plus d’efficacité qu’un hachoir à viande. Ce sont des centaines de zombies qui seront passés au fil de l’épée. Le compteur s’affole certes mais sans que le spectateur ne s’émeuve pour autant, la faute à des personnages à peine esquissés pour lesquels personne ne vibre une seule seconde.

Rampant existe simplement pour ses scènes d’attaques, fort bien troussées et ses gros moyens. Techniquement propre, il en met plein la vue mais manque cruellement de ce qui fait le cinéma : des personnages, de l’âme, du cœur. À défaut de tout cela, on se contentera de sang par litres entiers. Un blockbuster historique avec des zombies et des intrigues de courts, c’est déjà certes pas mal mais ça manque tout de même sacrément de mordant.


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