Critique de film

Rat King

"Rat King"
affiche du film
  • Genre : Drame, Thriller
  • Année de production : 2012
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Pays d'origine : Finlande, Estonie
  • Durée : 1h34
  • Musique : Lauri Porra
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  • Bande annonce
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  • Récompenses :

Juri est un jeune garçon totalement accro aux jeux en ligne. Sur le point de rater sa scolarité et, surtout, de se faire larguer par sa copine, il décidé de s'en sortir mais fait la rencontre de Niki, un ami d'internet. Il découvre un étrange tatouage sur le bras de ce dernier et en l'encodant dans une barre de recherche, il tombe sur un jeu redoutable... auquel il est instantanément accro.

Les critiques à propos de ce film

Critique de Rat King - Poil dans la main
Par : Damien Taymans


Les rats lovecraftiens qui grouillaient dans les murs et graillaient les miches des pauvres gens peuvent continuer leur lente invasion en paix. Rat King désigne tout bonnement un pseudo accolé à Juri, gamer névrotique plus leste à tapoter sur sa souris qu’à tripoter les rotondités de sa petite amie Mia. Terré dans son trou à se tricoter des amitiés avec d’autres nerds tout aussi asociaux que lui, Juri ne vit que pour et par ses parties nocturnes, à telle enseigne que les saints du calendrier pourraient s’effeuiller devant ses yeux, il n’en cillerait pas davantage. "La vie, c’est le virtuel" se lamente-t-il avec le Calogero finnois quand ses deux camarades de jeu préférés disparaissent soudainement sans laisser le moindre spam d’adieu. Quand l’un d’eux ressurgit de nulle part et explique qu’il est enrôlé dans un jeu qu’il est impossible de quitter, sous peine de se voir "deleter" dans la vraie vie, un Parkinson précoce s’empare des mimines du petit Juri et l’envie de cliquer derechef devient irrépressible...

Les intrications entre réel et virtuel ont nourri le cinéma de genre (avec une préférence nette pour la SF et le thriller) depuis que les nouvelles technologies ont commencé à asservir l’homme et à en faire un cyberdépendant consommant au quotidien son quota de clics et ne se construisant de relations que dans le réseautage social en ligne. D’illustres prédécesseurs ont tenté avant le jeune Max Ovaska de dompter les machines infernales et ont failli connaître une overdose des suites de leur QWERTYcomanie : Matthew Broderick se cassait les dents sur son clavier dans War Games, Emilio Estevez pénétrait l’année suivante En plein cauchemar, bientôt suivi par Edward Furlong en proie au Trickster dans Brainscan. Pour l’heure, le héros du film de Petri Kotwica ne s’offre qu’une timide pénétration dans l’univers vidéoludique : le jeu refuse l’immersion et ne brouille pas la réalité, seul le concepteur joue au marionnettiste avec les gamers, les contraignant à entreprendre une action dictée par un seul mot jusqu’à ce que le démiurge planqué derrière la machine valide la réussite du défi. Les challenges se succèdent et s’intensifient en même temps que l’investissement et la motivation du néophyte à la dégaine d’un admirateur de Wayne’s World. Rien de bien nouveau sous le soleil.

Pour soutirer un quelconque bénéfice de la projection, on se prend presque à espérer que le cinéaste ait l’audace de persévérer dans le glissement sexuel des deux protagonistes, s’abîmant dans les bras l’un de l’autre sitôt que l’occasion leur est fournie et se déclarant même à demi-mot leur flamme ou se confiant leurs secrets les plus inavouables ("Je n’ai jamais dansé" confesse Juri, de la buée plein les binocles). Bien loin de virer vers le trash de Bruce LaBruce, la péloche joue la carte frigide de l’usurpation d’identité dès que le jeune Nikki s’approprie les bésicles de son compère Juri passé au toilettage et lui sauve la mise en passant à sa place un examen d’allemand. Ce tour de passe-passe à peine échevelé (la confusion était plus nette entre Jean-Paul Rouve et Polnareff) installe le récit sur des rails le menant tout droit dans un bon gros mur de briques sans espoir d’éviter la commotion, définitivement acquise lors du final consternant en guise de témoignage du manque d’inspiration des auteurs du méfait.

Après avoir fait main basse sur les Jussi Awards (Oscars finnois) en 2008 avec Black Ice, Petri Kotwica se vautre lamentablement avec ce thriller mal emballé et peu emballant.


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