Critique de film

Scalene

"Scalene"
affiche du film
  • Genre : Thriller horrifique, Vigilante
  • Année de production : 2011
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Zack Parker
  • Pays d'origine : USA
  • Budget : 150.000 dollars
  • Scénariste : Brandon Owens, Zack Parker
  • Musique : The Newton Brothers
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  • Bande annonce
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  • Casting : Margo Martindale, Hanna Hall, Adam Scarimbolo, Jim Dougherty, LaDonna Pettijohn, Raymond Kester, Sean Blodgett, Angela Steele
  • Récompenses : Grand Prix du Jury aux Dances With Films 2011
    Meilleur Long-Métrage et Meilleur Réalisateur au Cincinnati Film Festival 2011

Un thriller raconté de trois points de vue différents qui met en scène la vengeance d’une mère envers un élève qui accuse son fils, déficient mental, de viol.

Les critiques à propos de ce film

Critique de Scalene - Triangle polymorphe
Par : Quentin Meignant


Sorti le 11 octobre dernier en DVD aux States et encore totalement inédit dans nos contrées, le Scalene de Zack Parker avait de quoi intriguer au sein de la rédaction, raison pour laquelle nous avions procédé à une interview du metteur en scène (voir ICI) et demandé à ce dernier de nous envoyer une copie de sa mystérieuse œuvre. Avec un titre capable de foutre la migraine à tous les angoissés des maths, Scalene peut se targuer d’être basé sur un schéma narratif à triple entrée, trois personnages se chargeant de raconter, avec des points de vues totalement différents, une sombre histoire de vengeance. Scalene suit en effet une mère qui voit son fils autiste accusé de viol par une jeune étudiante censée le garder. Puni pour son geste, le fils est séparé de sa mère, qui décide de se venger de la jeune femme.

Si Scalene ne renie pas ses origines indépendantes, Zack Parker ayant lui-même distribué son film, qu’il a par ailleurs tourné dans sa propre maison, dans l’Indiana, l’ensemble peut néanmoins se targuer de réunir un casting assez exceptionnel, avec Margo Martindale, Adam Scarimbolo et Hanna Hall. La première, récemment primée aux Emmy Awards, ne tarde d’ailleurs pas à rendre le métrage de Parker totalement fou lors de premières séquences où le cinéastes ne prend guère le temps d’installer un quelconque climax et fait preuve, d’emblée, d’une maestria étonnante dans le maniement de sa caméra. Cette entame hyper-vitaminée, preuve de la volonté du cinéaste de faire un film « autre », une œuvre inclassable et jamais vue, sert en quelque sorte de trompe-l’œil à un ensemble se rapprochant très souvent du film d’auteur.

A mille lieues des thrillers horrifiques classiques, Scalene est en effet un exercice de style où la narration et la réalisation ne font qu’un, chacun des personnages apportant tour à tour sa pierre à l’édifice d’un récit troublant. Passant d’une narration à rebours à un récit normal tout en maîtrisant à un certain moment avec un brio incroyable la caméra subjective, lors des séquences filmées du point de vue de Jakob, le fils autiste (campé par l’impeccable Adam Scarimbolo), Zack Parker parvient à captiver en répétant petit à petit les éléments d’une histoire plus machiavélique qu’il n’y paraît. Proche de certains films de David Fincher tant dans la narration que dans le dénouement, Scalene ne souffre que fort rarement d’une certaine arythmie, logiquement due à la volonté de son metteur en scène de poser une certaine froideur, voire une véritable chape de plomb glauquissime à son récit.

Loin des canons du genre, Scalene n’essaie à aucun moment de singer des œuvres plus friquées. Le métrage de Zack Parker se crée une propre légende, une manière délicate d’aborder un sujet pourtant plombant et, surtout, un style filmique de très haute facture. Amis distributeurs et organisateurs de festivals européens, ce film fait partie des indispensables à venir.


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