Critique de film

Snowflake

"Schneeflöckchen"
affiche du film
  • Genre : Action, Comédie, Crime
  • Année de production : 2017
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Pays d'origine : Allemagne
  • Durée : 2h00
  • Musique : Román Fleischer
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  • Bande annonce
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  • Récompenses :

Tan et Javid se retrouvent pris au piège du méchant conte de fées d'un scénario mystérieux qui les enferme dans un cercle vicieux de vengeance - apparemment tous écrits par un dentiste désemparé.

Les critiques à propos de ce film

Critique de Snowflake - Des anges et des cannibales
Par : Roxane de Quirini


Meta-film allemand, Snowflake (ou plus joliment Schneeflöckchen) nous entraîne durant deux (longues) heures dans une double histoire de vengeance aux allures de Tarantino. À la fois thriller, comédie et film d’action, l’œuvre d’Adolfo Kolmerer et de William James se pare également de quelques touches féériques judicieusement placées.

Dans un Berlin futuriste où la vie n’est que violence et chaos, nous suivons d’une part Tan et Javid, après qu’ils ont fait un carton dans un Kebab du quartier. Finissant dans une voiture « empruntée », ils découvrent sur le siège arrière, le scénario de leur vie. Littéralement. L’histoire de deux réfugiés turcs qui décident de plomber tout le monde dans un döner avant de voler un véhicule dans le parking. Tout y est. Au mot près. Le texte a même un titre : Snowflake d’un certain Arend Remmers. D’autre part, le récit nous guide vers Eliana et son garde du corps, Carlson, qui partent à la recherche des assassins des parents de la jeune fille.

Alors que le scénario au cœur de l’histoire est d’une qualité abominable et que le désordre qu’il transfigure semble indigeste, le film qui se déroule sous nos yeux est tout son contraire. C’est d’ailleurs le coup de génie de Remmers (le vrai scénariste) (vous suivez toujours ?). Des dizaines de protagonistes, d’histoires, de lieux différents s’entrecroisent et pourtant le public parvient à suivre le fil rouge et à comprendre cette suite complètement illogique d’événements. Mêlant rebondissements à gogo et personnages hauts en couleur, Snowflake vous plonge dans un univers complètement déjanté où la violence côtoie l’humour au cœur d’une Allemagne en perdition.

Pour un premier long métrage, Adolfo Kolmerer et Williams James se régalent et nous régalent. En partant sur le concept vu, vu et revu qu’est le cycle de la violence (« je frappe celui qui frappe celui qui me frappe »), ils parviennent à renouveler et à bonifier un style déjà trop usé. Le principe d’imaginer deux héros ayant accès à leur propre histoire permet également un travail beaucoup plus profond du libre arbitre et du concept de destinée. L’effort est beau, le film, peut-être trop ambitieux, se laisse voir. Malheureusement, certaines longueurs particulièrement dérangeantes ralentissent tout le rythme de l’œuvre donnant même parfois l’impression de déjà-vu quant aux gags ou aux dialogues.

Alfonso Kolmerer, Williams James et Arend Remmers n’en demeurent pas moins trois artistes à suivre de près car le peps, l’intrigue et le traitement de celle-ci sont tant de qualités dont se pare Snowflake qui se place dans la lignée du cinéma allemand de ces dernières années.


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