Critique de film

Stake land

"Stake land"
affiche du film
  • Genre : Horreur
  • Année de production : 2010
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Jim Mickle
  • Pays d'origine : USA, Australie
  • Durée : 1h38
  • Scénariste : Jim Mickle, Nick Damici
  • Musique : Jeff Grace
  • [
  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Connor Paolo, Nick Damici, Michael Cerveris, Danielle Harris, Kelly McGillis,...
  • Récompenses : Aucune

Martin fait partie de ces froussards tremblotants, et son espérance de vie aurait certainement frôlé la demi-heure s’il n’avait pas croisé le chemin d’un chasseur de vampires nommé Mister (et boule de gomme, tatata…). Ce dernier le prend sous son aile et l’emmène avec lui vers le Nouvel Eden, lieu mythique épargné par cette folie carnassière. Sur la route, ils rencontrent une jeune femme enceinte ainsi qu’un autre rescapé qu’ils embarquent dans leur périple.

Les critiques à propos de ce film

Critique de Stake land - A pieu et à sang
Par : Damien Taymans


"Le territoire où le pieu est maître", cette traduction approximative de l’intitulé originel suppose davantage la présence de suceurs de sang que les déviances bouchères que la prononciation piteuse du titre anglais laissait présager. Et en matière de variation vampirique, Stake land ne fait pas dans la mignardise pour teenagers embaumés des effluves fallacieuses de romances gnan-gnan où les vampires s’illuminent comme des réverbères et les loups-garous se baladent à moitié à poil sous une pluie battante. Le cheptel des tueurs à canine se décline en différentes sous-catégories, contrôlant chacune un territoire propre. Bien loin de l’image d’Epinal du séducteur gominé imposée par Lugosi et consœurs, les goules redeviennent ici des créatures sauvages, presque animales, capables de renifler à des kilomètres de distance la moindre trace d’hémoglobine.

Des retouches rafraîchissant un tableau terni par les dernières frasques de vampires méga-in qui continuent de contaminer les rayons des vidéothèques et des librairies (des sortes de Danielle Steel dont le héros, bellâtre de préférence, a les canines aussi grosses que le cœur, inondent les étagères) avec leurs amourettes suintantes et leurs confessions intimes dont tout le monde se tamponne le coquillard. Stake land s’affiche comme un parfait antagoniste à cette tendance puisque la bande, respectueuse du bestiaire horrifique, offre une nouvelle version améliorée, dévoyant quelque peu de la tradition séculaire. Mieux encore, les "Nosferatu" (plus proches de Max Shreck que de Robert Pattinson) symbolisent la décrépitude qui affecte de plus en plus une humanité rongée par la déchéance de son système économique et social. Jim Mickle et Nick Damici réitèrent ainsi leurs prospections sociologiques, trois ans après avoir mis en exergue la charogne de Manhattan par l’entremise de rats, au détour de la Mulberry street. Car, en marge, subsistent des risques plus dangereux encore : les groupements sectaires dominés par des prophètes sanguinaires qui analysent l’omniprésence de l’espèce vampirique comme le résultat de la colère divine.

Ce road movie fauché, produit par Larry Fessenden, emprunte autant à l’univers de Richard Matheson qu’à une situation géopolitique fragilisée par les récentes crises financières. En sus (expression, on ne peut plus adaptée) d’être une des déclinaisons vampiriques les plus percutantes de ces dernières années (avec Let the right one in et Daybreakers), Stake land dresse un portrait au vitriol du colosse aux pieds d’argile américain, perverti de l’intérieur par une minorité beuglante de désaxés et un retard considérable en matière de politique humaniste. Un brûlot détonnant à effeuiller d’urgence !


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