Critique de film

The Babysitter

"The Babysitter"
affiche du film

Ray Longway, un adolescent lunatique, devient malgré lui le sujet principal des négociations houleuses entre ses deux parents dans la procédure de divorce qui les oppose. En obtenant la garde de son fils, sa mère, une actrice qui tente désespérément de percer à Hollywood, tient aussi à conserver le train de vie confortable qui était le sien depuis son mariage. La famille décide d'engager une baby-sitter qui va rapidement réussir à combler les manques affectifs de chacun.

Les critiques à propos de ce film

Critique de The Babysitter - Maman, j’ai raté le canon
Par : Damien Taymans

Cole a peur de tout, c’est un fait. Cet état de flippe constante lui vaut d’ailleurs le sobriquet de "couille-molle" dans son bahut. Et ses parents ne sont pas du genre psychologues, ils l’infantilisent à outrance, tentant mollement de l’aguerrir en lui collant un volant entre les pognes sur un parking désert. Une seule créature le traite comme un ado normal : sa baby-sitter Bee qui se trouve être une compagne de jeu idéale (un brin geekette, ça n’enlève rien) doublée qu’une petite bombe absolument délicieuse. Mais Cole, petit être fantasmant cette déesse à talons, a une bien mauvaise idée : il désire surprendre sa gardienne en plein émoi sexuel sitôt qu’elle l’a mis au pieu. Plongé en pleine partie d’"Action ou vérité" entre adultes consentants, il découvre surtout que la baby-sitter est un poil plus vilaine que ce qu’il imaginait dans ses rêveries les plus humides...

Distribué par Netflix, The Babysitter se présente comme un petit macaron filmique absolument savoureux, avec un effet double couche puisque sous le nappage humoristique se cache un coulis gore dévastateur. McG (Charlie et ses Drôles de Dames, Terminator Renaissance) s’amuse comme un petit gamin pourri gâté avec le jouet cinématographique qui lui est confié : il dézingue le culte de la réussite américaine par le truchement de personnages tous plus caricaturaux les uns que les autres, enchaîne les clins d’oeil geeks en confrontant son tandem de héros dans des batailles de références cinoche SF et, cerise sur le gâteau, transforme ce qui s’apparentait dans un premier temps à une comédie potache en un Maman, j’ai raté l’avion version horrifique. C’est précisément cette dernière partie qui s’avère être la plus fun (un petit train de l’horreur avec quelques jolies exécutions qui raviront les amoureux d’hémoglobine) et, paradoxalement, la plus faible puisqu’elle repose sur des raccourcis scénaristiques à peine pardonnables si l’on s’en tient strictement au premier degré.

Pourtant, le réalisateur de 3 Days to Kill sème suffisamment d’indices pour que le spectateur abandonne dès l’entame ses aspirations dramatiques et tragiques : tout dans The Babysitter confine à la poilade, jusque dans la mise en scène parfois plombée par des effets lourdingues (ces transcriptions aux couleurs criardes absolument vomitives). Qu’importe puisque le roller coaster fonctionne sans trop de cahots grâce à sa durée ramassée (un peu moins d’une heure et demi) et à son rythme trépidant.


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