Critique de film

The Endless

"The Endless"
affiche du film
  • Genre : Science-fiction, Horreur
  • Année de production : 2017
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Pays d'origine : USA
  • Durée : 1h51
  • Musique : Jimmy LaValle
  • [
  • Bande annonce
  • ]
  • Récompenses :

Deux frères retournent dans la secte qu’ils ont quittée dix ans auparavant après avoir reçu une mystérieuse lettre rédigée par l’un des membres de leur ancienne « famille ». Très vite, des événements inexpliqués vont remettre en cause leurs croyances…

Les critiques à propos de ce film

Critique de The Endless - OFNI et chef-d’oeuvre
Par : Damien Taymans

Des années après avoir échappé à l’emprise d’une secte, deux frangins reçoivent une vidéo d’Arcadia dans lequel ils ont passé une grande partie de leur existence. De cette expérience, chacun a gardé un souvenir différent. Pour Justin, cette association de gens zarbis est une bande d’illuminés qui tendent vers le suicide collectif. Aaron considère que cette bulle située en marge de la société est une famille qui les a élevés et a veillé sur eux et il souhaite au moins faire ses adieux pour franchir le cap vers une vie plus traditionnelle. Il ne s’agit que d’un jour et une nuit, pas plus. Et puis, il n’y a aucun danger... apparemment...

En 2012 apparaissait, sorti d’on ne sait où, un véritable OFNI signé de deux cinéphiles alors inconnus, Justin Benson et Aaron Moorhead, nommé Résolution. Un bijou de bizarrerie, une péloche hypnotique, hallucinante, folle, étourdissante. Après la parenthèse très recommandable Spring, ces trublions du cinéma indépendant reviennent à leurs premières amours avec The Endless dont ils signent la réalisation, le scénario, la production, la photographie, le montage et... les rôles principaux. Aaron et Justin s’échappent cette fois sur les terres nébuleuses des sectes armés de deux points de vue diamétralement opposés, une expédition dans l’inconnu, l’incompréhensible, l’insondable. À mesure qu’ils évoluent en compagnie de ceux avec qui ils ont grandi, quelques souvenirs reviennent, les amitiés renaissent, les esprits s’apaisent. Ou pas puisque quelques événements étranges émergent, anecdotiques, simplement étranges, pas encore réellement inquiétants. Suivant le principe d’Edgar Allan Poe, Benson et Moorhead provoquent l’inconfort, le malaise à partir de trois fois rien : une balle propulsée disparaît, une corde se dressant vers les ténèbres, une photo, le bruit d’un arbre.

Si la majorité des faiseurs de films indé tentent de « bricoler » en usant du système D, les deux cinéastes parviennent ici à faire naître l’effroi de détails qui ne se donneraient même pas à voir habituellement. C’est dans ce domaine que réside le génie de ces artisans bien décidés à bousculer le spectateur, à le déstabiliser et à le placer, au niveau extradiégétique, dans la position de l’enrôlé involontaire dans une secte qu’il appréhende avec méfiance mais dont il ne peut véritablement se défaire tant certaines inexplicables évidences sautent à ses yeux. Piégé, le spectateur accompagne donc ses tortionnaires dans ce cauchemar éveillé d’autant plus inouï qu’il donne davantage de sens encore à leur première réalisation, Résolution, qui trouve un écho dans The Endless. Un écho lointain mais qui pousse à ré-envisager cette première pépite autrement.

Ce qui témoigne du travail abattu par Benson et Moorhead qui, avec minutie, ingéniosité, intelligence échafaudent un second OFNI aussi captivant que le premier sans pour autant tomber dans l’auto-référence outrancière ou la surenchère lynchienne. The Endless est tellement plus que ça. Un concentré de Cronenberg, de Carpenter, de Lovecraft. Une oeuvre qui hybride les genres pour toucher autant à la SF qu’à l’épouvante, au film de monstre, flirte avec le film d’auteur dans sa maîtrise du non-dit et du hors-champ. En un mot comme en mille, un chef-d’oeuvre...

Cinemag

> Feuilleter

Concours

Sondage