Critique de film

The Platform

"El Hoyo"
affiche du film
  • Genre : Science-fiction
  • Année de production : 2020
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Pays d'origine : Espagne
  • Durée : 1h34
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  • Bande annonce
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  • Récompenses :

Dans une prison-tour, une dalle transportant de la nourriture descend d'étage en étage, un système qui favorise les premiers servis et affame les derniers.

Les critiques à propos de ce film

Critique de The Plateform -
Par : Benoît Levenkron

Huis-clos presque carcéral, pouvant arguer d’une verticalité presque inédite et surprenante. El Hoyo de son titre original, se révèle tout au long de son visionnage être une œuvre sombre et particulièrement actuelle ; à la limite de l’avant-gardisme, schématisant avec brio l’évolution des relations sociales lorsque des choix vitaux doivent s’opérer.

D’aucuns pourraient trouver la péloche un tantinet bavarde, mais ces discussions quasi ininterrompues (dont le cinéma espagnol contemporain a finalement beaucoup de mal à se passer), apportent dans ce cas précis une vraie plus-value au message que le Basque a voulu faire passer. De plus, ce huis-clos étant interprété par un total de six acteurs de la même région d’Espagne, il est indéniable que dans le cas présent le réalisateur a décidé de faire fort et de nous lâcher les Basques... (pardon...). En effet, au-delà de l’égoïsme qui caractérise de plus en plus notre société, l’absence du respect de l’intérêt collectif au profit des libertés individuelles, le scénario inverse la situation et oblige le spectateur à se poser des questions fortes qui de plus, font l’actualité mondiale depuis quelques semaines.

Une des thématiques forte abordée dans El Hoyo, reste néanmoins le retour aux valeurs essentielles , comme l’entraide, le respect de l’autre et (là l’argument est un peu bateau, j’en conviens) : la surconsommation croissante qui nous renvoie au respect de l’intérêt collectif et voilà la boucle est bouclée.
Souvent malsain, parfois violent (ce qui justifie son interdiction au moins de 18 ans), mais toujours très juste tant dans son interprétation (private joke to Yannick Rosset, qui semble avoir parfaitement assimilé l’espagnol depuis l’helvétique Chimères d’Olivier Béguin) que dans BO, sa trame, puis sa conclusion somme toutes assez surprenante.

Il est évident que El Hoyo ne satisfera pas tous les spectateurs de par son rythme assez « poussif », mais plaira aux amateurs d’œuvres anxiogènes qui ont quelque chose à dire. Il est à préciser qu’il s’agissait d’un long-métrage programmé lors de feu l’édition du BIFFF 2020 et qu’à l’accoutumée il est de bon aloi de féliciter le bon goût des potes qui travaillent d’arrache-pied pour nous fournir chaque année une sélection éclectique et de qualité.

Disponible depuis le 20 mars en VOD sur la plate-forme Netflix et à regarder naturellement en VO.

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