Critique de film

The Predator

"The Predator"
affiche du film

Les pires prédateurs de l'univers sont maintenant plus forts et plus intelligents que jamais, ils se sont génétiquement perfectionnés grâce à l'ADN d'autres espèces. Quand un jeune garçon déclenche accidentellement leur retour sur Terre, seul un équipage hétéroclite d'anciens soldats et un professeur de science contestataire peuvent empêcher l’extinction de la race humaine.

Les critiques à propos de ce film

Critique de The Predator - Shame Black
Par : Samuel Tubez

Scénariste de buddy movies et de comédies d’action formidables (pour rappel : L’Arme fatale ou Last Action Hero) et interprète du mercenaire blagueur Hawkins dans le premier Predator, Shane Black a depuis prouvé un certain talent de metteur en scène avec, entre autres, les sympathiques Kiss Kiss Bang Bang et The Nice Guys. Mais était-il le meilleur choix pour relancer une franchise mise à mal depuis le premier Alien vs. Predator datant de 2004 ?

On y croyait à ce nouveau départ pour le célèbre chasseur intergalactique. On avait confiance en Shane Black pour nous offrir un divertissement bien badass comme il faut, d’autant plus que le film bénéficie d’une classification R. Après tout, son sens des punchlines et son amour pour les personnages « over the top » collaient bien au sujet. Sauf que le réalisateur d’Iron Man 3 n’a pas su modérer ses effets. Cynisme, incompréhension du matériau d’origine ou problèmes de production ? Un peu des trois mon colonel !

Quoiqu’on en dise, la patte Shane Black est présente dans The Predator. Les dialogues cools fusent (même si ils sont parfois lourdauds) et la plupart des personnages sont des barbouzes parias qui évoquent en filigrane le parcours même de Black à Hollywood. Malgré le fait qu’ils soient au final sous-exploités, ceux-ci insufflent une âme au film, ce qui faisait défaut aux deux vilains crossover avec le xénomorphe et même à l’insipide Predators.

Mais il ne faut pas oublier que The Predator est une (sacrée) commande en provenance de la Fox et celle-ci y a mis son grain de sel. Multiples reshoots, personnages écartés du montage et final changé (il devait se dérouler de jour, il se passe désormais de nuit), le film ressemble de fait à un patchwork accumulant nombre de pistes inexploitées et proposant un final lorgnant vers la franchise super héroïque. Attention les yeux : Predator se marvellise !

Mais ces problèmes de production n’excusent pas tout. Shane Black et le scénariste Fred Dekker (The Monster Squad, mais aussi…Robocop 3 !) n’ont pas su gérer l’humour du film. La plupart des personnages plaisantent sans cesse et partent à l’abattoir le sourire aux lèvres. Impossible de ressentir la moindre tension ou la moindre menace dans ces conditions, ce qui est tout de même un comble dans un film où la partie survival est centrale. Les trublions ne semblent pas avoir pris leur sujet au sérieux. Du coup, l’aura du Predator en prend un sérieux coup, on se fout complètement de l’histoire et les scènes d’action, même relevées de nombreuses giclées vermeilles, ne marquent jamais les esprits. Le jeu de massacre a beau être impitoyable et généreusement sanglant, Shane Black n’a jamais été tout à fait à l’aise avec les scènes d’action et cela se ressent ici grandement avec une action trop souvent inintelligible.

Beaucoup crient à la trahison, et ils ont en partie raison. Cependant, The Predator n’est certainement pas une purge. L’action y est soutenue et il faut surtout le prendre pour ce qu’il est : une série B généreuse et rythmée, pourvue de quelques franches bonnes idées (le champ de force du vaisseau) et bien bourrin comme il faut. Il faut tout simplement mettre son cerveau de côté, et il est alors possible de passer un bon moment, ou en tous cas de ne pas s’ennuyer.

Ceux qui gardaient en tête le chef d’œuvre de Mc Tiernan vont déchanter. The Predator fait preuve de cynisme et ne semble jamais prendre son sujet au sérieux. En guise d’un film d’action maîtrisé autant dans ses dialogues que dans sa gestion de la spatialité, Shane Black (et la Fox) offrent un bis du vendredi soir à mater entre potes avec une pizza bien grasse et quelques bières. Une vraie grosse déception, donc, et probablement le film le plus faible de Shane Black, mais certainement pas le pire film de la saga, n’en déplaisent aux puristes.


Cinemag

> Feuilleter

Concours

Sondage