Critique de film

Thelma

"Thelma"
affiche du film
  • Genre : Drame, Fantastique
  • Année de production : 2017
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Pays d'origine : Norvège, France, Danemark, Suède
  • Durée : 1h56
  • Musique : Ola Fløttum
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  • Bande annonce
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  • Récompenses :

Thelma, une jeune et timide étudiante, vient de quitter la maison de ses très dévots parents, située sur la côte ouest de la Norvège, pour aller étudier dans une université d’Oslo. Là, elle se sent irrésistiblement et secrètement attirée par la très belle Anja. Tout semble se passer plutôt bien mais elle fait un jour à la bibliothèque une crise d’épilepsie d’une violence inouïe. Peu à peu, Thelma se sent submergée par l’intensité de ses sentiments pour Anja, qu’elle n’ose avouer - pas même à elle-même, et devient la proie de crises de plus en plus fréquentes et paroxystiques. Il devient bientôt évident que ces attaques sont en réalité le symptôme de facultés surnaturelles et dangereuses. Thelma se retrouve alors confrontée à son passé, lourd des tragiques implications de ces pouvoirs...

Les critiques à propos de ce film

Critique de Thelma - Oslo, 1er septembre
Par : Damien Taymans

Thelma, une jeune et timide étudiante, quitte le bercail et ses parents un brin bigots pour s’en aller étudier à l’université d’Oslo. Mais cette solitude couplée à ses envies d’indépendance et de libération du Dieu qui arrête pas de scruter tous ses faits et gestes lui fait pousser des ailes et la jeune fille se met à rêver au corps effeuillé de la jolie Anja. Seulement, un obstacle de poids se dresse sur sa route, bien autre que la révélation de son lesbianisme à ses parents : de violentes crises épileptiques l’assaillent sitôt qu’elle se trouve en situation de stress. Le hic c’est que lesdites crises n’ont aucune explication physiologique et que Thelma semble de plus en plus capables d’influer sur les éléments qui l’entourent...

Reconnu à l’international grâce à un double passage remarqué au festival de Cannes (dans la catégorie "Un certain regard" pour Oslo, 31 août et en compétition avec Back Home), le réalisateur norvégien Joachim Trier persévère avec Thelma dans son exploration de la psyché torturée de ses personnages solitaires et perdus. Cette oeuvre cohérente s’imbrique parfaitement dans la filmographie de son auteur, revenu en zone de confort en regagnant ses terres natales, n’empêche pas Trier d’expérimenter quelque peu dans un flirt langoureux avec le fantastique. Après un détour vers les milieux médicaux et l’explication rationnelle mais inefficiente d’une potentielle crise psychogène non épileptique, Thelma intègre totalement les pouvoirs qui l’habitent, lesquels se révèlent aussi bénéfiques que létaux pour son entourage.

La Norvège, coincée entre traditionalisme avéré et progressisme forcé, est un arrière-plan parfait pour Trier qui utilise tous les décors - naturels ou non - pour sublimer ses plans, magnifier des séquences dépassant la simple exposition pour imposer une atmosphère de plus en plus inquiétante. Il en est ainsi de cette soirée d’opéra évoquant le Passion de Brian De Palma dont l’ombre plane de bout en bout tant Thelma possède des points communs avec son Carrie au bal du diable. Une filiation que l’on retrouve autant dans la découverte de la sexualité de cette héroïne en proie à ses instincts que dans la pression bondieusarde appliquée par le noyau familial.

C’est le tour prodigieux joué par Trier, parvenir à mêler une pluralité de genres, à composer en conservant des partitions dissemblables une oeuvre des plus harmonieuses. Une harmonie de fond et de forme, à la fois naturaliste et classieuse, ample et épurée, qui confère à Thelma un écrin sublime tout autant qu’une multiplicité de possibles narratifs.


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