Critique de film

Tigers Are Not Afraid

"Vuelven"
affiche du film
  • Genre : Fantastique, Drame, Horreur
  • Année de production : 2017
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Pays d'origine : Mexique
  • Durée : 1h23
  • Musique : Vince Pope
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  • Bande annonce
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  • Récompenses :

Après la mort de sa mère, Estrella trouve refuge auprès d'un groupe de cinq garçons également orphelins. Et lorsque le spectre de sa génitrice lui apparaît, la jeune fille se met à douter de sa santé mentale...

Les critiques à propos de ce film

Critique de Tigers are not Afraid - Le Labyrinthe du Diable
Par : Damien Taymans


Estrella n’est pas la plus veinarde. Sa maman chérie vient de disparaître mystérieusement, elle est entourée de fantômes qu’elle est la seule à voir et, pou couronner le tout, elle doit survivre dans un quartier mexicain dominé par le cartel spécialisé dans l’équarrissage organisé qui laisse derrière lui des orphelins par dizaines. Parmi ceux-ci, une petite bande résiste tant bien que mal en se cachant dans un abri de fortune. Ils vivent sur un toit, volent pour survivre et, manque de bol, ont mis la main sur un Iphone qui appartient à l’une des têtes pensantes du gang du coin. Autant dire que ces nouvelles fréquentations constituent pour Estrella sa meilleure chance de vivre... et de mourir...

Filmé à hauteur d’enfant, Tigers are not Afraid prend les atours d’un poignant drame social traité de manière documentaire avec sa caméra à l’épaule et ses plans de ruelles mexicaines délabrées. Mais, la réalisatrice Issa Lopez fait siens les fantasmes enfantins et confère à sa péloche la même puissance iconographique, fantasmagorique que celle des marmots qu’elle hisse au rang de héros. Les habituelles créatures féériques des contes merveilleux sont ici troquées par les tigres évoqués dans le titre de l’oeuvre. Des tigres qui feulent, luttent pour leur survie et surtout ne montrent aucun signe de peur. Ces brigades du Tigre ont leur égérie : la jeune Estrella (éblouissante Paola Lara) est en connexion avec cet autre monde, aussi merveilleux que morbide, qui lui a octroyé trois vœux lesquels sitôt formulés se réalisent mais impliquent leur lot de désespoir. Cet univers à la fois mystérieux et horrifique se matérialise par des flux de sang qui creusent des sillons autour de la jeune fille ou par les apparitions d’un tigre numérique à taille de peluche.

Se superposant à l’horreur de la situation sociale des quartiers, cette touche de surnaturel offre une résonance supplémentaire à l’oeuvre d’Issa Lopez. Les yeux de ces têtes brunes se substituent aux nôtres et nous plongeons dans cette bande luttant pour sa survie dans un monde hostile où les adultes, traditionnels éléments réconfortants, deviennent la principale source de danger. Ce mélange brillant des genres catapulte le métrage au rang de chef-d’oeuvre et lui offre une place parmi les parangons que constituent L’Echine du Diable ou Le Labyrinthe de Pan (tiens, deux films d’un célèbre Mexicain qui aurait été séduit par le film...), à telle enseigne que le récit entraîne le spectateur dans un dédale de ruelles où le Malin risque de surgir à chaque recoin. Tigers are not Afraid serait-il le Labyrinthe du Diable ?


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