Critique de film

Werewolf

"Wilkolak"
affiche du film
  • Genre : Drame, Horreur
  • Année de production : 2018
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Pays d'origine : Pologne, Pays-Bas, Allemagne
  • Durée : 1h28
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  • Bande annonce
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  • Récompenses :

Les enfants libérés d'un camp de concentration nazi doivent vaincre la faim, la soif et des chiens vicieux dans un manoir abandonné entouré de forêt.

Les critiques à propos de ce film

Critique de Werewolf - L’abominable réalité
Par : Quentin Meignant


Cinéaste qui s’était distingué par une flopée de courts et un long métrage voici près d’une décennie, le polonais Adrian Panek a éprouvé quelques difficultés à remettre le pied à l’étrier par l’entremise d’une série télévisée diffusée sur les chaînes nationales. C’est néanmoins l’année passée avec sa nouvelle création, Werewolf, qu’il s’est fait un nom, notamment en glanant la récompense nationale de meilleur réalisateur, suscitant dès lors l’attente auprès des spectateurs du BIFFF 2019, où le film a été projeté. Werewolf dépeint le triste sort de quelques adolescents sauvés des camps de concentration mais abandonnés par les soldats russes dans un manoir au milieu de la forêt. Sans eau ni électricité, ils meurent de faim tandis qu’une meute de chiens abandonnés par les nazis assiègent le lieu pour se nourrir de chair humaine.

Aborder Werewolf - dont le titre est trompeur - comme un film de genre serait une erreur monumentale car l’ensemble mis en place par Adrian Panek se résume à tout sauf à cela. Dépeignant d’entrée de jeu les horreurs de la guerre et des camps de concentration, le métrage donne d’emblée lieu à quelques scènes à la limite du supportable.

C’est néanmoins par la suite, notamment grâce à une solide mise en scène et à une qualité d’image hors du commun, que Werewolf devient une véritable pépite. S’attachant à la caractérisation impeccable de ses personnages, Patek parvient à détailler au mieux les séquelles laissées par les années de déportation. Chaque personnage est unique, touchant, déchirant d’émotion, faisant presque oublier la menace - pourtant très impressionnante - de la meute de chiens errants. A la fois froid et émouvant, l’ensemble est une recherche sur la souffrance humaine et sur la résilience qui se termine par une note d’humanisme insoupçonnée et touchante au possible.

Véritable claque, Werewolf dresse comme jamais cela n’avait été fait un portrait des survivants de l’une des plus grandes abominations de l’Histoire de l’humanité. Tout simplement parfait dans sa mise en forme, le film d’Adrian Panek l’est aussi et surtout quant à son sujet et le traitement qui lui est apporté. Un moment de cinéma exceptionnel.


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