Critique de film

Wolfen

"Wolfen"
affiche du film
  • Genre : Horreur – Animaux tueurs
  • Année de production : 1981
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Michael Wadleigh
  • Pays d'origine : USA
  • Durée : 1h55
  • Scénariste : David Eyre, Whitley Strieber (roman), Eric Roth, Michael Wadleigh
  • Musique : James Horner
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  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Albert Finney, Diane Venora, Edward James Olmos, Gregory Hines, Tom Noonan, Dick O'Neill, Dehl Berti, Peter Michael Goetz, Sam Gray, Ralph Bell, Max M. Brown, ...
  • Récompenses : Prix Spécial du Jury au Festival d'Avoriaz 1982
    Meilleur Montage Sonore au Motion Picture Sound Editors 1982

Au coeur de New-York, un PDG, sa femme et leur garde du corps sont retrouvés sauvagement assassinés. Sur leurs cadavres, des poils... Dewey Wilson mène l'enquête.

Les critiques à propos de ce film

Critique de Wolfen - Wadleigh l’esthète
Par : Quentin Meignant


Michael Wadleigh est sans doute l’un des réalisateurs les plus atypiques de sa génération. L’homme commença sa carrière en tant que directeur de la photographie en officiant sur les drames I call first et David Holzman’s Diary. Faisant étalage d’un génie certain de l’esthétique, Wadleigh ne tarde pas à se faire repérer par le monde de la musique pour qui il livrera, tant à la réalisation qu’à la photographie, bon nombre de chef-d’œuvres documentaires : Woodstock (1970), Janis (1974), Woodstock : The Lost Performances (1990) et Jimi Hendrix : Live at Woodstock (1999). Entre-temps, en 1981, Wadleigh signa son seul film non-documentaire, Wolfen, qui tranche carrément avec l’idéologie défendue d’habitude par le cinéaste. De l’irrévérence et l’anarchie vantée par l’époque rock dont il se fit messager, le réal proposa avec sa seule fiction une histoire de loup empreinte de mysticisme et de tradition. C’est dans ces conditions que l’insoumis inspecteur Dewey Wilson doit mener l’enquête sur une vague de meurtres violents ayant tous pour point commun la découverte de poils d’animaux. Maniaque ou animal sauvage, le meurtrier, tapi dans l’ombre attend son heure.

A la manière dont on présente un spectacle, Wadleigh entame son film avec force travellings et plans-séquences détaillant, dans un style léger et aérien, la ville de New York qui sera bien vite le théâtre d’étranges événements. Ces derniers, rendus au mieux par le cinéaste, arrivent à toute vitesse pour proposer d’emblée la scène d’anthologie du métrage. Afin de tirer le meilleur parti d’une mise en scène et d’un décor savamment étudiés, Wadleigh use d’une caméra subjective pour figurer efficacement l’entrée en scène de ce qui s’avère être un animal, sans doute un loup. A l’inverse d’autres œuvres qui dévoilent bien vite un loup-garou souvent ridicule esthétiquement parlant, Wadleigh garde pour lui le mystère de l’animal (et si c’était un bigorneau tueur ?) en utilisant une foule de plans-séquences saccadés et agrémentés de filtres translucides.

Le niveau de cette entame figure dès lors parfaitement la première partie d’une intrigue où la bête, et donc les plans-séquences, vont se multiplier à un rythme agréable, en alternance avec la présentation de l’enquêteur principal, campé par l’excellent Albert Finney qui n’est pas sans rappeler le sombre Inspecteur Harry incarné par Clint Eastwood, dix ans plus tôt. Malheureusement, cette forte personnalité va grappiller au fil du temps une aura plus grande, mettant sous l’éteignoir les éléments fantastiques du récit et, en particulier une créature que l’on eût espéré plus présente dans le final. Néanmoins, le mysticisme se développant au fur et à mesure de l’intrigue, la thématique finale abordée par Wadleigh paraît réellement novatrice. Sans pour autant être un modèle du genre, la séquence finale, assez intellectualiste et mystique, offre une belle justification à l’œuvre.

Le manque de rythme se faisant hélas sentir dans la deuxième partie avec, en point d’orgue, une clôture trop calme, Wolfen a du mal à s’ériger en véritable révolution du genre. Malgré cette déception, le film n’en demeure pas moins un bel exemple de réussite qui sort totalement des sentiers battus. Wadleigh aurait sans doute dû persévérer dans le fantastique plutôt que de rester enfermé dans le carcan documentariste.

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