Critique de film

Zombie

"Dawn of the dead "
affiche du film
  • Genre : Horreur - Morts-vivants
  • Année de production : 1978
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : George A. Romero
  • Pays d'origine : USA
  • Durée : 1h57
  • Budget : 1,5 millions de Dollars
  • Scénariste : George A. Romero
  • Musique : Goblin, Agostino Marangolo, Massimo Morante, Fabio Pignatelli,Claudio Simonetti
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  • Bande annonce
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  • Casting : David Emge, Ken Foree, Scott H. Reiniger, Gaylen Ross
  • Récompenses : Nomination au prix des meilleurs maquillages (Académie des films de science-fiction, fantastique et horreur 1980)
    Golden Screen (1980)

Des morts-vivants assoiffés de sang ont envahi la Terre et se nourrissent de ses habitants. Un groupe de survivants se réfugie dans un centre-commercial abandonné. Alors que la vie s'organise à l'intérieur, la situation empire à l'extérieur...

Les critiques à propos de ce film

Critique de Zombie - Les sommets du genre...
Par : Quentin Meignant

Voir un Romero pour un fan de films d’horreur est un peu comme visiter une exposition Van Gogh ou Da Vinci pour les amateurs de peinture, c’est un somptueux moment de découverte et de variation sur le même thème. C’est ainsi que le fameux Zombie, si cher à notre coeur peut être considéré comme la Joconde du cinéma horrifique, tant il émerveille par sa beauté graphique et ses multiples facettes.

C’est en 1978 que le réalisateur de génie décide de renouer avec les films de zombies, 10 ans après avoir marqué les esprits avec La nuit des Morts-vivants, aujourd’hui hissé au rang de film culte. Durant la période séparant ces deux films, Romero s’est essayé à des exercices périlleux mais de grande qualité avec, notamment à la clé, le magnifique Martin et La nuit des fous-vivants.

Quand il revient sur le thème des zombies, Romero jouit donc d’une notoriété et d’une réputation flatteuse censées lui ouvrir les portes des plus grands studios. Malheureusement pour lui, les sociétés de production se sont encore montrées bien avares avec une maigre enveloppe de 1,5 millions de Dollars. Certes, le budget est dix fois plus élevé que pour sa première oeuvre mais on peut affirmer que cela reste risible comparé aux sommes folles dont certains réalisateurs (bien moins talentueux) jouissent !

Malgré ce manque évident de moyens, Romero accepte le challenge et s’échine a rendre son film encore plus légendaire que La nuit des morts-vivants. Cette volonté est affichée dès l’entame du métrage qui nous plonge directement dans le grand bain.

Contrairement à ce qu’il avait fait précédemment, Romero ne nous laisse pas le temps de réagir : nous entrons dans un monde déjà plongé en plein chaos par l’invasion de milliers de zombies. Le monde entier est touché et la seule chose à faire pour ces lâches de survivants est de fuir.

Bien plus encore que dans La nuit des Morts-Vivants, Romero, véritable chroniqueur socialo-horrifique, dépeint une société américaine aux abois. Toute la structure de cette dernière est passée au crible à commencer par la vente d’armes et le racisme grandissant.

Nous assistons alors, impuissants spectateurs que nous sommes, à un déballement total de haines entre survivants. Tout la lâcheté et la médiocrité des hommes est décrite dans ses moindres détails. Tout y passe, du flic se prenant pour Rambo (version facho) aux excités de la gachette qui détruisent tout sur leur passage.

La critique sociologique ne s’arrête pas là, que du contraire ! Elle redouble même dans le centre commercial. Nous constatons que ces survivants, avant même de penser à se barricader complètement, pillent allègrement les magasins de luxe, se transformant en véritables promeneurs du dimanche ! Caviar et Whisky à volonté dans une société déjà post-apocalyptique, Romero est très fort et le prouve !

Cette dénonciation de la société de consommation, qui nous habitue aux produits de luxe et aux standards de la mode (manteau de vison, télévision dernier cri, radio,...), prend toujours plus de force au fil de l’oeuvre jusqu’à causer la perte de certains survivants ! Entre pillages de caisse (A quoi servent les billets dans ce chaos ? Vraiment trop bêtes ces humains !) et batailles rangées pour quelques biens mal acquis, Romero distille ses idées révolutionnaires à grands coups de gore !

En effet, bien au-delà de toutes ces considérations sociétaires, le film est une pure réussite ! Jamais, jusque-là, le gore n’était apparu aussi flamboyant ! Ce n’est d’ailleurs pas pour rien que cette écume sanglante se poursuivit lors de (trop) nombreuses suites non-officielles de l’oeuvre. Hormis Zombi 2, du grand maître Fulci, ces suites prouvent que Romero est le seul à savoir mettre en scène autant de tripes que de zombies !

Cette ode à l’horreur, cette symphonie du sang est tout simplement impressionnante et rien ne vient perturber les plans du réalisateur. Tout est parfait du début à la fin, tant au niveau des effets spéciaux que du maquillage. Ces derniers étaient sans doute le plus grand challenge de Romero : contrairement à ce qu’il avait fait dans La nuit des Morts-Vivants, il a ici mis le paquet et ces cadavres ambulants restent encore aujourd’hui les plus impressionnants du cinéma !

Pour le reste, Goblins (Les frissons de l’angoisse, Ténèbres, Le sang des innocents,...) signe une bande son d’une qualité incroyable. Le rock s’entremêle alors avec de douces mélodies et des effets sonores ahurissants pour former une ambiance horrifique somptueuse !

La perfection existe à n’en point douter et c’est à Romero que nous le devons ! Une oeuvre légendaire que toute personne normalement constituée DOIT avoir vue ! Bienvenue dans les sommets du genre !


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