Critique de film

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Dead and Breakfast

"Dead and Breakfast"
affiche du film

Sur le chemin d'un mariage, une bande d'amis s'arrêtent une nuit dans un Bed & Breakfast d'une petite ville. Le shérif local va suspecter le groupe après la mort particulièrement étrange du gérant. C'est alors que la panique s'installe quand les habitants, possédés par un esprit démoniaque, assiègent la résidence. Leur instant de détente se transforme alors en combat surnaturel sanglant à la mort.

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Trailer - Dead and breakfast (2003)
Par : Damien Taymans

Les critiques à propos de ce film

Dead and breakfast - Un délire total
Par : Damien Taymans

Jeune réalisateur, Leutwyler n’a pour l’instant signé qu’un seul film intitulé Road kill. Mais ce manque d’expérience ne le décourage pas le moins du monde et il s’attelle à ce Dead and breakfast avec beaucoup de minutie. Signalé comme étant le meilleur film indépendant de l’année, le métrage a remporté une flopée de prix dans des festivals importants du cinéma horrifique. Pourtant, tout semblait assez mal parti…

Un scénario très convenu qui tiendrait sur un ticket de métro, un manque cruel de moyens, un réalisateur inexpérimenté, on s’attend à un film de série B comme il en existe des milliers d’autres. Dès lors, dans le cinéma d’horreur, il n’y a pas 36 solutions : lorsqu’on ne peut pas effrayer par manque de moyens, quand on ne peut pas surprendre avec des fx impressionnants, la seule manière de sauver son film est de le prendre au second degré.

Dead and breakfast use et abuse de ce deuxième voire troisième ou quatrième degré. Mais il le fait par petites touches, ce qui ne donne pas au métrage cet air de parodie loufoque et foirée auxquelles nous avons eu droit cette dernière décennie. Des situations rocambolesques, des répliques rendues volontairement absurdes, des clichés du genre détournés : tous les ingrédients sont bons pour séduire le spectateur. Toutes les dix minutes, un rockeur (qui se transforme peu à peu en zombie) prend sa guitare et nous résume la situation sur des airs de country envolés, ce qui provoque notamment des danses sympathiques de la part des infectés… Avouez qu’il y a là matière sinon à rire au moins à sourire.

Le gore est également bien présent et les effusions sanguines ne sont pas rares. Leutwyler nous gratifie même de quelques scènes bien senties comme cette tronçonneuse rutilante qui décapite lentement l’un des zombies ou ce marteau qui a du mal à sortir du crâne d’une des infectées. Notons au passage l’excellente interprétation de Jeremy Sisto (May, Détour mortel) et de la plupart de ses comparses.

Forcément, devant une telle démonstration d’humour, le métrage ne parvient jamais à susciter la moindre peur (mais est-ce son but ?) et se veut quelque peu gauche dans sa mise en scène trop académique et peu risquée.

Malgré tout, Dead and breakfast reste une des bonnes surprises de ce cinéma horrifique qui s’en tire avec ce qu’il a : autrement dit, des tripes, du sang, de l’humour et de fameux testicules chez son réalisateur.


Critique de Dead ans breakfast - No country for the zombie
Par : Seb Lecocq

Humour potache et gore qui tâche, voilà l’alléchant programme de ce Dead and Breakfast. La comédie et le film d’horreur, et de zombies plus particulièrement, ont toujours fait bon ménage. On ne compte plus les classiques mêlant avec bonheur ces deux genres : Re-Animator, Braindead et Evil Dead 2 en sont les exemples les plus marquants. Certes Dead and Breakfast n’est pas de cette trempe mais il n’en demeure pas moins une sympathique petite série B sans prétention.

L’histoire est somme toute classique : une bande de jeunes citadins se perdent dans la cambrousse et décident de passer la nuit dans le Bed and Breakfast d’une petite ville qu’on imagine perdue au fin fond du sud des Etats-Unis. Et comme toute bonne petite ville du sud, elle est peuplée d’étranges personnages à la limite de la consanguinité. Le choc des cultures va vite se faire sentir surtout que dès l’arrivée de la bande, les morts vont s’amonceler dans la petite auberge. Rien de nouveau sous le soleil quoi.

L’originalité du film tient surtout dans ses parties « animées » et chantées. Chaque transition entre les séquences est synthétisée sous forme de case de bande dessinée retraçant une petite partie de l’action, ce qui accentue encore le coté comic book assumé du film. Loin de s’arrêter là, Leutwyler joue avec les codes propres au sud des States et intègre dans son montage et son histoire des passages racontés par une espèce de chanteur de country. A la manière d’un conteur, celui-ci nous donne des informations complémentaires sur les différents acteurs et leurs situations. Ce procédé avait déjà été utilisé dans le film IZO de Takashi Miike (un chef-d’œuvre absolu cela méritait d’être dit).

La première demi-heure du film est surtout centrée sur les personnages et fait place belle à l’humour. Un humour nonsensique et un peu gras dans la veine des films des fameux ZAZ. Les comédiens sont d’ailleurs très à l’aise dans ce registre, mention spéciale à Jeremy Sisto et Erik Palladino, leur bonne humeur fait plaisir à voir et ils n’hésitent pas à jouer à fond la carte du second degré. Mais après la comédie place à la violence. Et là non plus le film ne fait pas dans la dentelle. Tronçonneuse, cymbale, batte de base-ball, fusils à pompe, tout est bon pour faire gicler le sang et voler les têtes. Le maigre budget alloué par la production a été savamment dépensé et m’est d’avis que l’hémoglobine en a englouti une bonne partie. Elle se déverse par hectolitres et les personnages en sont vite couverts de la tête aux pieds. Les demoiselles d’ailleurs donnent de leur personne et n’hésitent pas à sortir les armes afin de dégommer un max de zombies. D’ailleurs la scène d’Ever Carradine tronçonnant à tout va fait figure de point d’orgue du film. Un grand moment.

Malheureusement tout le film n’est pas au diapason et l’ensemble pèche surtout par une mise en scène pataude et paresseuse qui ralentit l’action. La mise en image manque de folie, de ce petit truc en plus qui fait que le film reste dans les mémoires. Une réalisation survoltée aurait sans doute apporté ce petit plus à un concept de base déjà bien fendard. Le film n’est pas non plus un modèle de rythme et quelques longueurs pointent le bout de leur nez de ci de là, au détour de l’une ou l’autre scène…Bon rien de grave mais, malgré tout, cela handicape l’aspect global du film.

Vous l’aurez compris Dead and Breakfast n’égale pas ses glorieux modèles mais n’en demeure pas moins une honnête série B qui rend hommage au genre zombiesque.


Critique de Dead and breakfast - Une petite mise en bouche...
Par : Chroniqueurs

Par Dante

Au royaume de la série B cohabitent des chefs-d’oeuvre et les pires conneries. Dans laquelle de ces catégories se place Dead and breakfast ? Aucune des deux ma foi. Premier film d’un certain Matthew Leutwyler, un complet inconnu qui arrive à réaliser son film de genre grâce à la magie d’Hollywood. Ça fait rêver, c’est sûr, mais qu’est ce qui se cache derrière cette œuvre-ci ?

Tout d’abord elle commence comme la plupart des films de genre actuels : une bande de jeunes, paumés dans la nature (hostile bien entendu), échoue dans un village bizarre et arriéré. Pourtant, dès les premières images, le film s’écarte un tant soit peu des chemins battus avec un générique en dessin animé pas piqué des vers. On suit donc le périple d’une bande d’ados retardés qui se rendent à un mariage, mais le second degré fait immédiatement son apparition, les personnages sont présentés comme des parfaites caricatures des stéréotypes de genre. La bimbo, le débile, l’intelligent, le cool, etc… Les villageois également sont des caricatures ambulantes, du flic fumiste au fermier attardé en passant par la laideronne un peu colleuse. Le film s’annonce donc immédiatement dans le second degré, faute de mieux, on suit avec un sourire en coin.

L’histoire met un peu de temps à se mettre en place, mais le réalisateur jongle habilement entre l’humour gras et le gore qui tache (cf. la scène du déjeuner). Puis l’histoire s’accélère, avec l’arrivée du mystérieux et ténébreux héros qui sait tout mieux que tout le monde. La scène du bar prend alors des aspects d’Evil Dead 2, misant sur du gros gore qui fait plus rire que peur, on ne nous épargne aucun détail et l’on s’entretue avec tout ce qu’on trouve. Le manque de moyens évident est donc tout de suite rattrapé par le second degré et l’autodérision dont le film fait preuve. Suivant un scénario un peu faiblard il faut le dire, on assiste à une suite de scènes où on continue de mélanger ces deux ingrédients. Les survivants s’enferment dans l’hôtel et subissent l’assaut des zombies. On alterne alors les scènes très violentes, la mythique tronçonneuse (sortis du même Evil Dead) dans l’escalier, avec des scènes délirantes, comme la danse des zombies. Vous l’aurez compris le film suit le schéma rôdé du film horrifico-comique, dans la lignée de Severance et de Shaun of the dead.

Malgré son affiliation certaine avec de tels films et des clins d’œil marqués à la saga de Sam Raimi ou à d’autres films de zombies, Leutwyler se permet quelques originalités, notamment les interventions de la narration, chantées par un groupe country et illustrées par des dessins. Très originale, et vraiment plaisante, cette ponctuation donne au film un peu plus de force. Côté casting, à part les parfaits inconnus recrutés pour leur gueule, on retrouve Jeremy « May » Sisto et la guest star ici campé par un David Carradine fugace mais bien présent.

Malgré le mélange bien rôdé du second degré et du gore, on sent que le film et le scénario auraient pu se pencher vers un côté plus premier degré et garder un développement loufoque à la Evil Dead 3. Malgré ce manque d’équilibre, Dead and breakfast est un film de série B sympathique, qui réserve de bonnes tranches de rire. Mais auquel il manque le petit truc pour en faire une œuvre culte, rageant puisqu’on en sent le potentiel durant tout le film. Un réalisateur à suivre en tout cas.


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