Critique de film

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Délivrance

"Deliverance"
affiche du film
  • Année de production : 1972
  • Réalisateurs : John Boorman
  • Scénaristes : James Dickey
  • Acteurs : Jon Voight, Burt Reynolds, Ned Beatty, Ronny Cox, Ed Ramey
  • Musique : Arthur Smith
  • Genre : Survival
  • Pays d'origine : Etats-Unis
  • Durée : 1h49
  • Budget : 2 millions de dollars
  • [
  • Bande annonce
  • ]
  • Programmation Cinebel
  • Récompenses : Nominé pour l'Oscar du meilleur réalisateur (John Boorman) en 1973 Nominé pour l'Oscar du meilleur montage en 1973 Nominé pour l'Oscar de la meilleure photographie en 1973 Nominé pour le Golden Globe du meilleur réalisateur en 1973 Nominé pour le Golden Globe du meilleur film en 1973 Nominé pour le Golden Globe du meilleur acteur en 1973 Nominé pour le Golden Globe de la meilleure musique en 1973 Nominé pour le Golden Globe du meilleur scénario en 1973

Quatre Américains de classe moyenne, Ed Gentry, Lewis Medlock, Bobby Trippe et Drew Ballinger décident de consacrer leur week-end à la descente en canöe d'une impétueuse rivière située au nord de la Géorgie. Ils envisagent cette expédition comme un dernier hommage à une nature sauvage et condamnée par la construction d'un futur barrage. Mais les dangers qu'ils affronteront ne proviendront pas uniquement des flots tumultueux de la rivière...

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Trailer - Délivrance (1972)
Par : Damien Taymans

Les critiques à propos de ce film

Critique de Délivrance - Délivrez-nous du mal...
Par : Gore Sliclez

Quatre hommes décident de descendre en kayak la Cahulawassee River juste avant que celle-ci ne devienne un lac après la construction d’un barrage gigantesque. Au cours de leur expédition, deux d’entre eux croisent des locaux qui vont violer et humilier l’un de nos aventuriers en herbe. Commence alors une lutte pour survivre dans un milieu inhospitalier et des habitants menaçants tout autant que sanguinaires.

Avant 1972, le cinéma de John Boorman regroupait plutôt des comédies et des drames classiques. D’une certaine façon, il aborde déjà avec Hell in the Pacific (1968), le survival avec ses deux héros échoués sur une île du Pacifique en pleine guerre mondiale obligés de s’entraider pour survivre et échapper aux recherches des soldats japonais. Alors, quand il décide d’adapter le roman de James Dickey en 1972, il se remet au travail pour nous offrir LE survival ultime, toujours référence du genre près de 35 ans plus tard. Une œuvre dense, riche qui se veut un kaléidoscope de la société américaine, un constat des années 70 à travers des messages clairement objectivés comme la mainmise technologique de l’homme sur l’environnement, les dérives de notre société de consommation, l’antagonisme des classes rurales face au développement culturel et économique des populations des grandes villes ou encore la vision nietzschéenne d’un Lewis, meneur de la bande pour qui tout le monde « doit apprendre à survivre ».

Quand nos quatre joyeux drilles, citadins par excellence, prennent contact avec une des populations reculées dans la nature sauvage de Géorgie, ils se retrouvent face-à-face avec des habitants issus d’un misérabilisme social et économique autant que culturel. Benêts, crétins voire rejetons consanguins, deux mondes s’opposent et le malaise est réel. D’une condescendance tout urbaine, Bobby se moque ouvertement mais derrière le regard débile de ces pauvres âmes subsiste la conscience de leur état. Quand un petit vieux lance effrontément à l’adresse d’un des quatre « vous êtes un ignorant », il y a forcément quelque chose de dérangeant et d’humiliant. Et quand un de ces enfants mongoloïdes démontre une virtuosité impressionnante avec son banjo dans un duel musical historique il y a là aussi quelque chose de poignant et d’interpelant. Boorman entretient à merveille une atmosphère lourde, inquiétante et annonciatrice qui captive le spectateur dès les premières minutes.

Le paysage est superbe et le film devient véritablement ode à la nature dès que les quatre amis se lancent dans la descente de la rivière. L’intrépide Lewis (Burt Reynolds), le sage Ed (John Voight), le joufflu Bobby (Ned Beatty) et l’artiste objecteur de conscience Drew (Ronnie Cox), une équipée insolite pour une aventure difficile. « Il faut parfois se perdre avant de trouver quelque chose » lance, insouciant, Lewis personnage à la Jack London, instinctif et animal à son ami Ed engoncé quant à lui dans ses certitudes et son train-train social sans surprise. Et puis le drame survient. Bobby se fait violer et terriblement humilier dans sa personne, sa condition humaine. Une scène choc, révoltante qui plonge définitivement le film dans l’horreur et le cauchemar, le survival dans ce qu’il a de plus primal, manichéen et simple.
Les pleurs d’Ed (devenu par la force des évènements une bête de combat) à la fin ne mentent d’ailleurs pas…

Certaines scènes du film ont vieilli (notamment celle de l’ascension de la montagne), la dernière partie est un peu trop longue mais le film garde au final son intensité et sa force émotionnelle. Un film qui allait influencer plusieurs générations de réals, en particulier dans le cinéma horrifique, grâce à sa gestion subtile de l’angoisse et sa mise en scène magistrale, pudique tout en étant violente. Un paradoxe que l’on remarque d’ailleurs dans la scène du viol filmé tout en suggestion et contre-champ. Devenu référence, Délivrance est une œuvre virile, sauvage qui vous remue et ne vous laissera jamais indifférent.

Critique de Délivrance - Dérives humaines
Par : Quentin Meignant

Adaptation du roman éponyme de James Dickey (qui fut sacré comme l’un des 100 meilleurs romans du XXème siècle par le New York Times), Délivrance est un film totalement symptomatique du cinéma e John Boorman (Forêt d’Emeraude) , cinéaste légendaire. Ne répugnant pas à mettre en scène des films d’aventures dépeignant les relations entre l’homme et la nature, le réal signe avec Délivrance son meilleur film, un classique encore dans toutes les mémoires. Ed Gentry, Lewis Medlock, Bobby Trippe et Drew Ballinger décident de descendre la rivière Cahulawassee juste avant que celle-ci ne devienne un lac après la construction d’un barrage gigantesque. Leur parcours croise hélas celui de deux autochtones particulièrement violents et pervers qui vont gâcher leur aventure mais aussi leurs vies. Une lutte pour la survie s’engage, rien de plus difficile en ces terres inhospitalières.

Considéré comme un excellent film d’aventures par le grand public, Délivrance revêt dès les premières secondes un aspect fort différent des bandes traditionnelles. En effet, alors que Boorman aurait pu livrer une intrigue pleine d’entrain et d’action, il préfère tout d’abord donner dans la fable écologiste, mettant en avant les rapports entre l’homme et son environnement et les entraves que le premier fait subir au second. Mieux encore, le cinéaste s’attèle à dépeindre de manière légère (et pourtant poignante) le clivage entre humains de conditions différentes. Dans une séquence musicale émouvante à souhait, Boorman tire déjà la quintessence de son intrigue avant même que l’action ait véritablement débuté.

Cette action rythmée interviendra seulement plus tard avec l’entame de l’aventure proprement dite, c’est-à-dire la descente du Cahulawassee. La mise en avant des dangers naturels et de la beauté des décors détourne alors totalement le spectateur d’une seconde partie cauchemardesque, tranchant totalement avec une entame assez courtoise. Après une séquence de viol filmée avec froideur et avilissant totalement héros et antihéros, Boorman continue comme si de rien n’était sa « promenade de santé », parsemant çà et là l’œuvre de moments d’angoisse. Dès lors, même si le rythme n’atteint pas des sommets, l’aventure de nos survivants se laisse suivre jusqu’à un final légèrement tiré en longueur.

Doté d’une vision volontairement pessimiste de la nature humaine, Délivrance, en plus d’être un film d’aventures agréable, est aussi une œuvre extrêmement poignante. Jamais en manque d’inspiration, Boorman sera parvenu de bout en bout à captiver malgré le classicisme du sujet de départ. Un grand moment de cinéma.

Commentaires sur le film

delivrence

5 etoiles

coups de coeurCoup de coeur !

je voudrais la partition pour violon svp alors donnez la moi des que vous pouvez merci d’avance.

9 juin 2009 à 16:06 | Par  ??????????

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