Critique de film

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Le Dernier des Templiers

"Season of the Witch"
affiche du film

Au 14ème siècle, un chevalier est chargé de retrouver une sorcière suspectée d'être à l'origine d'une malédiction. Il doit la mener à un monastère où elle sera exorcisée...

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Trailer - Le dernier des Templiers (2010)
Par : Damien Taymans

Les critiques à propos de ce film

Critique de Le dernier des Templiers - Season of the bitch
Par : Fred Pizzoferrato

Très mal accueilli par la plupart des critiques, Le dernier des Templiers débute, en effet, de la pire des manières par une succession de batailles mal branlées réalisées à l’aide de piètres effets infographiques. Une séquence, apparemment, hâtivement plaquée par des producteurs souhaitant en donner pour leur argent à des spectateurs supposés plus intéressés par le grand spectacle pyrotechnique, fut il poussif, que la destinée des héros. Rien d’original dans cette entrée en matière peu convaincante mais, par la suite, Le dernier des Templiers se révèle, heureusement, nettement plus divertissant et plaisant, quoique toujours prêt à sombrer dans le ridicule et le comique involontaire.

L’intrigue, située dans un Moyen-âge sombre et menaçant, suit les pas de deux chevaliers revenus des croisades, Behmen et Felson (respectivement incarnés par Nicolas Cage et Ron Perlman) désillusionnés par les sanglantes batailles menées au nom de Dieu. Les chevaliers en pleine crise de foi se voient chargé de convoyer une jeune fille accusée de sorcellerie vers un monastère afin que les moines puissent évaluer la pertinence de l’accusation et décider de son sort. Soupçonnée de répandre la peste de part sa seule existence, la pauvresse s’imagine déjà brûler sur le bûcher mais Behmen insiste pour lui offrir un procès équitable. La route jusqu’au monastère sera longue et semée d’embuches…

Schizophrène, Le dernier des Templiers se montre, durant sa première heure, plutôt critique envers le catholicisme et l’Eglise, le personnage joué par Nicolas Cage (alternativement concerné et à côté de la plaque, comme souvent ces derniers temps) n’étant guère crédule vis-à-vis des superstitions véhiculées par les autorités ecclésiastiques afin d’entretenir la peur et l’obscurantisme. La traversée d’une nature hostile tient donc du pèlerinage pour ces chevaliers bientôt confronté à de véritables manifestations démoniaques. En contradiction complète avec le « message » initial, le derniers tiers du métrage s’avère, en effet, extrêmement divertissant et révèle que la frêle demoiselle en détresse est bel et bien… une sorcière possédée par le démon. Ce-dernier se révèle d’ailleurs dans toute sa magnificence en dépit d’effets spéciaux un peu ringards mais tout à fait sympathiques. Logiquement, une fois l’existence du Diable établie, Le dernier des Templiers oublie la critique de l’Eglise et de l’inquisition pour prendre le parti de la hiérarchie catholique et donner raison aux hordes de curés carbonisant les sorcières. Réjouissant et inattendu, d’autant que cette confrontation avec le Mal va rendre à nos héros leur foi vacillante et leur permettre de triompher du démon au terme d’un exorcisme spectaculaire mais qui frôle souvent le nanar.

Ce grand prosélytisme permet toutefois une suite de scènes divertissantes, en particulier l’attaque d’une troupe de moines zombifiés, semblables à des ninjas, venus combattre nos chevaliers du Christ. Les autres adversaires rencontrés comprennent une meute de loups féroces et le passage difficile d’un pont menaçant de s’effondrer mais seul ce climax final se montre véritablement mémorable en offrant une illustration littérale de l’expression « l’enfer se déchaîne ».
Au niveau de l’interprétation, Nicolas Cage et Ron Perlman restent globalement convaincants même si, dans certaines scènes un peu ridicules, les acteurs font leur possibles pour sauver les meubles sans toujours y parvenir, peu aidés par des dialogues rarement transcendants et quelques traits d’humour piteux. Le plaisir de retrouver ces vieux briscards éclipse toutefois les réserves que l’on pourrait formuler et leur présence est pour beaucoup dans le plaisir ressenti devant ce Dernier des Templiers. Notons encore la présence, dans le rôle d’un cardinal, du légendaire Christopher Lee venu effectuer une brève apparition en forme d’hommage au fantastique classique.

La mise en scène de Dominic Sena (dont l’unique titre de gloire reste l’actioner 60 secondes chrono) assure, pour sa part, l’essentiel et donne vie à un Moyen-âge relativement crédible même si l’exactitude historique s’efface au profit de l’image d’Epinal. Les scènes d’action sont, elles, filmées avec savoir faire et le budget relativement confortable (40 millions de dollars quand même !) permet de jolis décors même si Sena n’évite pas un côté bricolé et un peu cheap dans les passages voulus épiques et grandioses. Ce qui, pour les amateurs, confère au métrage un aspect rétro et « old school » finalement plus agréable que déplaisant.

Spectacle pro-catholique assumé et jouissif dans ses excès de bondieuserie revendiquée, Le dernier des Templiers s’inscrit, modestement, dans une tradition allant du Nom de la rose à Black death en passant par La chair et le sang. Beaucoup moins ambitieux (et réussi) que les métrages précités, le film de Sena reste néanmoins un spectacle délassant qui ne laisse guère place à l’ennui. Son aspect rétro et modeste s’avère, en outre, rafraichissant en ces temps de série B boursouflées et sa durée adéquate (une heure et demie et basta) en font un divertissement tout à fait fréquentable.

Loin du chef d’œuvre, Le dernier des Templiers vaut bien mieux que sa piteuse réputation et devrait plaira aux amateurs de séries B généreuses et bien torchées, ce qui, à l’heure actuelle, n’est déjà pas si mal.


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