Critique de film

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Dhogs

"Dhogs"
affiche du film

Le film connecte six histoires parallèles qui gravitent autour de différents personnages : une belle femme, un homme avec une vie sombre, un chauffeur de taxi et un senior ex-militaire.

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Trailer - Dhogs (2017)
Par : Damien Taymans

Les critiques à propos de ce film

Critique de Dhogs - Entre chien et loup
Par : Damien Taymans
Tags : BIFFF 2018

Drôle d’objet filmique que ce Dhogs, première oeuvre d’Andrès Goteira qui l’a réalisée et scénarisée. Marginale, la bande se pose d’abord comme un drame lambda avant d’effectuer un volte-face vers des genres plus poisseux, à la lisière d’un rape and revenge ou d’un survival façon Délivrance. Pourtant, plutôt que de jouer la carte de la référence à d’illustres aînés, Goteira privilégie une vision personnelle de ce que l’humanité possède de plus vil, de plus abject, rabaissant d’homo sapiens à ses instincts animaux les plus primaires.

C’est d’ailleurs ainsi qu’il faut analyser ce titre en forme de mot-valise, contraction de "dogs" (le chien servile et obéissant, fidèle parmi les fidèles) et de "hogs" (le porc sale et dépravé) : pour preuve, les créatures mises en lumière sont de bien curieux animaux prisonniers de leurs propres instincts ou de ceux de leurs coreligionnaires. Du businessman à l’employé de la station-service, du chauffeur de taxi à la jeune femme accoudée au bar, tous sont réduits à leur état bestial, à des morceaux de chair dont les galimatias s’étoilent rapidement pour ne laisser place qu’à une suite de rapports sexuels consentants ou non et de destructions de l’autre.

Désireux d’explorer tel un scientifique dans un laboratoire les destins de sa galerie de personnages, le réalisateur galicien multiplie les points de vue et déplace sa faune d’un endroit à un autre pour observer l’acclimatation dans ces différents décors. Malin, il évite l’écueil du voyeurisme en composant un rempart entre son assistance et son oeuvre, plaçant chacune de ses séquences face à un public complaisant qui commente et applaudit dans une obscurité totale avant de prendre un nouveau contre-pied lors de l’acte final.

Dhogs est une oeuvre déroutante et percutante qui renvoie autant au cinéma de Michael Haneke qu’à celui de John Boorman tout en conservant son style propre. Sans concession, la pellicule de Goteira s’acharne à reproduire la violence dans toute une série de lieux à la manière d’un jeu vidéo dans lequel les héros découvrent drame et tragédie dans chaque nouveau tableau.


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