Critique de film

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District 9

"District 9"
affiche du film

Il y a trente ans, des extraterrestres entrèrent en contact avec la Terre... Les humains avaient tout imaginé, sauf ce qui se produisit. Les extraterrestres n'étaient venus ni nous attaquer, ni nous offrir un savoir supérieur. Ces visiteurs d'au-delà des étoiles étaient des réfugiés, les derniers survivants de leur monde. Ils furent temporairement installés dans le District 9, en Afrique du Sud, pendant que les nations du monde se querellaient pour savoir quoi en faire... Depuis, la gestion de la situation a été transférée à la MNU (Multi-National United), une société privée qui n'a pas grand-chose à faire du sort de ces créatures, mais qui fera d'énormes bénéfices si elle arrive à faire fonctionner leur extraordinaire armement. Jusqu'à présent, toutes les tentatives ont échoué : pour que les armes marchent, il faut de l'ADN extraterrestre. La tension entre extraterrestres et humains atteint son maximum lorsqu'un agent de terrain du MNU, Wikus van der Merwe, contracte un mystérieux virus qui se met à modifier son ADN. Wikus est à présent l'homme le plus recherché de la planète, celui qui vaut plus qu'une fortune : il est la clé qui permettra de percer le secret de la technologie alien. Repoussé, isolé, sans aide ni amis, il ne lui reste qu'un seul endroit où se cacher : le District 9...

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Les critiques à propos de ce film

Critique de District 9 - Illegal aliens
Par : Ursula Von Trash

Ca y est, les Aliens débarquent encore sur Terre (c’est à croire qu’il n’y a que notre planète dans l’univers). Pour une fois, ils ne jettent pas l’ancre à Washington, New-York ou Los Angeles, mais à Johannesburg (l’ethnocentrisme américain a vécu). Nouveauté, ils ne viennent pas pour attaquer mais tombent en panne. Réaction, les humains ne leur font pas la guerre (comme d’habitude) mais les parquent dans des camps de fortune. Neill Blomkamp, réal de pub (les voitures transformées en robots dansant, c’est lui), auteur du remarqué court métrage, Alive in Joburg (qui préfigure les thématiques de District 9) déboule, avec son premier long produit par Peter Jackson, dans la cour des grands.

Depuis une vingtaine d’années, un immense vaisseau spatial est en rade au dessus de la ville sud africaine. Les Aliens, malades, affamés ont été parqués dans des townships où la misère, la violence et le racisme font rage. Plutôt que de faire un film de SF classique, Blomkamp opte pour la forme narrative à la mode : le documentaire (Rec, Cloverfield…). Reportages télé, interviews de spécialistes ès Extra-terrestre, témoignages d’humains excédés, tout concourt à « réaliser » la situation inédite qui nous est contée.

Les « crevettes » (surnom donné aux créatures), devenues des immigrés trop encombrants, le gouvernement décide de les déplacer vers un autre camp (quitte à en liquider quelques uns au passage) et de mettre la main sur leur armement surpuissant mais encore inutilisable (seule une main Alien peut les déclencher). La caméra suit cette intervention musclée, commandée par un technocrate blanc, Wikus Van der Merwe (sonorité hollandaise en écho aux créateurs de l’Apartheid, les Afrikaners). Mais exposé à une substance étrange et semble-t-il très précieuse pour les crevettes, l’ADN de Wikus mute. Sa métamorphose le propulse au rang d’ennemi et il découvre alors le sort misérable des réfugiés, ostracisés tout autant par les blancs que par les noirs sud africains. Métaphore des inégalités raciales qui ont rongées ce pays au XXe siècle, mais aussi du racisme dont sont victimes les noirs réfugiés des pays limitrophes, District 9 se veut une fable politique, une allégorie de l’aveuglement humain face à l’inconnu, et un excellent film de science-fiction.

Clins d’œil hommage à Cronenberg (les mutations physiques rappellent celles de Brundle dans La Mouche) ou à Verhoeven (le fascisme des humains face aux créatures insectoïdes de Starship Troopers), singularité de l’utilisation du film de genre dans la dénonciation d’une barbarie, maîtrise des scènes d’action (digne d’un McTiernan en forme), Blomkamp livre un film pétri de réflexions contemporaines en rendant ses lettres de noblesse à un cinéma trop souvent riche en effets spéciaux et indigent dans le fond. Il parvient même à nous attendrir sur le sort d’un enfant « crevette », vulnérable et attachant. Seul bémol, l’incapacité de tenir sur la longueur le choix scénaristique du documentaire, le métrage redevenant un film « classique » après une grosse demi-heure. Mais cette modification du cahier des charges en cours de route n’entame en rien l’immersion du spectateur, pris dans une course poursuite brillante.

Si vous voulez du ciné avec un cerveau, des tripes et un cœur, District 9 est LE film à voir. Le dernier plan du film laisse même augurer d’un potentiel deuxième opus et pour une fois c’est avec un plaisir non dissimulé qu’on guettera la suite des aventures de Wikus et de ses congénères.


Critique de District 9 - Welcome on earth
Par : Samuel Tubez

En 2009, les amateurs de SF ont été gâtés avec, entre autres, les membres de l’Enterprise qui ont faits leur reboot, Terminator Renaissance qui nous a plongé dans l’après-guerre cybernétique, les Watchmen qui ont éblouis nos mirettes et les Transformers qui nous ont emmerdés une seconde fois. Mais les fans du genre ne sont pas dupes et savent parfaitement que quantité ne rime pas systématiquement avec qualité. Heureusement, District 9 sort sur nos écrans et va mettre (presque) tout le monde d’accord.

Prolongation du court métrage Alive in Joburg, District 9 nous emmène à Johannesburg où, il y a plus de vingt ans, les extra-terrestres ont arrêtés leur vaisseau. Affaiblis, ceux-ci furent installés dans le District 9, une zone délabrée bientôt transformée en véritable bidonville. Depuis, la situation est gérée par le MNU (Multi-National United), une société privée dont le seul but est de parvenir à maîtriser l’extraordinaire technologie (et notamment en matière d’armement) des aliens. Mais tout va bientôt basculer par le biais d’un certain Wikus van der Merwe, un agent de terrain dont la mission consiste à évacuer les « crevettes » (surnom dévalorisant donné aux E.T.) du District 9…

Après avoir dû abandonner l’adaptation du célèbre jeu vidéo Halo, Neill Blomkamp, solidement soutenu par Peter Jackson et sa compagne Fran Walsh, s’est logiquement tourné vers la mise en chantier de District 9, version gonflée d’Alive in Joburg. Producteur du court métrage, Sharlto Copley obtient ici le rôle de Wikus van der Merwe, un pur anti-héros de série B qui acquiert au fil du récit une aura de plus en plus attachante. D’abord petit crétin chassant les extra-terrestres de leur domicile sans l’ombre d’un scrupule, l’homme va devenir suite à un malencontreux accident le cobaye de ses employés pour finir dans le camp des aliens où il se fera un allié. Un parcours incroyable, bénéficiant d’une mise en scène énergique et fluide parsemée d’images diverses (prises de vue télévisuelles, documentaire, caméras de surveillance, etc.) qui s’enchaînent dans un rythme absolument trépidant. Peu à peu le style documentaire et la métaphore évidente sur l’apartheid (Neill Blomkamp, originaire d’Afrique du Sud, ayant assisté à sa chute alors qu’il n’avait que 14 ans) fait place à de la grande série B bourrine et jouissive jusqu’à ce final sensationnel où les corps de soldats humains éclatent littéralement (car oui, le film n’est pas chiche en effusions de sang) sous les assauts d’un mécha armé jusqu’aux dents. Pour une fois, le buzz n’est pas démystifié : en mêlant habilement réalité et science-fiction, District 9 possède bel et bien tout ce que l’on attend d’une grande série B de SF en offrant une dose plus que bienvenue de fraîcheur et de virtuosité. On réfléchit, on rit (un peu), on jubile (beaucoup) et au final on est même touché et tout ça, sans voir le temps passer. Mieux encore, on en redemande ! Vivement la suite !

A l’heure des innombrables suites et remakes/reboot inondant sans cesse nos écrans, District 9 fait preuve d’une fraîcheur inouïe et s’impose comme l’un des meilleurs films de science-fiction vu depuis des lustres, faisant de Neill Blomkamp un réalisateur à suivre de très près. Tout bonnement mon-stru-eux !


Critique de District 9 - Apartheid métaphorique
Par : Quentin Meignant

Réalisateur d’origine sud-africaine, Neill Blomkamp s’est distingué aux yeux des producteurs grâce à divers travaux sur quelques pubs bien cotées (notamment celle de Citroën s’inspirant de Transformers) et autres clips ainsi qu’avec son court-métrage SF Alive in Joburg... Il n’en fallait pas plus pour que les financiers hollywoodiens l’installent à la tête du méga-projet d’adaptation cinématographique du chef-d’œuvre vidéoludique Halo. Pour de sombres raisons budgétaires, le projet est abandonné, ce qui énerve profondément Peter Jackson qui voit en Blomkamp une possible relève, ce qui n’est pas peu dire. Après avoir co-réalisé avec le Sud-Africain le court Crossing the Line, Jackson décide de produire District, basé sur une idée originale de Blomkamp lui-même. Il y a trente ans, des extraterrestres entrèrent en contact avec la Terre... Les humains avaient tout imaginé, sauf ce qui se produisit. Les extraterrestres n’étaient venus ni nous attaquer, ni nous offrir un savoir supérieur. Ces visiteurs d’au-delà des étoiles étaient des réfugiés, les derniers survivants de leur monde. Ils furent temporairement installés dans le District 9, en Afrique du Sud, pendant que les nations du monde se querellaient pour savoir quoi en faire... Depuis, la gestion de la situation a été transférée à la MNU (Multi-National United), une société privée qui n’a pas grand-chose à faire du sort de ces créatures, mais qui fera d’énormes bénéfices si elle arrive à faire fonctionner leur extraordinaire armement. Jusqu’à présent, toutes les tentatives ont échoué : pour que les armes marchent, il faut de l’ADN extraterrestre. La tension entre extraterrestres et humains atteint son maximum lorsqu’un agent de terrain du MNU, Wikus van der Merwe, contracte un mystérieux virus qui se met à modifier son ADN. Wikus est à présent l’homme le plus recherché de la planète, celui qui vaut plus qu’une fortune : il est la clé qui permettra de percer le secret de la technologie alien. Repoussé, isolé, sans aide ni amis, il ne lui reste qu’un seul endroit où se cacher : le District 9...

Avec un pitch résolument original s’éloignant totalement des habituelles invasions belliqueuses venues d’ailleurs, District 9 se pose d’emblée comme un véritable ovni, à l’image de la photographie déployées dès l’entame, laissant entrevoir le vaisseau extraterrestre stagnant au dessus de la ville de Johannesbourg. Cette originalité dans le traitement du thème se traduit dès lors bien vite dans les faits, les aliens, particulièrement repoussants, font office de population victime, tandis que les êtres humains paraissent viscéralement détestables, accrochés qu’ils sont à leurs valeurs et richesses.

Le génie de cette mise en situation particulière réside dans le fait que District 9 est avant une métaphore de l’apartheid, toujours bien présent dans l’inconscient collectif en Afrique du Sud. Avec, d’un côté, les extraterrestres, symbolisant la misère et le désarroi du peuple autochtone, et de l’autre, les êtres humains, colonisant les terres jadis cédées et déportant à tour de bras les victimes d’un système social et politique, le métrage de Neill Blomkamp se veut particulièrement intelligent de bout en bout. Dès lors, les facéties du héros principal, incarné à merveille par le néophyte Sharlto Copley, instillent à l’œuvre la dose de légèreté suffisante à l’ensemble pour qu’il ne devienne pas sentencieux et moralisateur.

Bénéficiant de plus d’un style reportage, l’ancrant donc parfaitement dans l’effet de mode actuel, District 9 est une des œuvres science-fictionnelles les plus incontournables de ces dernières années. Intelligent à tout point de vue, Neill Blomkamp a su réunir tout les éléments pour proposer un spectacle de haut vol s’assimilant à un chef-d’œuvre inclassable.


Commentaires sur le film

Un film culte en devenir

5 etoiles

coups de coeurCoup de coeur !

Après avoir vu ce film, on comprend que l’on vient d’assister à une œuvre que l’on ne voit que quelques fois dans sa vie.
Ce film est une pure merveille, le même choc que m’a procuré la vision du seigneur des anneaux ou The Thing de Big John.
Ce film regorge de qualité innombrable qu’il me serait impossible de lister où l’on a droit en plus des qualité cinématographique (drection photo, scénario, effets spéciaux,...) à une bonne critique social dont ne renierait pas notre bon vieux George A. Romero
Ce film va tout simplement devenir une référence, culte en somme (et cela seul les années nous le dirons).

Ce film fut une telle claque que je ne suis même plus sûr que le prochain film de Cameron, Avatar, sera à la hauteur, c’est pour vous dire.

10 octobre 2009 à 20:10 | Par sphinx

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