Critique de film

pub

Dream home

"Wai dor lei ah yut ho"
affiche du film

Enfant, Cheng Lai-sheung pouvait admirer le quartier Victoria de Hong Kong depuis les fenêtres de l'appartement familial. Mais la ville est en perpétuelle modernisation, et devant chez elle, de nouveaux building luxueux sont venus boucher sa vue. Elle s'est jurée qu'un jour, quand elle serait grande, elle s'offrirait un appartement sublime avec la même vue. Les années ont passé, et Cheng n'a pas oublié son serment. Mais Hong Kong est une ville chère et elle n'arrive pas à concrétiser son rêve.

pub


Trailer - Dream home (2010)
Par : Damien Taymans

Les critiques à propos de ce film

Critique de Dream home - Slasher immobilier
Par : Damien Taymans

La crise financière tourne à la pandémie. Dans toutes les capitales d’Europe, le prix du m² a considérablement augmenté. Pensez donc, pour se payer le loyer de sa garçonnière parisienne, Evil Seb vend son corps au bois de Boulogne en compagnie de quelques ex-transfuges brésiliens du PSG. A Hong Kong, même rengaine. Depuis l’annexion, la moindre cahute se paie à prix d’or. Et quand on a des désirs fous, comme Cheng Lai-sheung qui rêve de bénéficier d’une vue sur la mer, l’acquisition du bien immobilier adéquat relève de l’utopie. Pas forcément en fait, une petite tragédie au sein de l’immeuble qu’elle convoite pourrait entraîner une baisse des loyers...

Edmond Pang Ho-Cheung se tourne avec son neuvième long dans le domaine de l’horreur pure et dure. Une horreur qui émerge dans un contexte social délicat, dont les résonances atteignent chaque citoyen du monde capitaliste. Du fait de l’ultra-violence qui baigne l’ensemble du métrage, Dream home s’apparente à un Category III généreux en matière de gore, jusqu’au-boutiste et sans la moindre concession (une femme enceinte y est notamment froidement liquidée).

Lauréat du Prix du Meilleur inédit video au festival de Gerardmer décerné par Mad movies, Dream home s’appuie sur une narration non-linéaire et prodigieusement dichotomique. Succèdent aux scènes de tension riches en close up et rythmés par un montage frénétique des séquences d’émotions expositives remplies de travellings signifiants. Cette deuxième dimension, diffusée sous forme de flashs-back, éclaire le spectateur sur les motivations de l’héroïne déshumanisée, monstre engendré par la société de consommation. De sa lente périclitation sociale (maladie du paternel, expulsion du domaine familial, hyperactivité professionnelle) naît un fantasme d’une réussite matérielle symbolisant l’accès à un Eden locatif, sorte d’antichambre cotonneuse à l’enfer de la vie quotidienne.

Dream home se pose comme un héritier de la tradition du grand-guignol, avec son alternance de tons (des moments dramatiques et terrifiants sont soudain émaillés d’éléments drolatiques comme ce jeune homme qui, les tripes à l’air, tire une dernière bouffée de son joint) et ses exécutions pour le moins graphiques. Pang Ho-Cheung signe là une grande oeuvre délicieusement acidulée, un Cat. III de haute volée qui en ferait presque oublier la marginalisation bêtifiante que certains imposent à l’exploitation jusqu’au-boutiste hongkongaise.


Donnez votre avis sur le film !

En résumé
ecrire un commentaire sur le film
;



Galerie photos

photo 22893 photo 22894 photo 22895 photo 22896 photo 22897 photo 22898
Voir la galerie complète

Récentes critiques

affiche du film
The Platform
2020
affiche du film
Werewolf
2018
affiche du film
Play or Die
2019
affiche du film
Ça: Chapitre 2
2019
affiche du film
Cities of Last Things
2018
affiche du film
Impossible Crimes
2019
affiche du film
The Soul Conductor
2018
affiche du film
Stray
2019
affiche du film
Dark, Almost Night
2019
affiche du film
The Dead Center
2018

Cinemag

> Feuilleter

Concours

Sondage