Festival Offscreen

EVENTS - OFFSCREEN 2013

Double D bill Supervixens + Deadly Weapons

Double programme “mammaire” au Offscreen, via des films de choc : Supervixens - un des fleurons Russ Meyeriens - et l’inénarrable Deadly Weapons.

Ce vendredi 8 mars 2013, à l’occasion de la Journée de la Femme, les trublions anars du Offscreen Film Festival avaient décidé de rendre hommage à ces demoiselles d’une façon toute particulière ; en étalant sur grand écran (et en 35 mm, s’il vous plaît !) les aventures d’amazones aux poitrines proéminantes.

Ce “double bill” proposait un duo d’œuvres à même de contenter les esprits éclairés de l’association Promouvoir (sic). Des péloches que la morale réprouve, mais qui ont réjoui une audience hétéroclite, chauffée à blanc par la thématique “camp” induite par le grand manitou John Waters (invité d’honneur de cette édition).

La soirée démarrait à 22h00 par l’excellent Supervixens (1975) de l’icône Russ Meyer, qui - en grand connaisseur - consacra toute sa vie à son obsession mazophile. Situé juste après Black Snake (1973), Supervixens forme une sorte de quadrilogie avec Vixen ! (1968), Megavixens (1976) et Ultra Vixens (1979).

Inscrit dans la dernière partie de carrière du cinéaste - décédé en 2004 -, le film marque un certain “durcissement” dans la représentation de l’érotisme à l’écran, qui se montre bien plus échevelé. Les nudités sont gracieusement offertes au spectateur, enveloppées de ce sens du burlesque et de l’absurde inhérent à la “geste Meyerienne”.

Cette tendance était indubitablement en phase avec l’époque, qui voyait surgir les premières grandes productions hardcore américaines et surfait sur le succès des incontournables Derrière la porte verte (Behind The Green Door, Jim & Artie Mitchell) et Gorge profonde (Deep Throat, Gerard Damiano) - datant tous deux de 1972.

Uschi Digard se la donne dans la paille.

Pour le reste, on y retrouve “of course” une galerie de tronches impayables, dont le regretté Charles Napier, éternel second rôle d’un paquet de séries B et productions hollywoodiennes, le néo-bellâtre Charles Pitts (Moving Target, Vincent et moi), ou encore John Lazar (Orgissimo - alias Beyond the Valley of the Dolls - de Russ Meyer, Attack of the 60 Foot Centerfolds et Maximum Revenge du bisseux Fred Olen Ray).

Au rayon “merveilles pulmonaires”, les érotomanes de tous poils ne pourront que remarquer les girondes Shari Eubank (qui n’est autrement apparue que dans Chesty Anderson U.S. Navy), Uschi Digard (coutumière des productions pour adultes - découvrez le “Scream Queen of the Week” que je lui ai consacré), Colleen Brennan (habituée du hard des 80’s - Corrupt Desires, Sexorama, Taboo V, Club Ecstasy, …) et Christy Hartburg (SuperLorna restera son seul rôle crédité).

Le tout au service d’un scénario anecdotique (l’échappée belle d’un gars faussement suspecté du meurtre de sa petite amie), se révélant idéal à l’exposition d’obus et tétons turgescents. On ne soulignera d’ailleurs jamais assez la maîtrise technique de Russ Meyer ; son sens du rythme, du timing comique et du montage au cordeau étant systématiquement masqués par les atouts impressionnants de ses égéries…

Non, ceci n'est pas un gode !

A 22h00, les plus courageux pouvaient, abasourdis, découvrir Deadly Weapons (Mamell’s story, 1974), aberration filmique des plus réjouissante commise par la tâcheronne Doris Wishman. Cette dernière n’en restera pas là, signant par la suite - sous pseudo Louis Silverman, Kenyon Wintel ou Luigi Manicottale - des œuvres impérissables telles Supernichons contre mafia (Double Agent 73, 1974) ou Satan Was a Lady (2001).

L’héroïne hébétée de cette péloche totalement autre se nomme Chesty Morgan (déjà présente dans Supernichons contre mafia, ses scènes pour Le Casanova de Fellini ont sauté au montage). Pulpeuse à outrance, elle n’est jamais parvenue à capitaliser sur ses dons (?) de la nature et sa maigre filmographie est synonyme d’échec. Il faut dire que ses talents d’actrice plus que limités - source de crises de rire incontrôlées - et son air perpétuellement ailleurs n’arrange rien à son cas… En voilà une qui ne devait pas marcher qu’à l’eau…

Elle se débat ici dans une intrigue croquignolesque et incompréhensible, où elle décide de venger les assassins de son amant, truand notoire qui projetait de la demander en mariage, mais finit sa course truffé de balles, après avoir tenté de doubler ses associés.

Chesty Morgan et ses boobs atomiques !

Parmi les exécutants du meutre, on remarque Harry Reems et sa moustache fournie (il n’y a pas que ça de gros chez lui…), qui déambule tant bien que mal dans cette pantalonnade. Flirtant ouvertement avec le ridicule, la performance du Docteur de Gorge profonde est jubilatoire, ringarde comme il faut et rejoignant étonnamment par instants la fièvre qui caractérisait son jeu outré dans le sulfureux Forced Entry (Shaun Costello, 1973).

Décidément, les arcanes du nanar sont parfois bien impénétrables…

Sauf par Harry, bien sûr !

Harry Reems séclate dans Deadly Weapons.

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