Critique de film

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L'Emprise des ténèbres

"The Serpent and the Rainbow"
affiche du film

Dennis Alan, jeune médecin américain ayant découvert un secret vaudou qui transforme les humains en d'atroces zombies dans l'île d'Haïti, devient la proie d'un terrible chef des Tontons Macoutes. Avec l'aide d'une jeune psychiâtre -qu'il aime- Alan va affronter les puissances des ténèbres et du totalitarisme politique.

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Trailer - L’emprise des ténèbres (1988)
Par : Damien Taymans

Les critiques à propos de ce film

Critique de L’emprise des ténèbres - Une emprise tenace
Par : Damien Taymans

Applaudi dès les premiers instants pour ses œuvres subversives (La dernière maison sur la gauche) ou originales (Les griffes de la nuit), Wes Craven n’est depuis que peu acclamé par les critiques. Blâmé par certains fans, décrié par ceux qui l’encensaient, Craven a du mal à conserver une place de maître de l’horreur qu’on lui avait attribuée assez rapidement. A l’instar d’un Tobe Hooper sur le déclin, le réalisateur supporte difficilement les diatribes des critiques qui n’ont épargné ni sa trilogie des Scream ni son récent Cursed. Ces escogriffes sans scrupule iront même jusqu’à affirmer que le sieur Craven n’a plus rien réussi depuis la naissance de Krueger. Ce serait aller assez vite en besogne et oublier au passage ce métrage inévitable qu’est L’emprise des ténèbres.

Ce film nous donne d’ores et déjà une leçon implacable : Craven qu’on accuse de n’avoir aucun talent a au moins des couilles. En 1988, se lançant dans la délicate entreprise de faire un film de zombies alors que les films de Romero et ceux de Raimi viennent tout juste de sortir, le réalisateur ne semble pas avoir conscience de la dangerosité de son dessein. Plus osé encore, il décide de faire l’adaptation du roman de Wade Denis qui tient davantage de l’ouvrage documentaire que du récit fictionnel enivrant.

Pourtant, ce double choix va s’avérer payant. D’abord parce que l’approche documentaire du film dénote complètement avec les œuvres qui émanent à cette époque-là. Se rapprochant davantage de films comme I walked with a zombie de Tourneur ou de l’œuvre originelle des zombie movies White Zombie de Victor Halperin, L’emprise des ténèbres ravit par son approche réaliste et par le retour aux sources vaudou qu’il emmène. Ensuite, le film de Craven permet aux amateurs du genre de respirer l’espace d’un instant et d’oublier la mode du gore crasseux qui leur est imposée.

Bien plus, L’emprise des ténèbres revêt un côté exotique que d’autres n’ont pas réussi à fournir. Les récentes transpositions des œuvres zombiesques dans les jungles sud-américaines n’ont pas permis le dépaysement tant attendu. Les leurres à la Virus cannibale avec leurs stock-shots désopilants ont même dégoûté les amateurs de cultures étrangères. Craven a la bonne idée (relativement épaulé par le scénar originel de Denis) de ne pas se cantonner à livrer quelques bouts de paysages comme le ferait Liberty TV. Le contexte sociopolitique et culturel de l’île est formidablement retracé et, avec L’emprise des ténèbres, nous effectuons un voyage d’une bonne heure et demie dans le cadre flamboyant du Haïti dévasté par la dictature de ses dirigeants. Le régime de Duvalier est ici dépeint grâce au personnage de Peytraud et à ses tontons macoutes qui terrorisent les populations à coups de tortures, assassinats et rituels de magie noire.

La zombification qui est ici décrite ne ressemble en rien à celle des autres œuvres. Elle coïncide étrangement avec les manipulations du gouvernement en place. Les hommes zombifiés ne sont en réalité pas très différents des citoyens lambdas qui doivent suivre les règles imposées à coups de bâton par le régime totalitaire et ses missi dominici. Séparation du corps et de l’âme symbolisée par cette oppression omniprésente autant que par les rites zombificatoires. Au-delà de ces facettes politiques existe un traitement sociologique et culturel grâce aux personnages de Marielle Duchamp, Lucien Céline et Louis Mozart, tous trois fidèles au docteur américain Dennis Alan (l’excellent Bill Pullman) qui continue ses investigations malgré les mises en garde sévères de Peytraud et de ses sbires. Les trois personnages précités nous permettent d’observer les rites et coutumes des Haïtiens (la préparation de la poudre) ainsi que leur quotidien si différent du nôtre (l’hôpital).

Ne reniant pas ses origines et ses amours antérieures, Craven parvient même à injecter son lot de scènes effrayantes au sein de l’œuvre. Wade Denis a beau critiqué ce traitement horrifique du réalisateur (en réalité très ténu), il faut avouer qu’il apporte son lot d’émotions et permet de garder intact l’intérêt du film parfois un peu tiré en longueur. De plus, ces séquences ne sont jamais totalement dévastatrices puisqu’elles oscillent entre cauchemar et réalité, entre vision et expérience palpable. Les scènes les plus éprouvantes concernent d’ailleurs les mises en garde oniriques faites au docteur Allan (la main dans la soupe, la morte qui revient).

Malgré une séquence finale un peu décevante parce que trop heureuse et trop hyperbolique, L’emprise des ténèbres mérite une mention honorable pour les paris osés qu’elle a pleinement poursuivis et réussis…

Commentaires sur le film

4 etoiles

Etant une des œuvres moins connues du réalisateur des Griffes de la nuit et de Scream, on pouvait s’attendre à un film passable, voire moyen, mais en fin de compte, c’est un film spectaculaire et intriguant. L’histoire est plus qu’intéressante et est parfaitement enchaînée.

22 septembre 2008 à 16:09 | Par Haddonfield

3 etoiles

Effectivement, malgré le souvenir d’un final très décevant, il ne reste peut-être pas moins le meilleur film du surestimé Craven...

28 décembre 2008 à 14:12 | Par rock

0 etoiles

23 octobre 2012 à 17:10

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