Critique de film

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Errementari : Le forgeron et le Diable

"Errementari"
affiche du film

Espagne, 1841. Il y a maintenant 10 ans que la Guerre Carliste a pris fin. Un envoyé du gouvernement est dépêché sur les traces d’un mystérieux forgeron solitaire vivant au plus profond d’une forêt. Les villageois de la région le craignent et l’accusent même d’avoir scellé un pacte avec le démon qu’ils entendent chaque nuit hurler du plus profond de sa forge. Un jour, une jeune orpheline du nom d’Usue vient à pénétrer en ce lieu, menaçant de révéler le terrible secret du forgeron, réveillant une menace qui les mènera jusqu’aux portes de l’Enfer.

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Trailer - Errementari : Le forgeron et le Diable (2017)
Par : Damien Taymans

Les critiques à propos de ce film

Critique d’Errementari - Un film farpait
Par : Damien Taymans
Tags : BIFFF 2018

S’il est un avantage qu’il faut laisser au distributeur Netflix, c’est que la plateforme a le chic de présenter des œuvres inouïes qu’il serait difficile de découvrir ailleurs que dans les travées des festoches de genre. Ainsi en était-il pour Terrified, découvert au BIFFF 2018 et de ce Errementari qui a connu une fortune identique en s’invitant timidement dans l’une des salles du Bozar.

Il faut avouer que, sur papier, ce premier film de genre issu du Pays basque comporte tous les artifices du zédard de cambrousse distillé par des fantasticophiles excités à l’idée de porter à l’image une tradition locale, juste pour se faire mousser le béret. Et l’ajout du nom d’Alex de la Iglesia à la production ne tempérait que relativement les craintes au vu des dernières réalisations de l’Ibère, quelque peu en panne d’inspiration (My big night, El bar).

C’était aller un peu vite en besogne tant cette rencontre entre un forgeron et le diable s’avère au final une aventure épique. Avant d’arriver à cet inénarrable morceau de bravoure, Paul Urkijo Alijo installe efficacement son tableau, dressant avec habileté cette foire aux monstres et aux dégénérés engoncés dans leurs croyances et leurs misères personnelles. Le forgeron est présenté comme un monstre titillant le Diable et auquel on prête mille et un crimes, la petite Usue est une bâtarde un peu trop franche du collier, le prêtre n’a rien de bien chrétien sous ses frusques et les dizaines de villageois rivalisent de bêtise et de crasse, s’agenouillant à qui-mieux-mieux sitôt qu’un employé du ministère débarque dans leur patelin de bouseux.

Toutes ces trognes font leur office tandis qu’insidieusement, Alijo et son co-scénariste Guerricaechevarría, huilent le chariot du diable dans lequel vont se trouver piéger spectateurs et personnages, les menant vers un final absolument dantesque. Il n’est pas étonnant que sieur Iglesia ait accepté de prêter son nom à ce projet tant ce dernier ressemble de manière criante à ses premières amours, celles des monstres déformés (Action mutante) et des fables à base de Malin (Le Jour de la bête).

Tout est contenu dans ce premier long-métrage quasiment farpait qui est reparti bredouille du festival de Bruxelles mais est reparti avec la statuette la plus prestigieuse à San Sebastian.

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