Critique de film

pub

L'Etrange histoire de Benjamin Button

"The Curious case of Benjamin Button"
affiche du film

L'histoire de Benjamin Button, un homme ordinaire qui, à l'aube de la cinquantaine, se met subitement à rajeunir. Il tombe alors amoureux d'une femme de 30 ans. Mais comment continuer à l'aimer s'il ne cesse, année après année, de remonter le cours du temps ?

pub

Les critiques à propos de ce film

Critique de L’étrange histoire de Benjamin Button - Bouton d’or
Par : Gore Sliclez

« Curieux destin que le mien... » nous confie dès le début du film Benjamin Button, enfant né vieux et abandonné par un père fou de chagrin après la disparition de son épouse morte en couche. Recueilli par Queenie une responsable d’un hôme pour personnes âgées, Benjamin survit à l’inexplicable, mieux il semble rajeunir...
L’enfant grandit alors dans un univers où il passe physiquement inaperçu, celui du troisième âge fait de lenteur, d’un quotidien qui tourne désormais autour des petites choses de la vie, de souvenirs et d’anecdotes. Mais Benjamin a le cœur d’un gosse et il s’éprend pour la belle Daisy, petite-fille d’une locataire de la pension, une idylle impossible d’une fatalité implacable qui n’aura pas raison de leur amour au-de là du temps et de l’inexorable. L’enfant-vieux va voyager à travers les océans et les continents, s’affirmer en tant qu’homme et assouvir sa curiosité du monde avec au bout une épopée guerrière vécue malgré lui. Il rentre enfin. Il a rajeuni, elle a vieilli et vont vivre enfin ce qui s’apparente à un chassé-croisé temporel aussi beau qu’éphémère.

Auteur de la nouvelle éponyme, Francis Scott Fitzgerald s’inspira de ce que Mark Twain disait : « la vie serait bien plus heureuse si nous naissions à 80 ans et nous approchions graduellement de nos 18 ans  ». Et bien pas si sûr semble nous dire David Fincher dans cette fable fantastique adaptée donc à l’écran après plusieurs années de préparation et d’hésitations. Cette fabuleuse histoire d’un amour passionnel et atypique, victime de la marche inéluctable du temps et de ses ravages dans le cœur comme dans la peau, ne viendra justement pas corroborer la pensée de Twain.

Pour retravailler et adapter au mieux l’histoire, le producteur Frank Marshall fit appel à Eric Roth déjà auteur de scénarios épiques et historiques comme Forrest Gump ou encore The Postman, des œuvres qui font la part belle au romantisme suranné et décalé mais aussi aux témoignages du passé américain comme toile de fonds du film. Dès lors, quoi de plus normal de retrouver ici les mêmes ingrédients à travers cette fable surréaliste en emmenant le spectateur dans un voyage didactique, visuel voire presque olfactif qui le fera passer des années 20 à nos jours via des décors et des gardes-robes à chaque fois réadaptés. Très dans l’air du temps, cette fable très policée se veut toujours positive et évite volontairement et avec pudeur toute image de discrimination à l’instar de Benjamin, merveilleusement élevé dans une famille de noirs en pleine Louisiane pourtant très ségrégationniste dans les années d’après-guerre. Car Fincher ne souhaite pas s’écarter de son sujet et préfère nous livrer des scènes de toute beauté qui subliment l’amour de ces deux êtres grâce à une photographie tout simplement merveilleuse et inspirée qui fera fondre le cœur des plus endurcis. Cependant, pour ceux qui s’attendent à un film « labellisé » David Fincher en seront pour leurs frais. Très conventionnelle, l’œuvre aurait pu tout aussi bien être réalisée par Zemeckis lui-même, adepte du film romanesque 100 % américain fidèle aux clichés visuels de cette Amérique qui fait rêver version Life Magazine. Oubliés donc la virtuosité graphique et l’ingéniosité des plans du génial réalisateur de Se7en puisque l’essentiel des effets spéciaux se focalisent plutôt sur le personnage totalement informatisé du Benjamin vu au début du film et véritable prouesse technologique qui en bluffera plus d’un tout comme d’ailleurs ces CGI également exploités pour certaines scènes macro et paysagères tout aussi réussies pour l’essentiel.

Restent alors des acteurs au summum de leur maturité. La diaphane Cate Blanchett réincarne la beauté fatale des actrices d’avant-guerre et interprète à merveille une Daisy émouvante qui tantôt jeune rebelle engagée dans le tourbillon culturel des années rock, tantôt quadragénaire assagie et meurtrie dans sa chair portant un regard plus sage sur la vie, n’aura d’yeux que pour son bel amant.
Brat Pitt retrouve un rôle digne de son talent mais aussi du charisme qu’il dégage. Dans le film, sa beauté évidente et insolente réapparaissent au fil des années au fur et à mesure que les rides s’estompent, douloureux fardeau que doit endurer Daisy qui de son côté vieillit inexorablement. Une intolérable fatalité pour ces deux amoureux qui se croisent dans la vie comme deux passagers dans des trains différents et qui se regardent s’éloigner. Terminé les tics de jeune chien fou, Pitt assure dans son rôle et dégage dans le film une aura d’icône américaine (tantôt un peu James Dean, tantôt un peu Brando). Inévitablement, on pense une nouvelle fois à ce charme d’éternel adolescent de Robert Redford époque Gatsby le Magnifique adapté d’un certain... Francis Scott Fitzgerald. Un casting de premier choix donc qui ne laisse pas en reste une galerie impressionnante de seconds rôles.

L’incroyable histoire de Benjamin Button est un film (trop ?) long et ultra classique qui devrait ravir toutes les générations de spectateurs, de l’ado fleur bleue à la mammy plongée dans ses souvenirs en passant par les jeunes parents conscients des choix cruciaux de leur existence et celle de leur progéniture. Une fable délicieusement folle, plongée dans une formidable reconstitution de l’histoire des Etats-Unis au 20ème siècle, sans surprise pour les cinéphiles (espérons néanmoins le retour du David Fincher engagé) mais qui devrait à coup sûr émouvoir son public grâce en partie à ce couple désormais sacralisé comme un des plus beaux du cinéma des années 2000. La sortie romanesque la plus intéressante de ces dernières années...


Critique de L’étrange histoire de Benjamin Button - Un Fincher pas comme les autres
Par : Quentin Meignant

"Curieux destin que le mien..." Ainsi commence L’étrange histoire de Benjamin Button, cet homme qui naquit à 80 ans et vécut sa vie à l’envers, sans pouvoir arrêter le cours du temps. Tiré d’une nouvelle de Scott F. Fitzgerald parue en 1922, L’étrange Histoire de Benjamin Button est sans aucun doute l’événement ciné qui a marqué la fin de l’année 2008 et le début 2009. Nominé pour 5 Golden Globes et 13 Oscars, le film de David Fincher est d’ores et déjà rentré dans l’histoire, ne fût que pour son pitch pour le moins original. Si le scénariste Eric Roth, qui avait en charge l’adaptation de la nouvelle de Fitzgerald, avoue s’être simplement inspiré de la base de l’histoire créée il y a 87 ans, le métrage n’en reste pas moins une œuvre qui visite le siècle passé avec force détails. C’est du moins ce que promettent les critiques et David Fincher lui-même qui, après son Zodiac (trop) souvent discuté, avait bien besoin de se refaire une santé. Le réalisateur de Seven, Fight Club, The Game et Panic Room voyait en Benjamin Button l’occasion d’évoluer dans un registre totalement différent, à mille lieues de ce qu’il avait jusque là l’habitude de faire.

Et le moins que l’on puisse dire est que le cinéaste sait s’y prendre mais aussi s’entourer pour ne rien laisser au hasard. Ainsi, après une entame à la dramaturgie pas vraiment bienvenue qui place le film dans un contexte de flash-backs, Fincher assène le premier coup au spectateur en livrant une photographie impeccable, reconstituant à merveille la Nouvelle-Orléans de l’époque. Doté d’un sens incroyable du récit, Fincher jette donc les bases de son histoire de manière fluide, ses personnages évoluant de fort belle manière dans un environnement toujours plus surprenant. L’aspect fort réaliste de cette véritable reconstitution historique n’a alors d’égal que la narration de ce conte qu’est L’étrange histoire de Benjamin Button. Multipliant les travellings, visitant les moindres recoins de ses somptueux décors, Fincher instille à son œuvre un caractère complet et adroit que rien ne vient compromettre.

Tout aussi somptueux, le traitement apporté aux différents protagonistes revêt une importance toute particulière dans l’élaboration du récit. La maestria de Fincher, couplée à la profondeur offerte aux personnages par Roth, fait de véritable ravage, procurant au passage à l’œuvre une vision personnelle unique. Cette vision est d’ailleurs défendue bec et ongle par un casting tout simplement merveilleux, dont les noms ronflants s’extirpent pour donner le meilleur d’eux-mêmes. A côté d’un Brad Pitt très inspiré se retrouve une pléthore impressionnante de talents parmi lesquels se distingue très nettement Taraji P. Henson, dans le rôle de Queenie, la jeune femme qui découvrit Benjamin aux pieds de ses escaliers. Les liens mère-enfant développés par Fincher prennent tout leur sens grâce à l’interprétation exceptionnelle offerte par Henson et Pitt qui, plus d’une fois, émeuvent le spectateur de fort belle manière.

Malgré ces qualités formelles inébranlables, force est d’avouer que le métrage de Fincher ne séduit pas en tous points. En effet, après une première partie impressionnante et totalement prenante, le récit s’enlise quelque peu à cause de sa longueur et du traitement un peu trop romantique qui y est instauré. Alors que l’aspect historique avait été mis à l’honneur jusqu’en 1945, L’étrange histoire de Benjamin Button s’enferre ensuite dans une romance prenant trop de place par rapport aux éléments propres au 20ème siècle. Virant carrément à l’eau de rose, le film en oublie son but premier et le sens même de cette introspection dans le siècle dernier. Dès lors, le manque de consistance de cette seconde partie se fait rapidement sentir et l’ennui se fait jour de manière quelque peu honteuse.

Constat assez dommageable s’il en est pour un Fincher qui a fait preuve d’une verve indescriptible dans les premières 90 minutes du métrage. Bien trop long et souvent inefficace, L’étrange histoire de Benjamin Button n’en reste pas moins un véritable petit bijou au niveau formel, tandis que surnagent tout de même quelques grands moments du XXème siècle. Fable historique qui se transforme petit à petit en romance, le film ne parvient à tenir totalement en haleine mais conserve néanmoins un haut degré de sympathie qui fait rêver du retour d’un Fincher plus jusqu’au-boutiste.

Commentaires sur le film

GÉNIAL !!

5 etoiles

coups de coeurCoup de coeur !

Ce film, est vraiment génial, il est un peu long, des moments sont un peu pénible car trop long, mais, c’est vraiment le seul défaut du film, j’aime vraiment, j’espère qu’il gagnera 1 oscar... =’D

22 février 2009 à 12:02 | Par Pomkeen
La longue histoire de ...

2 etoiles

Deux heures trop long. Dommage car le propos méritait mieux !

28 février 2009 à 22:02 | Par misterhell

Donnez votre avis sur le film !

En résumé
ecrire un commentaire sur le film
;



Galerie photos

photo 20983 photo 20984 photo 20985 photo 20986 photo 20987 photo 20988 photo 20989 photo 20990 photo 20991
Voir la galerie complète

Récentes critiques

affiche du film
Suspiria
2018
affiche du film
Cam
2018
affiche du film
Halloween
2018
affiche du film
The Night Comes for Us
2018
affiche du film
The Predator
2018
affiche du film
La Nonne
2018
affiche du film
L'Homme qui tua Don Quichotte
2018
affiche du film
The Inhabitant
2017
affiche du film
Cutterhead
2018
affiche du film
Freehold
2017

Cinemag

> Feuilleter

Concours

Sondage