Critique de film

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Evan tout-puissant

"Evan Almighty"
affiche du film

Une nouvelle vie commence pour Evan Baxter, sa femme Joan et leurs trois fils. Fraîchement élu député de New York, et bien décidé à marquer l'histoire de son pays, l'ex-présentateur vedette demande à Dieu de l'aider à "changer le monde", sans se douter qu'il a déjà été choisi pour une mission de la plus haute importance... Lorsque le député Long - un des hommes les plus influents de Washington - lui propose une alliance, le naïf Baxter est convaincu que sa prière a été entendue. Mais des événements déroutants ne tardent pas à semer le trouble dans sa famille et au sein de sa fidèle équipe. Pourquoi ces livraisons d'outils préhistoriques et de madriers ? Pourquoi cet afflux ininterrompu d'oiseaux et de mammifères de toutes espèces qui chaque jour envahissent un peu plus le voisinage ? Et pourquoi Evan s'est-il cru obligé de troquer son costume pour une longue tunique ? Site officiel

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Trailer - Evan tout-puissant (2007)
Par : Damien Taymans


Evan Tout Puissant par Paramount_Pictures_France

Les critiques à propos de ce film

Critique de Evan tout-puissant - Arche-i mauvais !
Par : Damien Taymans

La réussite de la comédie Bruce tout-puissant reposait essentiellement sur deux bases essentielles : l’idée brillante de réaliser un film de comédie sur la religion catholique et la prestation sans faille d’un Jim Carrey qui réussit fort bien dans ce genre de rôle. Dès lors, même si Evan tout-puissant est estampillé d’une nouvelle attractive (« Du réalisateur de Bruce tout-puissant ») censée confirmer la réussite de cette suite et est doté d’un budget énorme (170 millions de dollars), le résultat final se situe à des années lumières de la première œuvre, handicapé des ingrédients fondamentaux de sa préquelle.

Pour remplacer Jim Carrey, dans le creux de la vague, dans le rôle principal, le choix de Shadyac s’est porté sur Steve Carell, étoile montant du cinéma hollywoodien qu’on a pu apercevoir dans Bruce tout-puissant (et qui y reprend d’ailleurs le même rôle) mais également dans 40 ans et toujours puceau, Ma sorcière bien-aimée ou encore Little miss sunshine. Un choix agréable eu égard des interprétations réussies de l’acteur (bien qu’il soit à l’opposé du Jim Carrey grimaçant à la gestuelle chronométrée).

Ce n’est pas du côté des acteurs qu’il faut chercher les failles de cette œuvre mais bien dans le scénario lourdingue et dans le manque de créativité de son réalisateur. Alors que le concept avait déjà été fortement épuisé par le premier film, Shadyac se décide à réattaquer les versets bibliques pour mettre en scène sa comédie. Au lieu de doter un sombre inconnu de pouvoirs divins, Evan Baxter se voit ici attribuer la tâche de Noé, à savoir construire une arche pour échapper aux pluies diluviennes qui devraient s’abattre sous peu.

Ce pitch restreint d’emblée les possibilités du réalisateur et le cantonne à mettre en scène l’évolution de la construction de cette fameuse arche, concentrant l’essentiel de son métrage sur ce chantier qui n’avance pas. Dès lors, l’action se fige et le rythme peu soutenu n’est même pas rehaussé par les gags qui parsemaient le chemin de Bruce. Evan tout-puissant se révèle avare en scènes humoristiques et ne limite ses apports humoristiques qu’à de vastes chutes contrôlées qui ne feraient pâlir que des amateurs de Vidéo gag. Un humour enfantin dans la lignée des parodies grossières post-Scary movie qui ne fait pas dans le détail et ne joue que sur le comique de répétition (Evan se tape sur les doigts avec le marteau, que c’est drôle ! Evan se tape sur les doigts avec le marteau, que c’est rigolo ! Evan se tape sur les doigts avec le marteau, eh, mais j’ai déjà vu ça !) et un comique de situation se rapprochant plus d’un Docteur Dolittle (vu le nombre d’animaux présents) que de l’œuvre qu’il est censé compléter.

Ce qui est plus grave, c’est la dimension moralisatrice que Shadyac s’entête à insuffler à son film. Une dimension qui certes existait déjà dans le premier volet mais s’était fait de manière plus compacte et plus ténue, ne débordant que sur les dix dernières minutes pour balancer un message catho des plus pénibles sur les relations familiales et son cinglant « Faites l’amour pas la guerre ! ». De l’édulcoration hypocrite du message de Bruce, nous passons à la propagande biblique avec Evan. Le déluge symbolise la purification de l’administration américaine qui libèrera le peuple aveuglé de tous ces politiciens avides de pognon qui se contrefichent du bien du peuple. Mais cet assainissement ne peut se faire que par le biais du retour aux vraies valeurs chrétiennes comme le prouve notre néo-Noé qui échappera à la catastrophe en ayant suivi le message de Dieu (à nouveau Morgan Freeman).

En définitive, Evan tout-puissant est non seulement bien moins drôle que son modèle mais il s’évertue en plus à distiller un message évangéliste du plus mauvais goût qui ne convertirait pas des fachos primaires (excusez le pléonasme). Mais la tradition des suites est plus forte que tout à Hollywood et il n’est pas improbable qu’on ait droit à un Adam tout-puissant dans les mois à venir. Enfin, ça permettra au moins de voir les seins d’Eve…


Oeuvres liées :

Bruce tout-puissant (2003)

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