Critique de film

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Evil Island

"Surviving Evil"
affiche du film

Une équipe de TV est envoyée sur une île des Philippines afin d’y réaliser un reportage sur la vie en milieu naturel. Malgré les avertissements des pêcheurs locaux, le groupe s’aventure au coeur de la jungle hostile. Très vite, ils se rendent compte que le territoire dans lequel ils ont pénétré n’est pas l’oeuvre unique de la nature. Au délà du sentiment d’être épiés en permanence les membres de l’équipe découvre qu’ils sont les proies d’une force animale.

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Trailer - Evil Island (2009)
Par : Damien Taymans

Les critiques à propos de ce film

Critique d’Evil Island - Crocs Lanta
Par : Damien Taymans

"L’homme face à la nature", un concept télévisuel de prime abord aussi gonflant que Koh Lanta mais sans l’épreuve des poteaux et sans décès prématuré. Ou presque... L’équipe partie pour tourner le 138ème épisode de ces Carnets du Bourlingueur a la bonne idée de poser ses bagages dans la jungle de Mayaman, l’une des 11 000 îles de l’archipel des Philippines. Une occasion unique pour prodiguer, sur fond d’une végétation luxuriante, quelques conseils éclairés à quiconque voudrait apprendre à survivre en milieu hostile plutôt que de se dorer aux Bahamas (destination devenue périlleuse vu l’accumulation de vendeurs à la sauvette). Sur place, l’image d’Épinal du paradis de la bronzette : une plage de sable fin, un océan à perte de vue, une chaleur étouffante et une pléiade de cocotiers. La carte postale n°4 du diaporama mentionne par contre que des créatures énervées nommées Aswang hanteraient les lieux et se nourriraient exclusivement de sang de fœtus. Heureusement que l’une des membres de l’équipe a caché aux autres qu’elle portait en elle un formidable gueuleton pour les hôtes de ces bois...

Une équipe de vidéastes s’enfonce dans la jongle pour y tourner des images exclusives : les démons cannibales de Deodato, Martino et consorts doivent traîner leurs guêtres dans les environs. Mieux, des cadrages dignes d’un Bruno Mattei, des dialogues aussi inspirés et des personnages aussi stéréotypés que dans Cannibal Ferox et la ribambelle transalpine est à deux doigts de rengainer sa péloche de 35mm pour mettre en boîte de nouvelles horreurs anthropophages. La troupe investit un village totalement désert : les autochtones ont subi l’assaut des Aswangs lors d’une séance d’obstétrique du plus bel acabit. Condamnés à rejouer la guerre des six jours entre eux en essayant, tant bien que mal de ne pas clamser prématurément, les techniciens arpentent les rocs, serpentent entre les troncs et devisent de choses et d’autres pour tuer le temps. Le leur et le nôtre. A peine un événement lugubre et inquiétant (un hurlement nocturne) vient-il émailler la tranquillité du groupe que déjà (l’heure de jeu est atteinte) se pointent les fumeuses créatures protéiformes, mi-vampiriques mi-lycanthropiques (des ailes de chauve-souris et des quenottes aiguisées en somme), sans invitation pour un cocktail de placenta. Billy Zane (l’ultime errance depuis Titanic) et les siens oublient leurs petits conflits personnels pour s’unir contre les vilaines bêbêtes menaçant leur communauté friable.

Plus qu’une leçon d’humanité, Evil Island est avant tout une formidable analyse anthropologique et tératologique qui ne possède qu’un seul défaut, celui de débarquer au mauvais endroit et au mauvais moment. Enfin, trois décennies de retard, ce n’est pas si grave au fond...


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