BIFFF 2018

FOCUS BIFFF 2018 - Ghostland, de Pascal Laugier

Plongée dans la carrière d’un réalisateur hors-norme...

Martyrs... Lorsque l’on évoque Pascal Laugier avec un amateur de fantastique, c’est bien souvent le premier mot qui nous vient à l’esprit tant ce film, réalisé en 2008, a marqué les esprits et s’est imposé comme une référence du cinéma de genre contemporain en France. Et si le plus international Ghostland était le nouveau Martyrs de Pascal Laugier ? Et si cette oeuvre surclassait toutes les autres réalisées pour l’instant par ce réalisateur passionné de grand talent ? Partons sur les traces du film mais aussi de l’homme.

Né en 1971, Pascal Laugier s’intéresse relativement tôt à la chose cinématographique au point de s’engager dans une école de cinéma avant de se lancer sur le devant de la scène avec un premier court métrage, Tête de Citrouille, avec Marie Fugain à l’affiche. Son film rencontrant un certain succès, il réitère l’expérience quelques années plus tard avec 4ème sous-sol en 2001.

Ce second effort fait mouche puisqu’il est d’emblée repéré par Christophe Gans qui cherche justement un jeune réalisateur pour mettre en boîte le making-of de son Pacte des Loups. Le film ayant eu le succès que nous connaissons tous, les making-of, très bien réalisé, est lui aussi repéré et il n’en faut pas plus pour que Laugier se fasse un nom dans la profession. Fort de ce succès, il se jette à l’eau et réalise son premier long métrage, Saint Ange, en 2004, un film fantastique pouvant compter sur les présences conjuguées de Virginie Ledoyen et Lou Doillon.

Boudée par le public, cette oeuvre ne fera pas trace dans l’histoire du cinéma français mais est néanmoins défendue bec et ongles par la presse spécialisée qui voit en Laugier un futur grand du genre. La beauté plastique évident de l’ensemble prouve en effet que le réalisateur a de l’avenir dans le métier et il ne tardera d’ailleurs pas à le prouver avec le cinglant Martyrs que l’on ne présente plus. Dur, cru, à la limite du supportable mais surtout portant une patte de plus en plus affirmée, ce nouveau long est celui de toutes les folies, de tous les scandales et de toutes les censures. Autant dire que, plutôt que de se faire un nom dans le seul giron des amateurs de cinéma de genre, Laugier fait tout exploser et est connu de tous.

Arrive alors les sirènes américaines et la tentative The Secret, basé sur un scénario de Laugier lui-même. Avec une Jessica Biel plus invisible que jamais en guise d’actrice principale et une production qui a visiblement changé quelques petites choses au récit et à la vision du réalisateur, le cinéaste livre ce qui constitue sans doute sa pire création à l’heure actuelle. Sans être mauvais - on ne peut renier la qualité de la mise en images et un souci permanent de l’esthétique -, The Secret ressemble simplement à une prod ricaine lambda sans vraiment d’âme.

Après un épisode de la série XIII réalisé la même année, Pascal Laugier semble vouloir trouver son second souffle sur le marché américain mais éprouve quelques difficultés à conquérir les producteurs de l’endroit. Alors qu’il table sur des thrillers amoureux, les financiers désirent surtout imposer leurs vues. Cette longue phase d’inactivité de deux ans à chercher des financements pour des projets morts-nés a une fin et celle-ci s’appelle... Ghostland.

Désireux de se remettre au travail et surtout de se rapprocher de ses valeurs, Laugier entame l’écriture de son nouveau film et boucle la chose en à peine 4 à 5 semaines, une prouesse qui convainc quelques gros studios. En passe de signer avec l’un d’entre eux, le cinéaste reçoit alors une note de production où on lui demande de changer l’âge de son personnage principal, le faisant passer de 14 à 19 ans. Refus catégorique bien entendu de la part d’un homme de valeur qui a, de surcroît, envie de développer un protagoniste féminin en pleine puberté. Dès lors, après concertation avec Clément Miserez, son producteur sur Ghostland, il parvient à un accord avec ce dernier et trouve des subventions en Europe principalement avec quelques interventions outre-Atlantique pour faire monter le budget à 4,5 millions de dollars.

Cette somme suffisant à tourner au Canada, le metteur en scène ne tarde pas à tomber amoureux de la province de Manitoba, à l’Ouest du Canada, dont les paysages varient fortement d’un endroit à l’autre tandis que la plupart d’entre eux ressemblent à ceux de l’Illinois, là où l’action de Ghostland est censée se dérouler. Bénéficiant des facilités de production sur place et notamment du crédit d’impôt, Laugier boucle son tournage en 38 jours, celui-ci ayant été prolongé quand il avait trouvé la maison idéale pour de nombreuses scènes. Durant cette période, Laugier a particulièrement aimé travailler avec Mylène Farmer pour qui il avait tourné auparavant le magnifique clip City of Love. La chanteuse a directement flashé sur le profil du cinéaste et inversement, celui-ci trouvant qu’elle collait parfaitement à l’univers de Ghostland. Initialement en quête d’une actrice américaine, il n’a pas fallu longtemps à Laugier pour proposer le rôle à Mylène Farmer qui, elle, n’a pas hésité une seule seconde à accepter la proposition.

Ghostland, qui sera projeté en ce soir du 3 avril dans le cadre de l’ouverture du BIFFF 2018, suit Pauline et ses deux filles qui héritent d’une maison suite au décès d’une tante. Mais dès la première nuit, des meurtriers pénètrent dans la demeure et Pauline doit se battre pour sauver ses filles. Un drame qui va traumatiser toute la famille mais surtout affecter différemment chacune des jeunes filles dont les personnalités vont diverger davantage à la suite de cette nuit cauchemardesque. Tandis que Beth devient une auteur renommée spécialisée dans la littérature horrifique, Vera s’enlise dans une paranoïa destructrice. Seize ans plus tard, la famille est à nouveau réunie dans la maison que Vera et Pauline n’ont jamais quittée. Des évènements étranges vont alors commencer à se produire…

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