Critique de film

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Fille de Dracula (La)

"La Fille de Dracula"
affiche du film

Lorsque la grand-mère Karlstein se meurt, elle tient à transmettre à sa petite fille le secret et le fardeau de la famille. La crypte au fond du terrain renferme l'ancêtre Karlstein, connu sous le nom de Dracula, et l'on doit s'assurer qu'il ne boira plus jamais de sang. Évidemment, il suffit d'évoquer le trouble pour qu'il apparaisse et les jeunes demoiselles disparaissent aux alentours du château des Karlstein, au grand désarroi du commissaire qui ne croit pas aux sornettes colportées par le journaliste ou le secrétaire du comte Karlstein.

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Trailer - La fille de Dracula (1972)
Par : Damien Taymans


La Fille de Dracula (1972 - Jess Franco) -... par minuitsang

Les critiques à propos de ce film

Critique de La fille de Dracula - Pauvre Dracula !
Par : Fred Pizzoferrato

Au début des années ’70, Jésus Franco se prit d’affection pour les grandes figures du fantastique qui, pourtant, ne lui avaient rien fait. Après Les expériences érotiques de Frankenstein (tout un programme !) et sa suite Dracula prisonnier de Frankenstein, le petit Jésus convie une fois de plus Howard Vernon dans le rôle du prince des vampires pour cette Fille de Dracula. Comme les précédents, le métrage s’inscrit dans cette vaine tentative de copier les classiques de la Hammer à l’heure où, de son côté, la vénérable firme déclinait et multipliait les essais incongrus pour toucher un nouveau public via le kung fu (Les 7 vampires d’or) ou le sexe (The vampire lovers). Evidemment, Franco oblige, nous aurons droit à une bonne dose d’érotisme et à des zooms à profusion tenant lieu de mise en scène dans un film franchement brouillon et languissant.

Le château des Karlstein cache en réalité, selon la rumeur, la demeure ancestrale du Comte Dracula nous apprend le narrateur de cette histoire, laquelle dévie ensuite vers une jeune femme se dénudant longuement pour prendre un bain. Sitôt dans l’eau la dame est attaquée par une femme vampire…
Luisa, pour sa part, arrive peu après au château des Karlstein et assiste aux derniers instants de sa mère, qui lui révèle que sa famille comprend des vampires. Luisa reçoit également une clé ouvrant la tour du château où elle trouve d’horribles révélations concernant son histoire familiale. Luisa découvre ainsi deux cercueils dont l’un contient le corps du Comte Dracula, toujours bien vivant et avide de chair fraiche. Le prince des ténèbres vampirise la jeune femme qui se découvre une grande soif de sang et de sexe…Vu le nombre élevé de victimes, un inspecteur de police rationaliste débarque dans la région pour enquêter sur ces étranges crimes tandis qu’un journaliste fouineur tente, lui aussi, de percevoir le fin mot de l’histoire.

La fille de Dracula cumule les défauts coutumiers du cinéma de Franco, à savoir une intrigue prétexte et inintéressante, un rythme languissant, une interprétation souvent catastrophique et une mise en scène paresseuse dont la principale marque de fabrique consiste à zoomer et zoomer encore sur l’intimité de demoiselles complaisamment dévêtues.
Howard Vernon, mis en vedette sur l’affiche, se contente pour sa part de rester dans son cercueil durant l’entièreté du métrage en prenant un air menaçant. Lors du final, le vampire mourra étrangement empalé (hors champ) par un pieu de bois lui transperçant…la tête ! Le respect des mythes en prend un coup mais Franco n’en a cure, trop soucieux de zoomer (oui, encore !) sur ses actrices à poil. Une pratique lassante tenant lieu d’érotisme même si le cinéaste se laisse aller à une inévitable séquence lesbienne rythmée par un piano se voulant romantique. Incapable de générer le moindre suspense ou la plus minime excitation, Franco se montre en revanche champion pour distiller l’ennui et La fille de Dracula s’avère à ce niveau particulièrement efficace tant il parait difficile de ne pas s’y assoupir. La progression dramatique, totalement nulle, se met donc au diapason d’une intrigue inepte et d’une mise en scène affligeante pour aboutir au final à une réalisation incohérente (quoique moins portnawak que la plupart des titres pondus par le maître) qui se repose entièrement sur l’atmosphère. Malheureusement la dite atmosphère s’avère totalement léthargique et soporifique tant rien ne parvient à susciter le moindre intérêt. L’essentiel du métrage réside d’ailleurs dans une poussive histoire de coucherie et de mari trompé, la ligne narrative concernant les vampires semblant rapportée maladroitement sur un film s’apparentant surtout à une dramatique télévisée de bas étage à base d’adultère et de secret de famille.

Le seul point positif dans La fille de Dracula (outre sa durée réduite – Satan en soit loué ! – à 78 minutes) va être l’utilisation de décors plutôt agréables à l’oeil et souvent bien photographiés, dans des teintes mélancoliques de bon aloi. Pas de quoi crier au génie mais, au moins, Franco soigne un minimum le produit au lieu de s’en désintéresser complètement. Rassurons les puristes de l’Espagnol, tous ses tics de mises en scène agaçants répondent néanmoins présents.
Admettons toutefois que La fille de Dracula se montre plus soigné et plus convaincant, d’un strict point de vue cinématographique, que les immondes sous-produits érotiques ou horrifiques signés par le cinéaste au cours des seventies. Malheureusement, La fille de Dracula se révèle également nettement moins divertissant car dénué de la moindre véritable imagination, tant au niveau de l’exploitation (pas mal de nudité, deux scènes saphiques interminables et un quota de gore quasi nul) que du nanar (Franco veut manifestement réaliser un bon film dans la lignée des Hammer mais il échoue lamentablement sans toutefois verser dans le comique involontaire comme pouvait l’être son bâclé mais sincère Les nuits de Dracula).

Niveau casting la belle Portugaise Britt Nichols (vue dans une dizaine de films de Franco durant la première moitié des seventies, de Les démons à Christina princesse de l’érotisme en passant par Virgin report et Quartier de femmes) et Anne Libert (dont la carrière va de Max Pécas –Club privé pour couples avertis - à Claude Lelouch – Le bon et les méchants en passant par Q et Bananes mécaniques, signés Jean-François Davy) assurent le quota de charmes tandis que le légendaire Howard Vernon se contente de ne rien faire durant la totalité du film, se mettant ainsi au diapason d’un métrage dans lequel il ne se passe tout simplement rien !

Piteuse tentative d’épouvante atmosphérique conjuguant les fantômes de la Hammer dans une intrigue prétexte à quelques galipettes érotiques glaciales, La fille de Dracula constitue un nouveau somnifère au passif d’un Franco dont la réputation parfois flatteuse parait de plus en plus surréaliste. Néanmoins, les défenseurs acharnés du cinéaste (et il en existe !) trouveront probablement satisfaction durant ces quelques 78 minutes de déambulations érotico-fantastiques au bord de la mer. Les autres risquent de considérer le tout comme éprouvant et imbuvable !


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