Critique de film

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Le Fils de Dracula

"Son of Dracula"
affiche du film

Un mystérieux personnage nommé Alucard débarque dans une petite ville des Etats-Unis.

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Trailer - Le fils de Dracula (1943)
Par : Damien Taymans

Les critiques à propos de ce film

Critique de Le fils de Dracula - Chaney complète sa galerie des monstres
Par : Damien Taymans

Le comte Dracula, affublé du ridicule surnom d’Alucard, entend berner tout le monde à l’aide de cette anagramme enfantine. A peine débarqué aux Etats-Unis, le célèbre vampire s’invite dans un manoir endeuillé pour y ravir le cœur d’une fraiche orpheline et l’appâter en lui formulant l’habituelle promesse de l’immortalité. Mais le professeur Lazlo, éminent scientifique vachement calé sur la cause vampirique, lui tient audacieusement tête…

Sous ce pitch navrant de facilité se cache Le fils de Dracula, troisième volet officiel (si l’on omet le doublon Browning/Melford) de la franchise vampirique entamée par Universal en 1931. Depuis, le mythe s’est entiché d’une représentante oestrogénée aux crocs acérés, brillamment interprétée par l’envoutante Gloria Holden lors de La fille de Dracula. Rejeton à peine avoué, Le fils de Dracula arbore un intitulé ravageur et évocateur, attestant de la libido débordante du comte transylvanien. A l’inverse, Robert Siodmak, frangin du scénariste, ne propose qu’un effort aussi médiocrement stérile que son séducteur capé. Sur un modèle increvable, sorte de retour aux sources tant filmiques que littéraires, Curt Siodmak (Le loup-garou, Vaudou) et Eric Taylor (Le fantôme de Frankenstein, Le chat noir) ravivent toutes les conventions de la mythologie alors éteinte et confèrent au personnage principal des pouvoirs ensorceleurs que le jeu hypnotique de Bela Lugosi avait réduits à l’état d’effet secondaire post-philtre magique.

Lon Chaney Jr., alors érigé au statut de star des productions bis, endosse smoking et cape, chausse ses canines et introduit ainsi dans sa filmographie une nouvelle incarnation monstrueuse, faisant suite à ses prestations poilues de lycanthrope (Le loup garou), à son rôle dans la peau de la créature de Frankenstein (Le fantôme de Frankenstein) et à son extatique enfilage de bandelettes (La tombe de la momie). Mais, l’acteur peine à proposer un personnage un tant soit peu charismatique, d’autant que ledit Dracula n’apparaît à l’écran qu’une quinzaine de minutes et se voyant supplanté par Katherine, la gourgandine à laquelle il a permis l’accès aux ténèbres. S’ensuit une lutte d’influences entre créateur et créature malheureusement sous-exploitée par manque de temps. Et c’est bien là le principal défaut de cette pellicule boiteuse : généreux et inspirés, les scénaristes y ont injecté plusieurs sous-intrigues qui s’enchainent de manière abrupte et font fi de tout enjeu psychologique (Lazlo, décalque de Van Helsing et un Dracula translucide) au profit d’éloges lourdaudes à la gloire américaine (Dracula ne cesse de rappeler la pureté et la robustesse du peuple américain, contrairement aux rabougris de Transylvanie).

Témoin de la décadence qui s’opère dans les productions horrifiques d’Universal, Le fils de Dracula sert de prémisse aux parodies douteuses qui naitront à sa suite et dans lesquelles seront convoquées toutes les créatures pourtant brillamment dépoussiérées quelques années plus tôt. Inégal et fade, le métrage se montre bien en-deçà de l’honorable suite, La fille de Dracula.

Critique de Le fils de Dracula - Parabole vampirique
Par : Fred Pizzoferrato

Sud des Etats-Unis, 1943. Le colonel Caldwell a deux filles d’une vingtaine d’années, Claire et Kay. La seconde doit épouser Frank Stanley mais l’arrivée d’un noble européen, le comte Alucard, remet tout en question. Une gitane nommée Zimba annonce pourtant à la jeune Kay un avenir peu radieux : elle va se marier avec un cadavre. Mais la gitane meurt de peur en voyant une chauve-souris et Kay retourne à la maison. Evidemment, Alucard débarque, tue le vieux Caldwell et arrive finalement alors que la réception se termine dans le chagrin. Claire hérite de l’argent tandis que Kay reçoit la plantation familiale et décide d’épouser Alucard, tout en sachant qu’il est un vampire. Le jaloux Frank n’arrange pas les choses en tirant sur le comte puisqu’il abat accidentellement sa fiancée. Ce sera au Dr Brewster de combattre Alucard, avec un certain Lazlo, chasseur de vampire de son état.

Voici le premier grand film de Robert Siodmak, écrit par son frère, le romancier Curt, auteur de nombreux scénarii (du Vaudou de Tourneur au « culte » Frankenstein rencontre le loup-garou de Roy William Neill, tous deux de cette même année 1943) et du roman "Le Cerveau du Nabab", un classique de la science-fiction adapté à l’écran à de nombreuses reprises. Ce Son of Dracula constitue une bonne surprise et s’avère souvent intéressant, grâce à une bonne équipe technique (comprenant, entre autre, le fameux maquilleur Jack Pierce et le spécialiste des effets visuels, John P. Fulton) et à des interprètes motivés. Si Lon Chaney Jr n’est pas le meilleur acteur ayant incarné le comte à l’écran, sa prestation n’est pas déshonorante pour autant, loin de là. Cela lui permet d’ailleurs d’incarner le dernier des "quatre cavaliers de l’Apocalypse" made in Universal puisque Chaney joua tour à tour les quatre monstres principaux du bestiaire : Le Loup Garou, La Momie, Le Monstre de Frankenstein et Dracula.

La transposition du mythe de Dracula (car c’est bien de lui qu’il s’agit et non pas de son supposé "fils") à l’époque contemporaine et dans le sud des USA fonctionne plutôt bien sans négliger l’humour ("A…lu…card…" cela me rappelle quelque chose…un gimmick ensuite souvent repris) et le cadre choisi est adéquat. Les châteaux brumeux des Carpates cèdent ainsi le pas devant l’atmosphère lourde d’une ville bordée d’un marécage fantaisiste et angoissant habité par une gitane aux prédictions menaçantes. Un climat proche du polar et on retrouve d’ailleurs dans Son of Dracula un personnage de jeunes femmes aux motivations troubles, envoûtées par le vampire, la vamp du film noir s’effaçant devant la Vamp…ire, une association d’idées plutôt osée pour l’époque et ensuite souvent reprise dans des productions des années 80 teintées d’érotisme.

Le professeur Lazlo (J.E. Bromberg), de son côté, prend la relève de van Helsing mais s’avère tout aussi - sinon plus - fanatisé par son désir d’éliminer le monstre aux dents longues. La meilleure séquence reste celle, souvent évoquée, du cercueil flottant sur les eaux saumâtres du marais mais d’autres passages retiennent l’attention et concourent à la réussite d’un métrage très agréable à suivre. Sans entrer totalement dans le jeu des analyses, on relève aussi un certain fond politique sous-jacent en rappelant les origines juives allemandes des deux frères Siodmak et le contexte de tournage, à savoir la période de la guerre. Le nazisme ne serait-il pas l’incarnation authentique du vampirisme lorsque les dialogues nous apprennent que le mal se répand en Europe, qu’il y a "épuisé la vie" et sapé l’énergie de ses habitants, menaçant maintenant de s’attaquer aux Etats-Unis si nul ne s’y oppose ?

Malgré quelques faiblesses, Son of Dracula s’appuie sur un scénario riche et inventif et développe les dialogues et personnages avec talent, même si les rigueurs de la censure empêchent le cinéaste de véritablement s’attarder sur la relation passionnelle et érotique de son héroïne avec le comte. Une œuvre à redécouvrir.

Commentaires sur le film

parabole

3 etoiles

Tiens, c’est marrant, en ce qui concerne la pureté du peuple et connaissant la personnalité de Siodmak j’y avais davantage vu une critique du nazisme et une manière de faire comprendre aux américains qu’ils devaient aussi s’intéresser au problème qui n’était pas réservé aux Européens...

Comme quoi...

31 août 2009 à 11:08 | Par hellrick

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