Critique de film

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Frankenstein créa la femme

"Frankenstein Created Woman"
affiche du film

Frankenstein ressuscite une jeune femme défigurée et paralysée en la guérissant de son infirmité.

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Trailer - Frankenstein créa la femme (1967)
Par : Damien Taymans

Les critiques à propos de ce film

Critique de Frankenstein créa la femme - Recentralisation déviante
Par : Damien Taymans

Marqué par le guillotinage de son père dont il fut témoin enfant, Hans est devenu depuis un robuste jeune homme qui travaille comme assistant du docteur Hertz, lequel épaule le baron Frankenstein dans ses expériences. Plus froid et acariâtre que jamais, Frankenstein vient de trouver le moyen de conserver l’âme d’un mourant et de la transférer dans un autre corps. La condamnation à mort d’Hans devient donc une opportunité à ne pas manquer pour pouvoir poursuivre ses expérimentations macabres…

Initialement prévu pour être une suite directe au premier volet de la saga, Frankenstein créa la femme laisse présager un récit proche de celui de La Fiancée de Frankenstein de James Whale, d’autant que le précédent épisode signé par Freddie Francis, L’empreinte de Frankenstein, était co-produit par Universal, première major à détenir les droits du roman de Shelley. Dénué de toute création féminine, la pellicule entretient davantage de filiation avec le chef-d’œuvre de Roger Vadim, Et Dieu créa la femme, dont il adopte la fétichisation de la figure féminine. La sublime Susan Denberg, qui vient de bénéficier de la couverture de l’illustre magazine Playboy, rivalise de charme avec la sculpturale Bardot dont les galbes délicieusement dessinés et la chevelure d’or se sont imposés sur la scène internationale.

Ce quatrième volet, loin de capitaliser uniquement sur l’atout charme de son casting, constitue un évident retour aux sources pour la saga (la scène d’introduction montrant une guillotine évoque forcément l’entame de La revanche de Frankenstein), entachée par un troisième épisode qui s’était affranchi de la trame tissée par le scénariste Sangster et avait renoué avec une dynamique plus « Universal » (la créature, dont le maquillage boulonné rappelle celui créé par Jack Pierce, bénéficie de davantage de crédit). Après avoir repris en main la saga des Dracula avec Dracula, prince des ténèbres, l’année précédente, Terence Fisher, l’âme des studios Hammer, agrippe une nouvelle fois les rennes de la série Frankenstein et lui donne une tournure plus science-fictionnelle, imputable au script d’Anthony Hinds. Le co-dirigeant de la firme de production transforme le scientifique Frankenstein en un alchimiste spirituel, capable d’isoler l’âme d’un homme pour le réimplanter dans un nouveau corps. Décrit comme plus froid et manipulateur (la scène du repas dans l’auberge est, à ce sens, édifiante), le baron voit sa folie reléguée au second plan, au profit, d’une part, de l’amourette impossible entre Hans et Christina, innocente jeune femme défigurée et boiteuse et, d’autre part, d’une ennuyeuse histoire de vengeance que fomente Hans à l’encontre des trois aristos qui ont provoqué son trépas. Fisher persévère dans sa peinture dichotomique de la société et confronte une nouvelle fois l’aristocratie hautaine et la classe paysanne qu’elle prend plaisir à opprimer et à railler : les trois bourgeois, en guise de prélude à l’Orange mécanique de Kubrick, crachent leur haine au visage de Christina l’éclopée et de son père, avant d’entonner un chant paillard et moqueur sous la fenêtre de la beauté scarifiée et de se défouler littéralement sur le corps inerte du tenancier du cabaret. A l’instar de l’introduction du Chien des Baskerville, ces séquences, filmées sous l’œil d’une caméra qu’on devine insensible, qui déferlent dans un tourbillon de violence constituent l’apothéose de l’œuvre de Fisher qui retrouve, pour l’heure, le ton irrévérencieux de ses succès des années 50.

Scénaristiquement appauvri par une sombre histoire de vengeance, Frankenstein créa la femme réconcilie le baron et la Hammer qui l’avait malmené lors du troisième épisode. Malgré un temps d’apparition réduit, Peter Cushing éclabousse de nouveau la pellicule de son charisme flegmatique, soutenu par un casting des plus brillant. Le seul bémol réside dans l’absence de psychologie de l’ensemble (Frankenstein est réduit à un vil malotru, son assistant à une vague silhouette, l’intégration d’un homme dans le corps d’une femme ne soulève aucune ambiguïté).

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