Critique de film

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Frissons

"Shivers"
affiche du film

Un jeune couple visite un ensemble immobilier qui s'avere tres particulier. En effet, ils sont temoins de crimes abominables. Ils apprennent qu'un docteur attache au complexe immobilier met en pratique certaines theories de Reich sur la sexualite.

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Trailer - Frissons (1974)
Par : Damien Taymans

Les critiques à propos de ce film

Critique de Frissons - Une nymphomanie chronique
Par : Damien Taymans

Le thème de Cronenberg lancé, il fallait essayer dans un temps record de le mener à bien. Malgré tout, dans les œuvres restantes, stagnait abandonné le pauvre Frissons, sans doute relégué par tous au statut d’œuvre bannie parce que la première réelle du domaine fantastique de l’auteur. Soyons franc, il est vrai qu’une certaine appréhension m’habitait avant d’aborder l’œuvre d’autant que des aprioris nauséabonds me revenaient au nez et à l’esprit à l’idée d’entamer ce film vu il y a quelques années déjà. Et pourtant…

Et pourtant, force est d’avouer qu’après deux œuvres assez limites (Stereo et Crimes of the future), le réalisateur a bien fait de se plonger dans le genre fantastique. A vrai dire, le genre n’était pas le préféré de Cronenberg mais la possibilité de tourner un film dans le Canada des années 70 était déjà une aubaine dont peu jouissaient et l’auteur n’a donc pas rechigné à accepter le domaine prédestiné. En terme national, Frissons va être une véritable révolution dans le genre horrifique puisque les producteurs entendaient généralement par « films d’horreur » ces œuvres vieillies, baroques, emplies de vampires et de loup-garous. Aussi, Frissons peut se targuer non seulement d’être une œuvre novatrice mais également en phase avec son temps puisque Cronenberg traite, par l’intermédiaire de son œuvre, d’un problème qui va considérablement changer nos mentalités occidentales : le sida.

Démarrant son film par des images très fortes (un homme empoigne une jeune femme pour finalement la déshabiller et l’opérer avant de se trancher la gorge), le réalisateur de La mouche n’hésite pas sur les couches multiples qu’il rajoute au fil du récit pour augmenter la densité horrifique de l’œuvre. Contrairement à l’ensemble de ses œuvres qui sont fondées sur une sorte de crescendo angoissant, Frissons frappe d’emblée par la nature violente de ses images dès la genèse de l’œuvre. Une tension qui ne baissera pas pour finalement aboutir à une scène apocalyptique où aucune issue n’est possible.

Une tension perpétrée par des élaborations monstrueuses très réalistes. Empruntant un genre de science-fiction anticipative, un médecin imagine le remplacement d’un organe par un hôte, un parasite qui rendrait le corps viable et la vie plus facile à vivre. Sauf que ledit médecin va mettre en pratique ses théories et créer une race humaine violente et poussée par des pulsions sexuelles exacerbées dues à un mélange savant d’aphrodisiaques et d’une bactérie vénérienne. Ainsi naît une nouvelle maladie qui se transmet essentiellement par le truchement des relations sexuelles (comme le sida). Les bêbêtes symbolisent de véritables pénis rampants qui s’immiscent à l’intérieur de la bouche des victimes et les transforme en créatures répugnantes mais désirables. En plus de créer une tension palpable et épaisse et de provoquer chez le spectateur une peur infinie, Cronenberg arrive par-dessus tout à choquer la sensibilité de son public en mettant en scène des images carrément insoutenables pour la pensée rétrograde des conservateurs les plus aguerris. Le sexe est loin d’être un tabou dans l’œuvre cronenbergienne (il en fera son chou gras dans nombre d’autres films comme Vidéodrome ou Crash) et l’auteur utilise toutes les facettes de la chose (si vous me permettez l’expression) des relations les plus convenues aux plus hyperboliques. Ainsi aurons-nous l’occasion de contempler deux hommes en train de se faire des mamours, deux femmes de se jeter sauvagement l’une sur l’autre, un père de famille d’entretenir des relations incestueuses avec sa propre fille, une petite fille de dévorer le corps du pauvre gardien de l’immeuble, un homme de promener deux chiennes humaines à l’extérieur. Des visions extrêmement dérangeantes de ces bêtes nymphomanes qui provoquent chez le spectateur autant d’angoisse que d’excitation.

Malgré tout, on sent au sein de l’œuvre de petites erreurs de mise en scène assez troublantes qui nous montrent clairement que l’auteur est aux prémisses de son art. quelques effets de caméra tremblotante mal définis et assez hasardeux, une introspection subjective de la caméra mêlée à des effets maladroits aux plans nauséabonds. Des fautes de goût que l’auteur aura l’occasion de rattraper par la suite pour prouver qu’il est et restera à tout jamais l’un des meilleurs réals de la planète.

En conclusion, Frissons démontre le savoir-faire de Cronenberg et entame la carrière bandante que signera le réalisateur dans le domaine cinématographique. Malgré des critiques démoralisantes à l’égard de son film, le réalisateur poursuivra sur sa lancée et aura tout de même l’honneur (par le biais de ce film) d’avoir lancé les idées de départ de la saga Alien, ce qui n’est pas rien.

Commentaires sur le film

3 etoiles

14 novembre 2008 à 21:11 | Par philippe

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