Critique de film

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Giallo

"Giallo"
affiche du film

Un jeu du chat et de la souris entre un serial-killer amateur de jolies femmes et un flic solitaire.

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Trailer - Giallo (2009)
Par : Damien Taymans

Les critiques à propos de ce film

Critique de Giallo - La cité de la peur n°2
Par : Fred Pizzoferrato

En dépit des déceptions relatives que furent les films réalisés par Dario Argento depuis une dizaine d’années, l’annonce du retour du Maestro italien au genre ayant assuré sa renommée au début des seventies ne pouvait que susciter l’enthousiasme. Hélas, Giallo n’a rien d’une réussite et s’avère probablement le plus mauvais film du cinéaste, à côté duquel les pourtant médiocre The card player et Trauma ne pourront qu’être réévalué à la hausse. Car, et cela fait peine à dire et à écrire, Argento ne touche pas le fond avec ce nouveau long-métrage…non, il creuse carrément des souterrains !

Turin vit dans la terreur… un serial killer (« un quoi ? ») déguisé en chauffeur de taxi kidnappe, torture et assassine de belles et jeunes touristes. Linda (Emmanuelle Seigner) demande l’aide d’un inspecteur de police obstiné, Enzo Avolfi (Adrien Brody) afin de retrouver sa jeune sœur Celine (Elsa Pataky), enlevée par le maniaque. Avolfi, véritablement obsédé par le tueur surnommé « Giallo » (une maladie de peau rarissime l’a en effet rendu jaunâtre !) commence à traquer le meurtrier. Même si il est supposé être un véritable expert en psychologie criminelle, Avolfi passe l’essentiel de son temps à manger des pizzas en regardant d’un œil absorbé les photos des victimes mutilées et en fumant clopes sur clopes. Heureusement, Linda permet à l’enquête de progresser mais pourra-t-elle retrouver sa sœur avant que Giallo ne la tue ?

Difficile d’imaginer ce qui a pu attirer Dario Argento dans ce projet aberrant tant le scénario peine à susciter le moindre intérêt chez le spectateur. L’intrigue, d’une simplicité désarmante, ne possède aucunement la complexité attendue des véritables « giallo » et s’inscrit davantage dans la lignée des enquêtes routinières de séries télévisées de fin d’après midi. Une véritable déception donc, Argento ayant choisi, pour son supposé « grand retour », un scénario n’ayant, finalement, pratiquement aucun éléments en commun avec les authentiques « giallo ». Entre le thriller de bas étage et le « torture porn » sans imagination, Giallo s’apparente en fait à une relecture du déjà peu passionnant The card player versant souvent dans le risible. Ni tueur masqué, ni gant de cuir noir, ni victimes en petite tenue menacées par un mystérieux assassin ne sont donc présent dans un film portant bien mal son titre et dans lequel on s’attendrait presque à croiser un Leslie Nielsen adepte de la réplique délirante.

Au niveau de l’interprétation, Emmanuelle Seigner apparaît comme épuisée et même lessivée mais parvient à donner un minimum de conviction à un personnage sans aucun intérêt. Elsa Pataki se contente, elle, de crier et d’insulter son ravisseur de manière outrancière au risque de sombrer dans le comique involontaire. Les deux actrices font ce qu’elles peuvent pour assurer un semblant de tenue à l’entreprise mais la minceur de l’intrigue, le côté unidimensionnel de leurs rôles et la nullité des dialogues ne leur permettaient, de toute façon, aucun miracle. Disons qu’elles sauvent les meubles, ou du moins le peu qui peut l’être même si Seigner, peu concernée, se montre à plusieurs reprises tout simplement grotesque.

Adrien Brody, pour sa part, se révèle embarrassant dans son rôle de policier incapable ayant évidemment subi un lourd traumatisme dans sa jeunesse : après avoir vu sa mère tuée par un dingue, le jeune garçon s’est vengé brutalement sous les yeux d’un flic compréhensif. Ce flashback sanglant à souhait achève de ruiner un métrage n’ayant, semble t’il, plus le moindre souci de vraisemblance et se contentant d’aligner les clichés les plus éculés. Détenteur d’un Oscar pour Le pianiste en 2003, Brody traverse donc le film d’un air absent, une clope au bec, en essayant de prendre l’air inspiré d’un vrai expert en psychologie criminelle mais reste surtout d’une médiocrité embarrassante. Pour ne rien arranger l’acteur incarne également (sous le pseudonyme en forme d’anagramme de Byron Deidra !) le tueur, Mr Giallo himself, dissimulé sous un lourd maquillage plus grotesque qu’effrayant et un bandana rouge lui donnant un air de Rambo sur le retour franchement incongru. Argento insiste lourdement sur la personnalité fort proche de ses deux protagonistes, renvoyant dos à dos le flic acharné et le maniaque, tous deux « travaillant » seuls et dans l’ombre afin d’exorciser les brimades vécues durant leurs jeunes années. Les deux visages d’une même pièce, aussi opposés et pourtant semblables que, disons, le Joker et Batman. Une symbolique peu originale mais toutefois intéressante, hélas ruinée par le manque d’intelligence du script et les gros sabots que chausse le cinéaste, peu aidé il est vrai par le jeu désastreux de Brody. Un beau gâchis pour une des rares idées vaguement intéressante pondue par les apprentis scénaristes !

Parmi les rares intérêts du film citons les maquillages gore du fidèle Sergio Stivaletti, lequel se laisse aller à quelques passages bien sanglants inspirés des récents excès du « torture porn ». Argento verse donc dans la violence outrancière et brutale mais ne retrouve jamais le climat de folie sanguinaire imprégnant ses meilleures œuvres, ni même le côté jusqu’au-boutisse du décrié et pourtant très divertissant Mother of tears. Du gore banal qui saura contenter les nostalgiques (le côté rétro et vieille école des maquillages change agréablement des éclaboussures numériques des productions horrifiques récentes) mais ne pourra à lui seul justifier la vision de ce métrage d’une grande paresse.

En dépit de ses innombrables faiblesses, Giallo peut se prendre, au second degré, comme un hommage parodique et référentiel à la carrière de Dario Argento. On y aperçoit même un grand poster de Juno (métrage dans lequel l’héroïne débat des mérites respectifs de Suspiria et du Wizard of gore de Hershell Gordon Lewis) afin d’accentuer encore cette impression de clin d’œil perpétuel. La bêtise de l’intrigue et le ridicule de certaines situations, associé à des dialogues consternant, invite d’ailleurs les fans plus courageux (ou les plus aveuglés) du Maestro à ne voir en Giallo qu’une aimable récréation humoristique. Malheureusement, la nullité sidérante du film n’engage guère à se montrer conciliant devant ce ratage dont on attendait pourtant beaucoup.

Retour raté et hommage balourd au genre ayant assuré sa gloire, le long-métrage de Dario Argento se révèle malheureusement un échec cinglant et sans appel, une œuvre consternante et indéfendable, y compris pour les plus acharnés défenseurs du cinéaste. Triste et, quelque part, carrément pathétique !


Critique de Giallo - Jaunisse aiguë
Par : Damien Taymans

Eteignez les cierges qui se consument, rangez vos chapelets, planquez vos bibles. L’arrivée messianique n’aura pas lieu. Le titre du nouveau métrage de Dario Argento augurait d’une renaissance pour le cinéaste transalpin qui embrassait de nouveau le genre dont il avait été le fer de lance durant les années 70 avec Le chat à neuf queues, Les frissons de l’angoisse ou L’oiseau au plumage de cristal. De quoi faire oublier le décevant Mother of tears, dernier volet bâclé de son triptyque des Trois mères et ses derniers essais gialliques peu convaincants (Trauma et Le sang des innocents).

Mais chassez le naturel, il revient au Giallo. Le maestro, peu aidé par un scénario insipide de Jim Agnew et Sean Keller (le tandem œuvre également sur le L. A. Gothic de John Carpenter), livre une œuvre à la plastique rébarbative et au style anonyme. D’anonymat, il n’en est d’ailleurs point question pour le tueur qui sévit dans les rues turinoises : prenant le contrepied des codes inhérents au genre, les scénaristes révèlent l’identité de l’assassin dès l’entame et optent pour une trame plus proche des films de serial-killers américains (les investigations, guère passionnantes, occupent le coeur du film) qu’ils saupoudrent d’un brin de torture porn (ça coupe à la cisaille et au cutter). Contrecoup de cette coproduction américano-italienne (la firme de Dario Argento, Opera films produzione, et deux compagnies américaines se partagent la prod’) qui tangue et hésite entre traditionalisme transalpin et intérêts commerciaux états-uniens et s’amourache d’une intrigue d’une consternante insignifiance. Un meurtrier (jaune, le meurtrier), baptisé Yellow, qui se fait passer pour un chauffeur de taxi (jaune, le taxi) enlève des top models, étrangères de préférence, afin de les défigurer afin de se venger de Dame Nature qui ne l’a pas gâté. « Ah que je ris de me voir si laid en ce miroir » semble chantonner ce serial-killer à la voix rauque et aux tremolos appuyés qui jette son dévolu sur une étudiante asiatique et garde sous le coude Céline, un mannequin américain dont il veut abuser physiquement et intellectuellement après s’être occupé de sa première victime (jaune, la victime). Mauvaise pioche puisque la sœur du mannequin (incarnée par Emmanuelle Seigner) alarme la police au sujet de la disparition de sa frangine et assiste l’inspecteur Enzo Avolfi (Adrien Brody, fadasse comme pas deux !) dans son enquête lancinante amputée du moindre effet de surprise.

Personnage étranger au milieu judiciaire inopinément plongé dans une enquête, trauma initial pour l’inspecteur, méthodes d’investigation douteuses (la bureaucratie italienne fonctionnerait-elle à coups de dessous-de-table ?) et tueur fanatique des seringues et des armes blanches renvoient aux pelloches de Sergio Martino et de Dario Argento, quand celui-ci créait encore sous acides. Une pléthore de clins d’œil qui n’enrichissent que peu cet artefacts giallique guère plus passionnant que le plus insignifiant des épisodes de Julie Lescaut.

Expurgé de l’essence même du genre (le whodunit anéanti trop tôt, la partition extrêmement classique de Marco Werba, habitué des Timo Rose, dénote avec celles de Simonetti et des Goblins), Giallo ne constitue qu’une hybridation saumâtre et maladroite entre le torture porn (quelques séquences macabres rehaussées par les maquillages de Stivaletti), un film de serial killer lambda et le giallo proprement dit, genre obsolète qu’Argento contribue à jaunir encore davantage. Dario est mort, vive Amer !


Critique de Giallo - Jaune de honte
Par : Quentin Meignant

Projet qui fit grand bruit tout au long de son élaboration, car il signifiait le retour d’un Maître dans son genre de prédilection, Giallo fit une nouvelle fois parler de lui lors de ses premières projections, tant l’œuvre était une nouvelle fois synonyme de véritable ratage de la part de Dario Argento. En véritable amoureux du cinéma, les décideurs et programmateurs du BIFFF 2010 n’hésitèrent tout de même pas à rendre hommage au cinéaste transalpin en installant sa nouvelle réalisation lors d’une mémorable séance de 20 heures. Mémorable tout simplement parce que les railleries et moqueries furent légion du côté d’un public où, néanmoins, on pouvait apercevoir quelques personnes réellement attristées du déclin de l’un des metteurs en scène les plus géniaux de tous les temps. Pourtant, sur le papier, Giallo avait sans doute de quoi intriguer, voire charmer, en reprenant tous les codes du genre ultra-codifié que constitue le giallo. Turin vit dans la terreur… un serial killer déguisé en chauffeur de taxi kidnappe, torture et assassine de belles et jeunes touristes. Linda demande l’aide d’un inspecteur de police obstiné, Enzo Avolfi afin de retrouver sa jeune sœur Celine , enlevée par le maniaque. Avolfi, véritablement obsédé par le tueur surnommé « Giallo » commence à traquer le meurtrier. Même si il est supposé être un véritable expert en psychologie criminelle, Avolfi passe l’essentiel de son temps à manger des pizzas en regardant d’un œil absorbé les photos des victimes mutilées et en fumant clopes sur clopes. Heureusement, Linda permet à l’enquête de progresser mais pourra-t-elle retrouver sa sœur avant que Giallo ne la tue ?

Si, d’entrée, Dario Argento tente de donner le change en affichant un amour manifeste pour le genre qui l’a rendu célèbre et en reprenant les codes visuels un par un, le manque d’allant des comédiens trahit dès les premières secondes le côté bancal d’une production qui n’aurait sans doute jamais dû voir le jour. Peu à son aise depuis bien des années, le cinéaste doit ici s’appuyer sur la morne prestation d’Adrien Brody, aussi expressif qu’un rouget qui n’a plus vu la mer depuis des semaines, et sur Emmanuelle Seigner, tout simplement aberrante à tout niveau.

Outre cette pauvreté de casting, c’est l’œuvre toute entière qui plonge dans une médiocrité abyssale après un premier quart d’heure à peine convaincant. A cause d’un scénario à peine croyable et à des inepties censées évoquer le giallo (le tueur a la jaunisse, ça c’est une trouvaille !), l’ensemble s’installe dans les tréfonds d’un genre qui, pourtant, revient en force à l’heure actuelle. Dans la dernière demi-heure, Argento (bien enfoncé par les pseudo-scénaristes que son Jim Agnew et Sean Keller) trouve même le moyen d’aller plus loin dans la nullité laissant la mise en scène totalement en friche et offrant même des répliques involontairement dignes de celles d’un certain Serge Karamazov (La Cité de la Peur) à ses protagonistes.

Aussi perspicaces que des endives, ces derniers s’avèrent être fort représentatifs d’une œuvre inutile et détestable. A moins de se réjouir des nouvelles frasques filmiques d’un cinéaste qui en termine véritablement avec son déclin (espérons-le !), Giallo s’avère être une bande totalement irregardable.


Commentaires sur le film

Giallo ou Thriller ?

3 etoiles

Film de commande (d’ailleurs remonté par ses producteurs américains), ce "Giallo" est un Argento somme toute léger et mineur mais regardable.

Le film pêche surtout par son enquête policière trop balisée et linéaire,pas vraiment impliquante...ça manque un peu de folie et d’envergure tout ça...on a un peu l’impression que ce qui intéresse Argento au niveau du scénario c’est surtout la comparaison,les similitudes entre le flic Enzo et son double "Yellow",plus que cette investigation sans vrai rebondissements (ce qui l’éloigne donc de la narration typique du giallo)

En ce qui concerne les points positifs j’ai apprécié Adrien Brody et son personnage névrotique,celui du tueur aussi,certains passages assez réussis,la musique et cette froideur et cette cruauté dans les rapports,réminescences d’"Opera"et "Ténèbres".

4 janvier 2010 à 19:01 | Par Paul

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