Critique de film

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Gingerdead man (The)

"The Gingerdead man"
affiche du film

Meurtrier du frère et du père de Sarah Leigh, le psychopathe Millard Findlemeyer est envoyé à la chaise électrique, pour lui éclaircir les idées. Assoiffée de vengeance, la mère du tueur envoie à Sarah une pate à gateau maléfique contenant les cendres de son défunt brave petit. En l'utilisant pour une de ses recettes, Sarah donne vie à un bonhomme en pain d'épice possédé par l'ame du tueur, bien décidé à mettre lui aussi la main à la pate pour se venger...

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Trailer - The gingerdead man (2005)
Par : Damien Taymans

Les critiques à propos de ce film

Critique de The Gingerdead man - Pâte molle
Par : Damien Taymans
Tags : Sorcellerie, Full Moon

Sarah et sa mère luttent difficilement pour conserver leur boulangerie promise à une faillite de plus en plus proche. A vrai dire, depuis la mort du frère et du père de Sarah dans un hold-up auquel elle a assisté, rien ne va plus. D’autant que le friqué d’en face ne cesse de les forcer à coups de billets verts à mettre la clé sous la porte afin de laisser son commerce prospérer seul. Mais Sarah a d’autres soucis à gérer : elle doit survivre face à l’assassin de ses fraternel et paternel reconverti en pain d’épice…

Le pitch saccharosé ne fait aucun doute : Gingerdead man sort tout droit du four de Charles Band, ce faux artisan du bis, confiné à produire des Z fauchés contenant son lot d’édulcorants de terreur afin de faire fructifier l’usine Full Moon, coupable d’une dizaine de méfaits horrifiques annuels. Initialement prévu pour être dirigé par William Butler, le métrage tombe finalement – et sans surprises – entre les mains du redouté Charles Band, option davantage financière qu’artistique.

Ainsi, après ses imbuvables Doll Graveyard et Decadent evil, Band reprend du service et lâche quelque peu ses premières amours de porcelaine pour s’intéresser à la folle réincarnation d’un tueur sanguinaire (Gary Busey, égal à lui-même) en bonhomme de pain d’épice à la mine patibulaire, au faciès grimaçant et aux mille et une capacités (il peut tenir un flingue, fermer la porte du four et poignarder ses victimes !).

Long de 54 minutes (ce qui est déjà pas mal pour un Full Moon), Gingerdead man possédait tous les ingrédients pour devenir une farce horrifique hilarante et décervelée à défaut d’être efficace. Etrangement, le réalisateur prend le parti de livrer un métrage sans une once de deuxième degré (excepté une scène de recouvrement pâtissier) agrémenté de quelques rares mots d’esprit sous forme de calembours indigestes. Se détournant d’un chemin tout tracé d’avance, le réal se fourvoie en dotant son intrigue d’un premier degré nuisible qui s’avère rapidement ennuyeux en raison de la folie liminaire du projet.

Collectionnant les bouses nauséabondes, Band ajoute à ses trophées cette compilation de maladresses filmiques qui comporte, entre autres, des transitions vaseuses sur les façades du commerce, une mise en scène arythmique, des prestations variant de nunuches à neuneus, des scènes inutiles (l’amourette entre Amos et Sarah), … pour finalement n’offrir que très peu de réjouissances (le glaçage de la bonne femme, le catcheur bouffeur de pain d’épice), seules denrées comestibles d’un gloubi-boulga sans saveur.

Voilà une pâtisserie qui pèsera à coup sûr sur l’estomac des cinéphiles avertis, des simples badauds innocents et même des amateurs de nanars qui ne pourront se repaître de cette frasque indigeste.


Critique de The Gingerdead Man - Le pain d’épice vous va si bien !
Par : Quentin Meignant

Charles Band est ce que l’on appelle un artisan du Z contemporain. A l’aide de sa firme Full Moon, il ne répugne pas à mettre en scène des créatures toutes plus ridicules les unes que les autres relevant d’ailleurs souvent de la marionnette à deux sous. Néanmoins, ce tâcheron peut se targuer d’un joli succès : alors qu’il produit ou réalise une dizaine de films par an, ses DVD se vendent comme des petits pains, preuve s’il en est que le cinéaste a su, au fil du temps, fidéliser son public. De pitchs souvent totalement ridicules, Band parvient à tirer des œuvres loufoques (souvent à leur insu) qui ravissent les amateurs de Z barrés et fauchés. Ses tournages ressemblant souvent à de courtes fêtes, ils attirent souvent beaucoup de monde, dont quelques célébrités, comme Gary Busey qui accepta presque sans hésitation de jouer… un bonhomme de pain d’épice tueur dans The Gingerdead Man. Sarah, qui vient d’envoyer le meurtrier de son père et de son frère à la chaise électrique, est loin de se douter du danger qui la guette. La mère du tueur est en effet une sorcière qui, grâce aux cendres de son défunt petit, crée un bonhomme de pain d’épice homicide prêt à tout pour se venger de Sarah.

Après une séquence de fusillade où Gary Busey fait étalage de son talent à jouer le psychopathe gravement perturbé, le métrage s’ancre directement dans la loufequerie la plus complète. Pas toujours très adroit, cette entame prouve une fois de plus le manque de moyens de la Full Moon tant l’image et le son s’accordent dans la médiocrité. C’est alors que Band s’attache à faire ce qu’il fait de mieux : proposer tout au long d’un scénario plat au possible quelques scènes tout droit sorties des stéréotypes du cinéma de genre. Ainsi, le spectateur pourra admirer une coupure de journal qui s’adresse au subconscient de Sarah pour la menacer d’un danger imminent. Et, comme de fait, ce danger ne tarde pas à arriver par le biais d’une (grosse) sorcière, maman du tueur, une farine mystérieuse et, surtout, quelques heureux hasard qui permettent à Band de mélanger du sang humain à la farine sans trop se justifier.

Bref, après 20 minutes, impossible de faire machine arrière : soit Band instille un véritable caractère comique à ce The Gingerdead Man, soit celui-ci coule irrémédiablement et se décline comme l’un des pires films de l’histoire du cinéma d’horreur. Involontaire, l’humour se fait quelque peu jour au détour de quelques scènes assez amusantes abreuvant l’œuvre de dialogues sans aucun intérêt et d’un jeu d’acteurs parfaitement pitoyable. Malgré ces énormes tares, force est d’avouer que, petit à petit, The Gingerdead Man grappille de la sympathie grâce à un bonhomme de pain d’épice aussi réussi que drôle. Si ses répliques ne sont pas toujours du meilleur goût, il parvient à donner un certain rythme à l’histoire et à instaurer une véritable attente entre chacune de ses apparitions. Dès lors, sans que le film fasse preuve d’inventivité ni même de qualité, le spectateur pourrait se plaire à suivre les aventures de ce petit être en pâte molle…

Bardé de défauts inhérents à la qualité de travail de ce tâcheron de Band, The Gingerdead Man parvient néanmoins à communiquer sa bonne humeur par le biais de quelques séquences anthologiques. Ces dernières victimes de leur mauvais goût, rentreront sans conteste dans le palmarès hilarant des Z fauchés et, à vrai dire, pour pareille œuvre, c’est déjà ça.

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