Critique de film

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Gorgone (La)

"The Gorgon"
affiche du film

Dans un village d'Europe Centrale, vers 1910, on retrouve les corps de nombreuses victimes pétrifiées. Le professeur Heitz, qui enquête malgré les réticences, découvrira le terrifiant et inattendu secret de ces meurtres hors du commun.

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Extrait - La Gorgone (1964)
Par : Damien Taymans

Les critiques à propos de ce film

Critique de La Gorgone - Elle a les yeux revolver
Par : Fred Pizzoferrato

Œuvre relativement peu connue de Terence Fisher, La Gorgone restera également le dernier film réalisé par le grand cinéaste britannique avec les deux incontournables vedettes de la Hammer, Peter Cushing et Christopher Lee. Une association ayant offert une série de classiques de l’épouvante anglaise comme Le cauchemar de Dracula, Frankenstein s’est échappé ou La malédiction des pharaons.
Comme le titre l’indique, La Gorgone exploite cette créature mythologique rarement vue sur nos écrans et possédant pourtant un intéressant potentiel horrifique. Cependant, le film de Terence Fisher présente une créature appelée Mégère, laquelle, en réalité, n’est pas une des Gorgones mais bien une des Erynyes, autrement dit une des trois déesses infernales grecques, lesquelles correspondent aux Furies romaines. La Gorgone proposée aurait du logiquement se nommer Méduse, la seule des trois sœurs a être mortelle, mais le scénario parait mélanger différents mythes grecs sans guère se soucier de se conformer à la légende. Quoiqu’il en soit, une des seules autres apparitions notables de la Gorgone sera dans Le choc des titans, plus de quinze ans plus tard, et le métrage de Terence Fisher se révèle donc notable pour ce monstre trop peu utilisé, qu’il soit appelé Mégère ou Méduse.

Dans la grande tradition de la Hammer, l’intrigue de La Gorgone prend place dans un petit village d’Europe vivant depuis quelques années dans la peur. D’étranges rumeurs circulent au sujet de personnes retrouvées mystérieusement – et littéralement ! – pétrifiées et certains pensent qu’une Méduse en est responsable. Un jeune homme nouvellement arrivé au village, Paul (Richard Pasco), va surprendre la créature et sera pratiquement changé en pierre. Un de ses amis, le professeur Karl Meister (Christopher Lee), viendra ensuite tenter de résoudre l’énigme. Meister va se heurter au docteur Namaroff (Peter Cushing), lequel tente de dissimuler la vérité en attribuant les meurtres commis par la Gorgone à des causes naturelles. De son côté, Paul, amoureux de l’assistante du médecin, la belle Carla Hoffman, comprend trop tard que celle-ci est possédée par l’esprit ancestral de la Méduse, et se change la nuit en une horrible créature à la chevelure serpentine dont la seule vue pétrifie ses victimes.

Production Hammer oblige, Christopher Lee et Peter Cushing s’octroient les rôles principaux et mènent la danse (et l’enquête) avec leur prestance et leur classe coutumière. Leur prestation sont, évidemment, sans faille et élèvent grandement le sujet en lui donnant une vraie crédibilité. Cushing s’octroie un rôle ambigu, cachant la vérité sur les exactions de la Gorgone mais sans jamais paraître réellement maléfique. Lee, pour une fois, incarne le Bien et ne laissera personne l’intimider dans sa recherche de la solution du mystère. La splendide alchimie entre les deux acteurs fonctionne parfaitement et les scènes où ils se rencontrent et s’affrontent sont, comme toujours, superbes.
A leurs côtés, la belle Barbara Shelley incarne une jeune femme détenant manifestement la clé de l’énigme. Barbara Shelley, vue ensuite dans Dracula prince des ténèbres, Raspoutine le moine fou et Les monstres de l’espace pour la Hammer, se révèle convaincante dans son rôle et toujours séduisante. A noter qu’elle laisse sa place, sous la maquillage de la Méduse, à Prudence Hyman, une actrice habituée des caméos dans les productions Hammer et dont il s’agit pratiquement de la seule apparition « remarquée ». L’idée d’utiliser deux actrices distinctes permet à Fisher de dévoiler brièvement sa créature sans risquer que le public comprenne immédiatement qu’il s’agit de l’assistante du médecin changée en monstre.

Le scénario de La Gorgone s’avère pour sa part assez classique, reprenant un développement relativement conventionnel et adoptant un rythme lent et posé. Les pièces du puzzle s’assemblent élégamment et logiquement et, quoique l’intrigue puisse paraître prévisible, elle n’en demeure pas moins très bien menée. On y retrouve un climat proche des classiques que John Gilling, ici scénariste, réalisera ensuite pour la compagnie, en particulier L’invasion des morts-vivants et, surtout, La femme reptile. Ce-dernier, tourné peu après, reprend d’ailleurs grosso modo la structure de La Gorgone au point de s’apparenter à un remake déguisé. Il est intéressant de comparer les deux films, tous deux un peu sous-estimés et pourtant de qualité même si La femme reptile se montre plus cohérent et solide. On peut en effet regretter que de nombreuses questions restent sans réponse une fois La Gorgone terminé, laissant une légère mais tenace impression de frustration : le film est une petite réussite mais, avec un peu plus de soin et un script mieux charpenté, le métrage aurait pu frôler le chef d’œuvre et rivaliser avec Le cauchemar de Dracula ou Frankenstein s’est échappé.

Heureusement, en 1964, la Hammer se montre encore capable d’offrir un spectacle d’une belle tenue visuelle qui compense les quelques faiblesses narratives. Terence Fisher ne lésine pas sur les décors colorés et use d’une photographie agréable à l’œil qui ancre le métrage davantage dans un rêve éveillé (ou un cauchemar) que dans la réalité terre à terre. Le climat fantaisiste et gothique, admirablement retranscrit, reste un véritable enchantement et on retrouve avec plaisir le même environnement que dans la plupart des métrages d’époque de la Hammer. Bref, un univers plus fantasmé qu’authentique où l’exactitude historique n’a guère d’importance et cède le pas à un climat d’angoisse dans lequel on accepte sans peine l’intrusion de l’horreur et même la présence incongrue d’une créature mythologique issue du fond des temps.

Elément assez inhabituel pour la compagnie, la romance tient une place prépondérante dans l’intrigue, lui offrant une résonnance plutôt mélancolique et triste, dans la lignée de La nuit du loup garou ou Le fantôme de l’opéra. Les similitudes du récit avec le mythe de la lycanthropie sont également évidentes et la dimension romantique reprend en partie celle de La nuit du loup garou en inversant la donne puisque la femme représente ici l’élément bestial menaçant de tuer involontairement son amant.

Davantage axé sur le fantastique et même le mystère (on pense aussi aux enquêtes de Sherlock Holmes ou Harry Dickson), La Gorgone limite les apparitions de son monstre vedette mais offre quelques scènes frissonnantes en dévoilant la transformation des victimes de la Méduse, lesquelles se changent lentement et douloureusement en pierre. Si la Gorgone pèse sur l’intrigue de sa menaçante présence, Fisher choisit prudemment de la garder dans l’ombre durant la quasi-totalité du métrage, u choix judicieux et heureux vu la pauvreté des effets spéciaux. Heureusement, le maquillage, lorsqu’il est brièvement aperçu, fonctionne efficacement et le design de la créature s’avère plutôt convaincant. Ce sont surtout les dernières scènes, révélant la Gorgone de manière plus détaillée, qui ne fonctionnent pas vraiment tant les serpents de plastiques paraissent artificiels. Toutefois, à ce moment, le spectateur déjà captivé par l’intrigue devrait passer sur ces détails pour se concentrer sur le fatalisme de la romance impossible entre le héros et la demoiselle possédée par l’esprit de Méduse. Car, comme le disait Christopher Lee « la seule chose qui ne fonctionne pas dans La Gorgone est la Gorgone elle-même ». Ce qui laisse au film suffisamment de qualités pour emporter l’adhésion.

Si La Gorgone reste en deçà des plus grandes réussites de Terence Fisher, l’originalité du sujet, les très bonnes performances de l’ensemble du casting et la beauté surréelles des décors, magnifiés par une photographie de qualité et une mise en scène impeccable en font une œuvre très intéressante qui saura satisfaire les amateurs d’épouvante gothique.

Commentaires sur le film

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6 juillet 2011 à 16:07 | Par Manignal Patricia

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