Critique de film

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Le Guerrier silencieux

"Valhalla rising"
affiche du film

Pendant des années, One-Eye, un guerrier muet et sauvage, a été le prisonnier de Barde, un redoutable chef de clan. Grâce à l'aide d'un enfant, Are, il parvient à tuer son geôlier et ensemble ils s'échappent, s'embarquant pour un voyage au coeur des ténèbres. Au cours de leur fuite, ils montent à bord d'un bateau viking, mais le navire, pendant la traversée, se retrouve perdu dans un brouillard sans fin, qui ne va se dissiper que pour révéler une terre inconnue. Alors que ce nouveau territoire dévoile ses secrets, les Vikings affrontent un ennemi invisible et terrifiant, et One-Eye va découvrir ses véritables origines...

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Trailer - Le guerrier silencieux (2009)
Par : Damien Taymans

Les critiques à propos de ce film

Critique de Le guerrier silencieux - Enter the trip
Par : Samuel Tubez
Tags : Aventure, Action

Après la trilogie criminelle Pusher et le biopic rentre-dedans Bronson, le danois Nicolas Winding Refn nous offre avec Valhalla rising une nouvelle aventure cinématographique marquante et sans concession. Prêts pour un trip barbare et métaphysique ?

One-Eye est un guerrier muet et sauvage, esclave d’un chef de clan qui le force à prendre part à des combats barbares et sanglants. Parvenant à s’échapper en tuant ses geôliers, cette machine à tuer part avec le dernier survivant du clan, un enfant, pour un voyage au cœur des ténèbres. Ils rejoignent alors une bande de vikings convertis au catholicisme et désirant se rendre à Jérusalem. Leur périple les mènera en terre inconnue, où un nouveau danger guette…

En créant une œuvre presque entièrement muette misant tout sur le visuel et le son, Nicolas Winding Refn offre une de ces expériences cinématographiques aux lectures multiples, où chaque spectateur trouvera sa propre définition. Il faut en effet trouver sa propre voie au sein de ce film brutal et viscéral (au sens propre comme au figuré), qui délivre avec soin le minimum d’information quant à l’intrigue. Valhalla rising est donc un film qui demande un perpétuel état d’abandon afin d’en ressentir pleinement la moindre image (le scope et la photographie sont prodigieux) et le moindre son (la bande-son, envoûtante, est un pur trip). Traversé de fulgurances gore (les affrontements du début sont d’une brutalité inouïe) et d’une belle poésie morbide, le film trouve en Mads Mikkelsen l’interprète idéal. Tout bonnement monstrueux, l’acteur parvient à insuffler une aura impénétrable à son personnage tout en lui conférant son charisme fou, et le tout, sans émettre une seule ligne de dialogue ! Cette nouvelle collaboration entre l’acteur et le réalisateur frise la perfection et l’on est curieux (et même impatient) de voir ce que ces deux immenses talents pourraient nous proposer à l’avenir, que ce soit conjointement ou séparément.

Aussi obscur que passionnant à décrypter, Valhalla rising est une des ces pellicules qui demande une totale implication de la part du spectateur, qui, pour peu qu’il laisse de côté toute exigence personnelle, ne sera pas déçu du voyage. Laissez-vous aller, vous allez prendre un sacré trip !


Critique de Valhalla rising - Viking Quest !
Par : Seb Lecocq

Valhalla Rising est un film comme on en voit peu et s’impose d’entrée de jeu comme un classique du cinéma. Le petit Nicolas nous revient en force une année seulement après un déjà formidable Bronson et met les points sur les « i ». Le nouveau boss du cinoche européen, c’est lui et personne d’autre. Avec Valhalla Rising, il vient une nouvelle fois nous brûler les rétines au fer rouge de son cinéma incandescent. Remettant sans cesse son art en question, Refn ne cesse de se réinventer tout en restant fidèle à son style, sa marque de fabrique. Fear X était l’antithèse de sa trilogie Pusher qui est, elle-même, aux antipodes son opéra de violence baroque qu’est Bronson. Valhalla est l’exact opposé de Bronson. Véritable bloc de granit cinématographique, son film écrase le spectateur sous son austérité de façade. Désarçonné et fasciné. Voilà les deux états par lequel on passe pendant toute la projection du film. Désarçonné par cette force visuelle, cette puissance évocatrice qui émane du moindre photogramme shooté par Refn, cette opacité dictée par une intrigue à la fois simplissime (un groupe de vikings chrétiens partent pour la Terre Sainte) et d’une complexité psycho-anthropologique rare. Fasciné par la beauté minérale des décors naturels, le charisme violent et sauvage de Mads Mikkelsen, la maîtrise de la mise en scène implacable et de la photographie rocailleuse magnifiant chaque geste, chaque action, chaque mot prononcé.

Grand fan de cinéma d’horreur et de genre en général, Refn prend, à chaque nouveau film, un malin plaisir à réinvestir totalement le genre qu’il aborde. Il shoote un polar urbain façon Dardenne, un film de prison comme un opéra de Quat’Sous et cette fois il déconstruit le film de viking et convie Tarkovski, John Boorman et Kenji Misumi à la fête. En effet, plutôt que de se lancer dans une épopée barbare, primaire et sauvage, le génial danois opte pour un angle plus métaphysique et transforme la quête d’absolu (Terre Sainte et Vie Eternelle) de son équipée en traversée du Styx. Empruntant certains codes du fantastique, le brume, la mer, la solitude, Refn profite d’une longue traversée en mer pour évoquer les forces supérieures guidant le destin des hommes. La poignée de vikings sont perdus entre leur nouvelle foi chrétienne et leurs anciennes croyances païennes. Est-ce Dieu qui les met à l’épreuve ? Est-ce la Nature capricieuse qui tente une fois de plus de se jouer d’eux ou est-ce ce mystérieux étranger borgne et muet qui tire les fils de leur destinée ? Les rapports vont vite dégénérer et la vraie nature, noire, des hommes va resurgir dans cet espace confiné. Intolérance, violence, peur de l’autre, soif de pouvoir, voilà les sentiments que met en exergue Refn pour parler de ses congénères. En filmant des vikings désabusé perdus sur une île, le danois ne raconte pas autre chose que la chute de la civilisation et la perte de la démocratie du monde moderne. L’incapacité de cette petite troupe de guerriers à s’entendre et à travailler dans un but commun va les conduire à leur perte.

Il aura suffi d’inclure un élément perturbateur dans cette petite société bien organisée pour la voir voler en éclats. Ce postulat de départ, qui n’est pas sans rappeler celui de Théorème de Pasolini, permet à Refn de sortir du schéma du film de genre pour l’emmener plus loin, dans des contrées où peu de films ont osé posé le pied. On ne peut s’empêcher de penser à Apocalypse Now et au voyage vers la démence de Martin Sheen. Mais Valhalla Rising va plus loin et n’oublie pas son but premier : raconter l’histoire d’une troupe de vikings. Refn parvient en quelques plans à nous faire ressentir toute la dureté, la difficulté, la violence de la vie à l’époque. Dès les premières images du film, la nature hostile des lieux et des protagonistes est posée. La pluie, le froid, la montagne, des hommes qui se battent dans la boue, le sang, les coups, la mort, un enfant qui mange un morceau de pain sec, des vikings au regard éteint, à la peau couturée, un homme en cage. Cet homme est mystérieux, mi-homme mi-bête sauvage, il est craint, méprisé et respecté par le reste de la tribu. Personne ne sait qui il est, ce qu’il fait ni où il va. Cet homme est représenté comme une boule de colère, un fantôme, un être arpentant les limbes de l’humanité. Il est muet et borgne. Porté à bout de bras par un éblouissant Mads Mikkelsen, ce personnage est à la fois la pièce centrale du film et un personnage secondaire de l’histoire. Toujours situé à côté, en marge des véritables enjeux qui ébranlent le clan. Il est clairement montré comme un samouraï sans maitre, un rônin. Son attitude et son look rappellent Tange Sazen, le samouraï déchu et borgne.

La profondeur mystique est une des forces du film de Refn, la deuxième est sa mise en scène incroyablement évocatrice. Refn parvient à retranscrire chaque émotion de ses personnages ou chaque nuance du climat de par sa réalisation. Un plus indéniable pour l’immersion. Le réalisateur danois réussit le tour de force de créer des images belles à se damner et d’une richesse thématique et esthétique sans limites. Il se permet même comme certaines des séquences les plus fortes vues sur un écran depuis longtemps. Pour exemple cette scène de folie et de violence collective shooté dans un ralenti extraordinaire qui dégage une puissance à la fois bestiale et incroyablement mystique. Cette séquence pourrait résumer à elle seule tout le film, voire toute l’œuvre de Refn. N’ayons pas peur des mots, cette scène (et ce film dans son intégralité) touche au génie.

Cadeau bonux, pour les amateurs de tripes que nous sommes Refn, via Mikkelsen, nous gratifie de quelques envolées gore du plus bel effet. Les combats sont d’une sécheresse et d’une brutalité animale à rendre fou ce barbare de Mel Gibson. Refn avait prouvé qu’il était un immense cinéaste, avec Valhalla Rising il vient de démontrer qu’il avait sa place parmi les plus grands tant il signe un film habité et puissant.


Critique de Le guerrier silencieux - With Odin by our side
Par : Fred Pizzoferrato

Même si le « film de Vikings » connut une petite heure de gloire durant les années 60, les fiers guerriers nordiques n’ont pas souvent eu les honneurs des grands écrans. Parmi les plus belles réussites de ce sous-genre, on citera évidemment l’excellent Les vikings de Richard Fleischer et son décalque Les drakkars de Jack Cardiff. Plus récemment, en dépit de ses nombreux défauts, Le treizième guerrier s’était imposé comme une œuvre d’une belle qualité. L’annonce du projet de Nicolas Winding Refn (réalisateur de la trilogie Pusher et du remarqué Bronson) fit donc fantasmer les amateurs qui espéraient une œuvre dense, barbare et intelligente dans la lignée de l’insurpassable Conan le barbare. Malheureusement, le résultat, relativement intéressant, ne fut guère conforme aux attentes et s’avère en partie décevant.

L’intrigue concerne un guerrier silencieux, un esclave borgne qui va se trouver embarqué dans une périlleuse aventure en compagnie d’un jeune garçon et d’une bande de combattants Vikings. Une trame simpliste et sans beaucoup de surprise même si le métrage se voit découper, de manière assez arbitraire, en six chapitres présentés par un intertitre minimal. Le scénario ne présentera donc que peu de péripéties et se limitera à une errance linéaire quasiment dénué de dialogue, Valhalla rising se partageant clairement en deux parties d’une durée sensiblement égale. La première offre aux spectateurs une bonne dose de barbarie et de combats brutaux, pas toujours très lisibles mais véritablement hargneux. La seconde, par contre, s’oriente vers un voyage tant physique que métaphysique qui transformera radicalement le « héros ». Cette cassure brusque risque d’ailleurs de donner lieu à des réactions de rejet radical de l’œuvre, Nicolas Winding Refn se permettant par exemple un long passage sur un navire purement contemplatif au risque de larguer une partie de son public. Le contraste entre le côté film d’action, très violent voire même carrément gore, et le côté intimiste se révèle donc négociée de manière très abrupte, Nicolas Winding Refn paraissant surtout soucieux de cette seconde partie, tout en lenteurs et non-dits, orientée vers un cinéma d’auteur un poil rébarbatif mais parfois fascinant.

Proche des récits de Werner Herzog et en particulier de l’excellent Aguirre ou la colère de Dieu, le récit parait cependant peu intéressant, le cinéaste choisissant la voie – plutôt casse gueule – d’une introspection nébuleuse pas toujours très à propos. Reste heureusement l’interprétation très habitée et convaincante d’un Mads Mikkelsen (Le choc des titans, Casino royale, Le roi Arthur) portant complètement le film sur ses larges épaules.

Pour apprécier pleinement Valhalla rising, il importe sans doute de se trouver dans le bon état d’esprit et de se montrer réceptif à un métrage fonctionnant essentiellement sur sa superbe esthétique. A ce niveau, difficile de reprocher quoique ce soit au cinéaste qui compose des plans splendides, servis par une photographie remarquable. L’environnement sonore et la musique participent, eux-aussi, à l’ambiance immersive et transforment le métrage en une véritable expérience sensorielle, appelant le public à ressentir plutôt qu’à analyser et à se laisser porter par le rythme hypnotique d’une dernière demi-heure très froide et dénuée de passion.

Œuvre étrange aux qualités plastiques indéniables, Valhalla rising alterne ennui et fulgurances de manière assez déconcertante, aboutissant à un métrage non dénué d’attraits ni d’intérêts mais au final plutôt difficile d’accès et un brin ennuyeux. A voir toutefois pour se faire sa propre opinion entre les différents avis, généralement extrêmement tranchés, lus ici et là.


Commentaires sur le film

Le mythe d’un homme et d’un enfant

0 etoiles

Barbare, brutal, mystérieux, pictural et poétique. Un film d’atmosphère, à l’esthétique irréprochable, dont le parti pris pour la lenteur (et/ou les longueurs..) interdira l’immersion à bon nombre de spectateurs. Refn semble nous proposer la tentative d’un voyage initiatique qui nous emporte au-delà, ou nous ramène en deçà de la dichotomie païen-croyant. Ce métrage, difficile (voire impossible) à noter, se révèle au final tout aussi inclassable qu’un certain Aguirre, avec lequel il partage une vertigineuse ligne de confusion.

20 janvier 2013 à 16:01 | Par Fred Bau

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