Critique de film

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Hérédité

"Hereditary"
affiche du film

Lorsque Ellen, matriarche de la famille Graham, décède, sa famille découvre des secrets de plus en plus terrifiants sur sa lignée. Une hérédité sinistre à laquelle il semble impossible d’échapper.

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Trailer - Hérédité (2018)
Par : Damien Taymans

Les critiques à propos de ce film

Critique de Hérédité
Par : Jonathan Chevrier
Tags : NIFFF 2018

Aussi étrange que cela puisse paraître, le cinéma de genre US, passé quelques années de disette, se paye depuis peu une cure de jouvence non négligeable et nous envoie à une semaine d’intervalle à peine, deux de ses péloches horrifiques les plus célébrées et buzzées du moment : Hérédité d’Ari Aster ces jours-ci et Sans un Bruit de John Krasinski. Deux films qui placent la cellule familiale en son cœur (berceau fertile pour les mystères et les secrets les plus fous), en s’ancrant solidement dans le réel pour mieux glisser dans l’horreur pure et laisser la terreur s’y immiscer avec une indécente virtuosité.

Mais si le film de Krasinski rappelle les premières heures (glorieuses) du cinéma de M. Night Shyamalan, celui d’Aster lui, se place instinctivement dans les pas tutélaires des œuvres phares de l’horreur : Psychose d’Alfred Hitchcock et Les Innocents de Jack Clayton en tête. L’œuvre convie à une plongée angoissante dans l’intimité de la famille Graham à l’équilibre plus qu’incertain (et dont le quotidien est déjà gangrené par l’incommunicabilité entre tous ses membres). Tournée comme un drame sur les névroses familiales qui virent tranquillement vers le cataclysme funeste profondément oppressant où chacun des personnages est prisonnier de son sort et n’a aucun contrôle sur un destin déjà tracé, Hérédité déjoue constamment les attentes de son auditoire (qu’il manipule autant que ses personnages, finement croqués) pour mieux l’entraîner dans un cauchemar follement introspectif. La précision scénaristique et les visions horrifiques d’une puissance graphique rare sont les principaux atouts de cette oeuvre percutante.

Magistral, imprévisible, hypnotique et totalement désespéré, jamais écrasé par ses nombreuses références et thèmes aussi forts que casse-gueule (la transmission comme le suggère le titre, la paranoïa, la schizophrénie ou même l’occultisme) tout en étant constamment sublimée par une direction d’acteurs appliquée (Toni Collette trouve aisément ici l’un de ses plus beaux rôles à ce jour). Hérédité est de ces petits miracles sur pellicule aussi fous et hallucinés qu’hallucinants, dont la maîtrise diabolique de son jeune cinéaste, ne peut que laisser pantois. Pour son premier passage derrière la caméra, Ari Aster fait (très) mal, et s’inscrit instinctivement dans la liste des jeunes cinéastes ricains à suivre de près, au même titre que Jordan Peele et Trey Edward Shults.


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