Critique de film

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Human, Space, Time and Human

"Human, Space, Time and Human"
affiche du film

Un groupe de personnes très différentes se retrouvent embarquées sur un navire de guerre. Ils vont peu à peu exprimer des désirs qui vont au-delà de la morale...

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Trailer - Human, Space, Time and Human (2018)
Par : Damien Taymans

Les critiques à propos de ce film

Critique de Human, Space, Time and Human
Par : Alan Deprez (Vivadavidlynch)
Tags : BIFFF 2018

Attention ! Cet article contient des spoilers !

Présenté au BIFFF en avril 2018, après avoir été remarqué dans la section Panorama de la Berlinale, Human, Space, Time and Human (Inkan, gongkan, sikan grigo inkan aka The Time of Humans) a fait son petit effet. Autant dire que Kim Ki-duk était attendu au tournant et qu’il n’a pas déçu. Longue d’un peu plus de deux heures, son œuvre monte peu à peu en tension et développe un crescendo émotionnel qui implique le spectateur… pour finalement, mieux se jouer de lui. La trame de ce Human… nous semblait prévisible, mais ses multiples résonances l’ont emmené vers des territoires plus singuliers.

Human, Space, Time and Human fait cohabiter une galerie de personnages disparates sur un bateau (un homme politique et son fils, des truands, quelques jeunes cools, un vieil original taiseux…). Alors que certains bénéficient d’un traitement de faveur (vous devinerez aisément de qui il s’agit), les autres passagers sont ulcérés par les inégalités qui règnent à bord. Kim fait gronder la révolte populaire parmi ses protagonistes, qui rejouent une forme de sempiternelle lutte des classes, tournée vers le confort accordé à une supposée élite. Poings dressés vers le ciel et résonnez clairons : l’ensemble aurait pu s’avérer ronflant et voguer tranquillement dans les eaux de la critique sociale, mais c’est là que l’auteur de Moebius (les habitués se souviennent de sa projection mouvementée au BIFFF) convoque un élément surnaturel, puisque le paquebot et ses occupants se retrouvent subitement bloqués dans les airs, sans possibilité de retrouver les flots…

Ce postulat purement fantastique ne sera jamais explicité, mais servira de base à une brillante étude de caractères. Les personnages sont tous finement croqués et Kim se plaît à les manipuler avec ce qu’il faut de perversité. De cette masse, émerge la figure d’Eve (on ne peut pas faire plus limpide…), jouée par la délicieuse et fragile Mina Fujii (Monsterz). Elle assume son statut d’héroïne forte, tout en l’imposant en douceur. Rescapée de viols à la chaîne, perpétrés par des mâles dominants (le politicien puis son rejeton, une poignée de mafieux) - ils ont aussi assassiné son compagnon -, elle parvient à transcender sa peine et sa douleur en quelque chose qui la dépasse, avec l’aide du vieillard qui fait pousser des plantes dans un coin du navire. Ce duo inattendu synthétisera l’espoir d’une nouvelle humanité, construite à partir d’un enfant né d’une grossesse non désirée. C’est un joli paradoxe.

Avant cela, Human… nous aura gratifié de dérapages et de vifs éclats de violence où l’on reconnaît la patte de Ki-duk. Ils ne sont certes que le reflet des tensions qui déchirent l’équipage et les passagers, alors que les rations viennent à manquer. Les rapports de force ont changé : faisant fi de l’autorité du personnel de bord, le ministre a embauché les criminels pour mieux asservir le peuple et répartir les vivres. Tandis qu’il se permet de véritables gueuletons, la « plèbe » doit se contenter d’un seul repas (frugal) par jour. Vous la sentez, l’insurrection qui vient ? Eh bien, oui, elle viendra et sera réprimée dans le sang... Quand la nourriture s’amenuise et que pointe à l’horizon le spectre du cannibalisme comme seul moyen de subsistance, on se dit que le happy end ne sera pas vraiment de mise.

Ce traitement radical dérive vers des abysses de cruauté et une sorte de plaidoyer écolo - parsemé, dans ses dernières minutes, de visions presque miyazakiennes -, dont on ne comprendra les tenants et aboutissants que lors d’une conclusion qui se plaît à inventer un nouveau Jardin d’Eden. En chemin, Human, Space, Time and Human se sera permis d’effleurer des questionnements quasi métaphysiques, ou encore de souligner la brutalité des rapports humains et des réflexes de survie, qui renvoient directement à notre animalité.

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