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INSTANT CRITIQUE - Blackwood, le pensionnat

9 février 2019 | Par : Damien Taymans

L’école des femmes

Quand votre adolescente refuse d’entendre le bien-fondé des règles, quand elle privilégie ses penchants pyromanes aux leçons édictées par les maîtres, quand elle vous envoie vous faire foutre alors que vous êtes censé faire preuve d’autorité, quand même Pascal le grand frère ne peut plus maîtriser cet être nombriliste et destructeur, il existe encore une solution. Miraculeuse. L’internat dans un pensionnat perdu au beau milieu de la campagne, un manoir victorien à l’électricité vacillante dominé par Mme Duret qui entend faire naître les talents cachés dans le plus profond de ces sociopathes en jupe et hautes chaussettes. Evidemment, il y a un prix à payer. Financier, cela s’entend mais pas que...

Adapté de l’un des romans pour ados signés Lois Duncan (qui a déjà connu plusieurs transpositions de ses œuvres comme L’été de la peur de Wes Craven ou Souviens-toi l’été dernier), Blackwood, le pensionnat est à appréhender à hauteur du matériau originel. Il s’agit là d’une production fantastique dont le potentiel de flippe et de mystère est calibré sur le public convoité, à savoir les pré-adultes qui trouveront peut-être un alter ego dans cette bande de cinq jeunes filles plongées dans les ténèbres de ce luxueux manoir. Rodrigo Cortés, habile claustro-faiseur qui est parvenu à étouffer Ryan Reynolds dans une boîte avec Buried, embrasse majestueusement le cadre pour mieux enferrer ses personnages à l’intérieur de cette prison sans barreaux. Cet endroit où sont sensés s’exprimer les dons des pensionnaires qui comprennent rapidement que ceux-ci, qu’ils soient mathématique, musical ou pictural, tiennent davantage de l’expiration que de l’inspiration.

Cortés joue das un premier temps sur cette ambivalence avant de s’embarquer dans une histoire de fantômes beaucoup plus conventionnelle qui finit par méchamment tourner en rond. D’autant que les motivations de la tenancière des lieux restent brumeuses et que les torsions scénaristiques s’accélèrent pour ne déboucher au final sur pas grand-chose. Si AnnaSophia Robb s’en tire avec les honneurs, Uma Thurman pour sa part force le trait jusqu’au cabotinage dans son rôle de directrice étouffée dans un tailleur qui lui donne des allures de vieille matrone bourgeoise un poil coincée.

Cette oeuvre présentée à Gérardmer recycle, en exploitant ce genre du film de pensionnat, ce que des dizaines de productions espagnoles, anglaises et ricaines ont mis sur pied sans jamais parvenir à y insuffler un brin de nouveauté ou d’originalité. Rafraîchissante lors de son premier acte, la péloche se transforme en un produit lambda, plutôt poussif par la suite en négligeant le potentiel développé au préalable.
Ça mérite quelques heures de colle...

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