News

INSTANT CRITIQUE - La Malédiction de la Dame blanche

12 mai 2019 | Par : Seb Lecocq

Il n’y avait plus de sauce chocolat

Nouvelle ramification du Conjuringverse initié par James Wan qui ne tient ici qu’un vague rôle de producteur, La Malédiction de la Dame Blanche est un produit calibré, formaté, sans goût, sans saveur, sans odeur, du tout cuit, préparé qui n’a même pas besoin d’être réchauffé tellement il est déjà carbonisé. Une nouvelle histoire de fantômes qui s’appuie cette fois très vaguement sur un univers hispanique étant donné que la Dame Blanche bien connue chez nous qui donne son titre au film est en fait la Llorona, une légende mexicaine très populaire aux Etats-Unis. La llorona est l’esprit d’une femme qui, ayant tué ses enfants sous le coup de la jalousie et de la colère, revient pour s’emparer d’enfants. Voilà, une fois qu’on sait ça, on devine tout le film qui ne révèle aucune surprise et continue sa route, bien posé sur les rails de l’horror flick des années 2010, entre jump scares attendus et bigoterie faisandée.

On pourra chercher longtemps avant de trouver quelque chose à mettre en exergue dans ce qui a tout d’un produit destiné à la vidéo qui s’est retrouvé on ne sait trop comment sur les écrans de cinéma. On sauvera Linda Cardellini, toujours juste, quelques vagues emprunts à la culture occulte sud-americaine et c’est à peu près tout. Pour le reste, il n’y a rien à voir. Tous les passages obligés les plus éculés sont présents à l’écran, la créature ressemble à une mariée trop alcoolisée et trop maquillée en fin de bal nuptial, la mise en scène est inexistante si ce n’est un joli plan-séquence en début de métrage où l’on peut entrevoir le début de l’ombre d’un style mais vite remisé pour laisser place à de l’illustration pure et simple. C’est qu’il ne faudrait pas perdre son temps à trop fignoler l’image...

Comme attendu, la scène de « combat » entre un chaman et l’entité tient lieu de climax mais là encore, on a droit au minimum syndical. Quand on voit que la science du montage peut donner une scène à l’intensité incroyable dans The Strangers qui plonge le sectateur physiquement dans un état de transe, on se dit que c’est dommage de ne s’être pas donné un peu de mal afin de torcher une séquence correcte. Mais non, c’est trop demandé. On ne demande pas une scène équivalente mais si le climax de la Dame Blanche n’avait déjà que dix pourcents de la force de celle de The Strangers, on en aurait dansé de joie.

Le maître-mot du projet semble être la paresse tant rien n’est travaillé sérieusement, du scénario, à la mise en scène en passant par l’image ou les maquillages. On tente de bricoler en se raccrochant aux branches de la série Conjuring via le personnage du père Perez et un plan sur Annabelle, toute la filouterie de projet est illustrée ici. Il n’y a finalement, rien de plus à en dire vu que La Dame Blanche a fondu dans nos souvenirs en moins de vingt-quatre heures et on n’a vraiment pas envie de se resservir, même avec un supplément chantilly.

Ajouter un commentaire

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Cinemag

> Feuilleter

Concours

Sondage