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INTERVIEW - Pascal Laugier (Ghostland)

25 avril 2018 | Par : Benoît Levenkron

Suite à la diffusion au BIFFF en première belge de Ghostland, dernier film en date de Pascal Laugier, nous avons eu la chance de nous entretenir avec ce passionné de cinéma de genre, très prolixe et visionnaire par rapport à son travail. Inutile de préciser que la discussion avec le réalisateur de Martyrs aurait pu durer des heures tant ses explications sont passionnantes.

Bonjour Pascal. Merci d’avoir accepté cette interview pour Cinemafantastique.net.

Comment considères-tu ton évolution en tant que réalisateur et cinéaste de genre depuis Saint-Ange ?

Très difficile, car chaque film appelle l’autre pour moi et je ne suis pas amoureux de mon travail, je n’ai pas du tout un rapport de fierté avec ce que je fais, l’enjeu d’un artiste n’est pas d’être fier de son travail mais de faire ce qu’il a à faire, et comme je suis mon pire critique, avant d’être cinéaste, je suis un amoureux du cinéma et surtout des films des autres, que je préfère toujours aux miens donc je fais des films en réaction à ce que je que je trouve insuffisant dans le précédent. C’est ma seule ligne directrice, à savoir de me dire que je l’ai tellement raté qu’il faut que je me rattrape sur le prochain.

Donc j’ai l’impression que mes films ont de gros défauts mais qu’à chaque fois ils sont différents.

Je me dis qu’un jour – ça, c’est un fantasme -, j’arriverai à obtenir le « nombre d’or », d’ailleurs quand tu l’obtiens tu dois t’arrêter donc j’espère que je ne l’obtiendrai jamais (rires). Ce qui compte en réalité n’est pas le point d’arrivée, c’est le chemin. Néanmoins, lorsque j’ai fini un film, je l’ai tellement vu que je ne peux plus le voir en peinture. J’en éprouve même une sorte de dégoût et j’ai une forte envie de passer au film suivant. C’est peut-être simplement ça cette énergie, mais je n’ai pas du tout cette espèce de conscience d’avoir des thèmes ou autres, à chaque fois j’ai cette espèce d’urgence à faire ce film la plutôt que tous les autres possibles, c’est comme une maladie que j’ai dans la tête et tant que je ne l’ai pas fait, je ne m’en suis pas débarrassée...

C’est un processus totalement obsessionnel, assez douloureux pour moi, qui ne me rend d’ailleurs pas très heureux. Parfois, je me dis : écrire c’est super dur, tourner c’est épouvantable, monter, on voit tous les défauts, sortir le film et se confronter aux opinions de tout le mondes c’est atroce, parfois je me dis qu’il n’y a pas une phase que j’aime vraiment. A chaque film c’est pareil sauf que c’est une maladie et il faut que je m’en débarrasse en réalisant le film. A chaque fois que le film est sorti je me dis que j’en ai marre et au bout d’un mois, je me dis : je fais quoi maintenant ?

D’ailleurs je pense que si un jour je gagnais au loto, je ne suis pas sûr que je ferais un autre film (rires). Je vivrais très très bien entouré de mes milliers de DVD des films des autres que je préfère tellement aux miens.

Nous prions donc pour que tu ne gagnes jamais au loto (rires).

D’autant plus que le marché est devenu très difficile et que je n’aime pas du tout l’époque dans laquelle je vis, vu que je suis un enfant, peut-être comme toi, des années 70, je n’anticipais pas pendant mon adolescence que l’an 2000 serait cette merde... Cette époque au ras des pâquerettes, entièrement tournée autour de l’argent... si matérialiste. Et je n’avais naturellement pas anticipé Internet, cette culture digitale et cette façon de détruire tout ce à quoi je tenais le plus. Que ce soit ces petites boutiques de VHS, que ce soit les magazines physiques, les petites boutiques de disques, tout ça a été assassiné par la culture digitale. Cette culture digitale, je ne vais pas vraiment m’y adapter car elle ne m’intéresse pas, les réseaux sociaux, je n’y suis pas et je n’y serai jamais, ça me débecte. Mais j’ai bien conscience que cette culture dont je te parle n’existe plus, et qu’il va falloir s’adapter ne serait-ce que pour faire le film suivant.

En même temps, cette espèce de colère froide qui m’habite me donne également une espèce d’énergie pour faire le prochain film.

Il est vrai que nous sommes actuellement dans une culture de l’instantané, tout le monde veut un accès immédiat à tout...

Oui c’est ça, une culture horizontale où chacun a le droit de donner son opinion, et où toutes les opinions se valent donc. Il est évident que le personnage principal de mon film, cette gamine de 15 ans qui n’a pas de portable, n’est pas sur les réseaux sociaux, qui écrit avec une vieille machine à écrire, qui est dans le vintage, c’est moi ! Je me projette complètement en elle. Elle s’inscrit dans un modèle vertical avec des buts qu’elle cherche à atteindre et elle se construit comme ça. Car, en fait, c’est comme cela que je me suis construit avec mes modèles et mes héros à moi.

Martyrs a été une véritable claque dans le milieu du cinéma de genre français, comment t’est venue l’idée d’un scénario aussi bien ficelé, prenant les spectateurs à contre-pied, mais aussi particulièrement nihiliste (sauf si on considère la fin comme étant positive, ce qui est mon cas ?) Et surtout comment as-tu réussi à gérer certaines critiques aussi négatives ?

Écoute, quand j’ai fait Martyrs, je pensais que c’était le dernier film que je ferais car je pensais que personne n’allait me le pardonner, ni le système ni le public, car lorsque je l’ai fait, ce fut dans une espèce d’énergie désespérée.

Je ne sais pas trop comment dire, en fait je suis habité par les histoires que je dois raconter donc quand j’ai trouvé cet espèce de film étrange qu’était Martyrs, qui avait à mon avis une totale cohérence du début à la fin et que j’ai compris qu’il m’entraînait en effet dans une sorte de nihilisme où il y avait George Bataille qui traînait dans le coin, tous ces points de vue sur le regard et sur l’agonie, je me suis dit : "Ca on ne l’a pas fait au cinéma ou, si c’est le cas, pas depuis très longtemps..." C’était tellement contre l’époque que c’était un film que j’ai fait avec une espèce de colère rageuse, c’est très difficile d’arriver à me remettre dans l’état d’esprit dans lequel je me trouvais à l’époque, même si je savais qu’il y aurait une majorité du public qui ne le comprendrait jamais (ce qui n’a pas manqué d’arriver). Cependant je le savais et j’étais averti, de sorte que lorsque l’on tournait certaines scènes, je disais à l’équipe : là on perd trente pour cent du public. On le savait en faisant le film, mais je voulais suivre absolument les intuitions que j’avais eues en écrivant ce scénario. Je sentais bien que les producteurs étaient un peu rebutés, mais qu’il y avait quelque chose avec ce film -j’ai quand même trouvé un million et demi d’euro pour le faire - je me doutais bien qu’il y aurait une émulation sur ce film. Après je n’ai jamais anticipé que Martyrs deviendrait si culte et me ferait faire le tour du monde et me permettrait de faire le film suivant, d’avoir plus d’argent et même Jessica Biel dans mon long-métrage suivant. Je pensais que ça resterait dans les marges de la marge de la marge, et aujourd’hui en tant que cinéphile je me dit que j’ai peut-être fait quelque chose comme Cannibal holocaust ou La dernière maison sur la gauche, ces films que j’ai tant aimé lorsque j’étais adolescent. D’ailleurs, peut-être que pour certains adolescents d’aujourd’hui, ce film est devenu une référence de ce type. Ce genre de film un peu sulfureux, un peu sale et qu’ils ont vu à un âge où c’était interdit et qu’ils auront le même rapport un peu fétichiste à son égard. Bon, c’est assez cool car on peut passer sa vie sans jamais faire un film comme ça. D’ailleurs, Ruggero Deodato m’avait prévenu : "Pascal tu vas avoir des problème avec Martyrs comme moi avec Cannibal Holocaust, toute ta vie on ne va te parler que de ce film. Moi, Pascal, j’ai fait 30 films et on ne me parle que de Cannibal Holocaust, tu risques d’avoir le même problème" (rires) . Après, que la presse bourgeoise déteste ce film, c’est un honneur pour moi. Se faire donner des leçons d’idéologie par Paris-Match est un plaisir de gourmet ; je n’aime tellement pas ces gens...

En plus chapeau, on a eu droit à un magnifique remake de Martyrs :

(Rires) Oui j’ai regardé 20 minutes, après j’ai arrêté. Je n’étais d’ailleurs même pas au courant qu’on l’avait réalisé, personne ne m’avait prévenu et un jour j’ai appris qu’il y avait un remake américain de mon film car en fait j’avais signé un très mauvais contrat sur Martyrs dans lequel j’avais cédé tous mes droits de remake donc ce film a été fait dans mon dos, sans qu’accessoirement je ne gagne un centime (rires). Je pense que ce remake n’a aucune existence réelle, il a remis un peu de lumière sur le mien donc c’est un peu son seul avantage. Hollywood était dans l’incapacité totale de remaker un film comme ça. Ils ont fait tout ce qu’il ne fallait pas faire : essayer de l’assainir.

Les personnages féminins de Ghostland sont particulièrement troublant et loin d’être conventionnels, comment s’est passé ce tournage au Québec, et surtout quels ont été les problèmes rencontrés avec ce casting hors-normes ?

Ghostland a été très difficile à tourner, des conditions rudes évidemment liées à la justesse du budget (mais c’est le cas de ce genre de films donc je ne me plains pas). Mon seul soucis, en tant que cinéaste français (car je suis un cinéaste profondément européen), c’est d’exister en Amérique du Nord, dans une culture qui n’est pas la mienne, dans une ville - en l’occurrence Winnipeg - dans laquelle je ne connais personne. Donc, les premiers jours sur le plateau je me suis retrouvé avec une équipe composée à 90 % de gens avec lesquels je n’ai jamais travaillé : l’étranger c’était moi et, en revanche, il fallait que ce soit mon film et je devais diriger tout ce petit monde. Ça c’est évidemment la plus grosse difficulté car, oui, une partie de l’équipe n’a pas matché avec moi donc oui c’était une des plus grosse difficulté pour mettre en scène Ghostland, surtout que j’ai un rapport hyper personnel voire intime avec ce que je fais. Se retrouver avec une partie d’équipe qui s’en fout et qui est là pour faire un film de plus, c’est assez éprouvant.

En plus, il s’agissait d’un système canadien très régulé et qui a une vision très industrielle de la fabrication cinématographique tandis que moi j’ai une vision totalement européenne de la fabrication d’un film que je vois comme une espèce d’artisanat entouré de passionnés.

Une partie de l’équipe canadienne va se retrouver avec toi et devenir ton allié mais pas toute, bien que ce soit sans mépris aucun sur l’équipe - je ne fabrique pas des boites de conserves - je fais des objets ultra-personnels et je tiens à mettre sur le plateau une forme de chaos artisanal donc je ne comprends pas la vision nord-américaine de la fabrication d’un film. C’est quelque chose qui ne me convient pas, j’essaye donc d’insuffler un vent européen dans une culture étrangère, qui a sa façon de faire et qui ne veut pas trop en bouger ce qui a effectivement créé des tensions que ce soit avec mon chef opérateur canadien ou une partie de mon équipe. On a par contre, au bout de quelque temps, réussi - avec une partie de mon équipe, le cadreur, le pointeur ... - à créer ce climat dont je te parle. Il y avait donc une petite dizaine de personnes qui étaient à fond, j’ai ainsi pu réussir à retrouver mes marques mais surtout j’ai été soutenu INCONDITIONNELLEMENT par ma troupe de comédiennes, je crois que ça se sent quand on voit le film, et je crois que ça m’a sauvé d’avoir des sœurs qui partageaient avec moi la même vision de l’oeuvre même si les actrices sont toutes différentes avec des expériences de vie très différentes.

Nous avons donc réussi par ce projet qui nous dépassait et qui était le film à trouver notre système de fonctionnement. Mais je le répète, la plus grande douleur pour un cinéaste comme moi c’est d’être exilé dans une culture qui n’est pas la sienne. J’adorerais tourner dans un continent qui s’appelle l’Europe avec des français ou des belges mais je vais essayer de le faire pour le prochain car je ne te cache pas que j’en ai un peu marre du Canada, car leur façon de penser la fabrication des films est professionnelle et moi j’aime les amateurs (car dans ce terme : il y a amour).

Donc les conditions ont été très rudes, en fin de tournage il faisait moins 60°, autour de la maison -comme tout a été tourné en décors réels – c’était un champs de boue... Comme je le disais auparavant les canadiens sont très professionnels donc tu as tout de suite 15 semi-remorques, 40 personnes avec des talkies-walkies hors de la maison alors qu’on est en train de filmer un gros plan de Mylène Farmer à l’intérieur. Tu te dis : "mais à quoi servent tous ces gens ?" Et donc tu n’arrives pas à bouger comme tu veux sur ce plateau qui en réalité est un paquebot en fonte ou tout est lourd, c’est impossible de dire « on est 10 et on fait un film ». Il y a une grosse part de bullshit là-dedans car lorsque tu regardes les photos des films de Charlie Chaplin les mecs il tournaient à 4 avec la manivelle et les films sont sublimes.

Aujourd’hui tout s’est hyper industrialisé et légalement, voire contractuellement, tu ne peux pas dire "Moi je veux 15 personnes dans mon équipe en disant « on décore la maison, on met nos trois nanas dans la maison et vous me foutez la paix je filme »". C’est impossible de faire ça en Amérique du Nord mais je me répète un jour j’aimerais vraiment faire un film comme ça, puisque en Europe c’est tout à fait possible j’en ai discuté avec Fabrice Du Welz : ici on peut faire des films avec ce côté artisanal que je tiens à garder.

En tout cas, ce qui m’a sauvé a été le casting et quelques postes clés comme mon cadreur et mon cameraman (Marcus qui est américain et qui a été sublime car il a complètement compris l’esprit du film), ainsi que d’autres techniciens qui sont heureux de bosser avec quelqu’un qui travaille un peu différemment. Tous les matins, le producteur canadien m’imposait une check list (que j’ai toujours refusé de faire) car je ne travaille pas avec des storyboards. J’ai une intuition de ce que je veux faire, et je veux arriver le plus vierge possible avant un tournage et surtout je ne veux pas être prisonnier d’idées préconçues contrairement aux américains. Donc, tu auras compris que j’en un peu marre depuis quelques films de m’adapter à un processus qui n’est pas le mien. Donc voilà, ce fut très très difficile à tourner mais totalement exaltant et intense.

Qu’en est il de cette quasi « obsession » à maltraiter les femmes dans tes films ? Et malgré cette violence assumée, tu es paradoxalement un de ceux qui leur offre les plus beaux rôles, les plus forts et les plus émouvants ?

Je n’ai aucune obsession sur la maltraitance, car quand je filme, je ne filme pas un genre en soit mais des personnages qui, certes, sont souvent des femmes. Ce n’est pas ça, mon obsession serait plutôt : quels bénéfices peut-on tirer de l’expérience du mal ? Dans la mesure où tous les jours, dans la vraie vie, on fait cette expérience du mal, les gens n’arrêtent pas de se blesser les uns les autres, souffrir pour des raisons plus ou moins légitimes, l’être humain est une créature souffrante et c’est une chose que je n’arrive pas à comprendre. Je suis peut-être influencé par des gens qui se sont posé plein de questions comme Clive Barker, des gens qui sont au cœur du genre même : l’horreur, à savoir que pouvons nous retirer du fait que nous sommes des créatures souffrantes et de toute cette violence ? Après je choisis des femmes car c’est le genre qui me touche le plus, c’est la grande énigme pour moi et c’est aussi une façon de me rapprocher d’elles et d’essayer de filmer ce que moi je ne serai jamais. La femme appartient à mon Panthéon fantastique à savoir qu’elle est l’énigme. Je n’ai pas du tout l’idée qu’elles sont le sexe faible, c’est pour moi de l’idéologie pure très franco-française et ce n’est pas du tout ça qui m’interroge. C’est comme si on me disait l’un de tes méchants est transsexuel, c’est pas du tout un commentaire sur la transsexualité car les transsexuels sont tellement des gens comme tout le monde que certains d’entre eux peuvent être des psychopathes tout comme les hétérosexuels. Je n’ai donc aucun rapport idéologique à ce que je fais et j’ai beaucoup de mal quand on le fait à ma place sur mes propres films.

J’ai sans doute un rapport très Judéo-chrétien à cette idée de la souffrance parce que je suis de culture latine, du sud de la France, élevé dans la culture catholique, et il reste cette interrogation qui m’obsède : qu’est-ce qu’on peut faire du mal et de l’expérience du mal ? Il me semble que ça peut être l’une des définitions du genre horrifique en lui-même. Ce que j’avais envie de faire passer comme message : comment une jeune fille va - à travers l’expérience du mal - changer et devenir quelqu’un de plus intéressant, de plus grand, de plus talentueux et de passer du statut de simple fan de Lovecraft au statut d’écrivain de par cette difficile expérience avec sa propre œuvre à elle.

Le cinéma d’épouvante m’a aidé à vivre, à accepter mes mauvaises pulsions, mon moi refoulé. C’était une chose qui me gênait beaucoup dans le cinéma d’horreur contemporain de ces dernières années notamment à travers le prisme de Hollywood, c’est que c’était devenu un genre aussi safe que tous les autres. J’espère donc que Ghostland est le retour du refoulé dans le cinéma d’épouvante (rires).

Mes pulsions négatives se retrouvent autant dans l’ogre que dans la sorcière, que dans le personnage de Beth et toutes leurs obsessions sont les miennes d’une certaines manière. C’est une espèce de jeu de rituel de personnages qui vont se confronter avec des obsessions différentes. L’horreur pour moi est un mauvais genre ou rien du tout, un genre qui doit contenir sa propre part de négation sinon c’est juste un petit tour de train fantôme rigolard sans plus.

Merci Pascal pour ta gentillesse et cette passionnante interview, et me permettant de parler au nom de tes nombreux fans, nous nous réjouissons de voir ton prochain film.

Merci à l’équipe du BIFFF et en particulier à Jonathan Lenaerts pour nous avoir permis de réaliser cette interview.

Merci également à Karine Philippi pour son aide pré- interview qui fut très précieuse et appréciée.

Propos recueillis par Benoit Levenkron (Aka Adam Korman).

Commentaires

Excellente interview. Merci.

25 avril 2018 | Par serge adeline

Excellente interview. Merci.

25 avril 2018 | Par serge

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